LES BAS-FONDS DK LA SOCIETE
policés, on arrêtait les diligences. Non-seulement il est dangereux de parcourir, la nuit venue, les quartiers même les mieux éclairés et les plus fréquenlés, mais il n*est pas jusqu'aux voitures de place qui ne soient menacées. Le soir, les femmes ne sortent plus, et les hommes sortent le moins qu'ils peuvent. Tel qui a une emplette à faire, quand le gaz a remplacé le jour, s'en abstient, de peur d*étre garrotté en route; tel qui voudrait aller au spectacle met en balance le plaisir et le danger. Je connais des journalistes qui, ayant à parcourir chaque nuit la distance considérable qui sépare Fleet street de Saint-JohnVWood, ne font jamais qu'en voiture, maintenant, la route qu*ils faiftiient jadis h pied, aimant mieux grever outre mesure leur budget des dépenses que s*exposer h avoir le cou tordu ou le crâne brisé. Mais, comme je vous le disais tout à Theure, les c cabs » auront bientôt cessé d'être un refuge qu'on puisse considérer comme absolument inviolable.
Pour comble, voici que les « cabmen » en sont venus à mesurer leurs exigences au besoin qu'on a d'eux, et, dans un meeting to:it récent, ils ont élevé des prétentions qui, s'ils parvenaient à les faire prévaloir, mettraient le public à leur merci.
En aitemlant, c'est a qui s'armera. On achète des bâtons, on achète des pistolets, on achète des assommoirs ; quelqut*s-uns se munissent de poignards; il en est qui parlent de porter des épées. La nécessité de se mettre en dé* fense e. t si bien l'objet de la préoccupation générale, qu'une foule d'esprits sont en éveil sur les moyens h prendre ou à eonsciller. Les suggestions les plus bouHbnnes, les annonces les plus extraordinaires trouvent place dans les journa ;x ; et, par exemple, quelqu'un a recommmdé vivement au public l'usage d'un épais collier de cuir, garni de gros cous,
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comme ceux qu*on met aux chieus de combat. Ud 9utre a annoncé la vente d'une espèce de gros diiens qu'il dit admirables h employer contre les garotters (iuranfileun)^ attendu qu'ils ue dévorent les gens que sur l'ordre eifah qu'ils en reçoivent.
Comme tout cela est rassurant 1
Et notez bien que le port d*armes, généralisé, risque dt devenir un danger plus formidable encore que celui qtt*il s'agit d'éviter. Quelle riante perspective que celle d'être tué dans Tombre pur un ami qui, effrayé mal à propos, et vous prenant pour un voleur, aura fait feu, pour plus éb précaution !
N'e.NtH*e pas une honte pour l'Angleterre qu'un semblable état de chos. s y ait été possible, et se prolonge et s'ag» grave ! Les journaux retentissent de plaintes. Dans l'iulerieur des familles, on s'étonne, on s'inquiète, on se de-m;mde quand et comment cela finira! Inutiles dameurst alarmes superflues ! La force, qui est censée représenter U puissance sociale, et qui a charge de protéji^er les individus, ne donne pas signe de vie. On la clieiche partout, et on ne la rencontre nulle pnrt.
Serait-ce parce que le problème, trop négligé, est devenu en effet irès-diflicile à résoudre?
Il est des gens qui aiment à se persuader que le mal vient de ce qu'on a imprudenimcnt cédé aux inspirations d'un sentiment exagéré de pliilanihropie ; de ce qu'on a cru les criminels susceptibles de conversion ; de ce qu'on les a traités avec trop de douceur ; de ce qu'on en a rends beaucoup à la liberté avant l'expiration de leur peine ; en un mot, de ce qu'on est entré dans le système des Ticket ofleave. Mais ceux qui pensent ainsi se trompenL Le système des Ticket of leuve a été adopté, — le Times ea