QU£ FAIRE DES CRIMINELS
venir de nouveau les sombres pensées et les préoccupations amères. 11 faut nous remettre à rouler notre rocher. Ce qui a marqué dans Londres lo^ derniers jours de l'année qui vient de finir, c'est un accrtûssement sinistre dans le nombre dos violences nocturnes commises par les malfaiteurs; et ce qui marque, dans Londres, les premiers jours de Tanuée qui commence, c'est un accroissement, non moins sinistre, dans le nombre des infanticides.
Vendredi dernier, M. H. Raffles Walthew, qui remplit dans la partie orientale du comté de Middlessex les fonctions de c'coroner », était appelé à informer, dans la « taverne du Cheval-Noir », Kingsland-Road, Slioreditch, sur le corps d'un enfant trouvé mort dans une citerne, et dont une éi)aule avait été dévorée par les rats. Le même jour, même quartier, on découvrait un autre enfant étendu sans vie et dans un état de nudité complète à l'entrée du cimetière de Saint-Léonard. Le lendemain, on vovait flotter sur la Tamise, à la hauteur de « Limehouse-Causeway », un cadavre qui était aussi celui d'im enfant: et presque à la même heure,' un autre cadavre, celui d'un enfant, était aperçu, à demi enveloppé de haillons, dans le « Kegent's canal », OUl-Ford-Road, Victoria-Road.
Christmas, comme vous voyez, n'a pas versé sur tous ?îa 4:orne d'abondance, et il est des mères cpii n'ont pas eu d'étrennes à donner h leurs enfants!
Car, qui dit infanticide, dit accès de démence, et comment expliquer cette démence affreuse? Comment concevoir qu'une mère en vint jamais à abandonner ou à tuer son enfant, s'il lui restait l'espoir de le nourrir? C'est ici que s»? montre, dans toute son lunTcur, dans toute sa fatalité, l'accouplement de la misère et du crime.
Ce que cet accouplement a d'horrible, chacun le sent ; mais
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combien tremblent d'avoir à reconnaître ce qu'il a de fatal, dans le sens honible que les anciens attachaient à ce mol! La misère, voilà la robe empestée, la robe de Déjanire, donl il faut absolument que les sociétés avisent à se débarrasser, si elles veulent n'avoir plus affaire au crime. Tant que c^la ne sera pas compris, les crimînalistes écriront des livre> inutiles, et les philanthropes s'épuiseront en vains efforts. Si l'on en doute, qu'on étudie l'histoire de ce système pénal anglais, dont la réforme, proclamée nécessaire, est, en ce moment, le sujet delà préoccupation générale.
Que forons-nous de nos criminels? (What is lo be dont itilh our criminah?) » telle est ici, à l'heure qu'il est, la question suprême. Pas de journal qui ne l'ait abordée, pas (le publiciste qui ne la médite, pas d'homme d'État qu'elle ne tnuible. Chacun a son remède et son expédient à proposer. Les projets abondent. La discussion ne tarit pas. Mais, plus on approfondit ce douloureux sujet, plus on s'émeut de la difficulté extrême de trouver, ou même d'entrevoir une issue.
Il fut un loinps où, pour se tlélivrer des criniinels, on les pendait haut et court. Un simple larcin était un cas «le pen- <l:iison. C'était mu* abominable manière de résoudre le problème, mais enfin c'était une manière de le résoudre, s'il est vrai qu'il n'y ait ([ue les morts cpii ne reviennent pas. Toutefois, la civilisation ne pouvant gagner du terrain sans qu<^ h' bourreau en ])erdît, le moment devait arriver où l'on cesserait (le tiKT les gens pointeur apprendre à vivre. Ce monuml vint; et les colonies lointaines, transformées en lazarets du (rime, renirciil k's ])eslif('M'és (|ue la métropfde avait à leur cnvovtT. Mais ces (^olonies (hninrent riches, elles devinrent llnrissanti^s; el il en résulta ([ne bientôt elles fermèrent résolument leurs ports aux cargaisons de malfaiteurs dont la