‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 156 sur 169 · UN MRKTING A LONDRES BN FAVEUR DES FÉDÉRAUX · texte numérisé non relu

UN MRKTING A LONDRES BN FAVEUR DES FÉDÉRAUX

Mt la Kberlé accoure tenant k la main son flambeau. Oui, bien souvent, en Angleterre, la loi est défectueuse, bizarre, éniginatiqne, illogique; mais qu'importe? Ce qui gouverne TAngletorre, et cela suffit à sa grandeur, c'est le bon sens de kl nation, tel que l'ensemble de ses institutions politi([ues Ta en partie créé et le développe.

3 fèvrifr.

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Bonne nouvelle! L'opinion publique ici, en ce qui touclie les affaires d'Amérique, semble disposée h changer de cours. De nombreux symptœncs en font foi. S'il est une ville en Angletene o:i les planteurs aient eu pouvoir de recniter des I>artisan$, c'est assurément Liverpool : eh bien, la semaine dernière, un grand meeting, a Liverpool, saluait de ses suffrages la proclamation libératrice de M. Lincoln.

Cette semaine, c'était le tour de Bristol, celui de tous les ports de l'Angleterre qui a en le plus de i>eine h renoncer au commerce des esclaves. Et h Bradford, pendant ce temps, que se passait-il? A Bradford, une assemblée telle qiie celte ville n'en avait jamais vu, ni d'aussi nombreuse, ni d'aussi animée, applaudissnit avec transport aux éloquents auathèmes lancés par M. Forster contre les hommes qui, pardelà l'Atlantique, osent combattre :

« Pour la liberté d'asservir une partie de la race humaine ;

« Pour la liberté d'enlever la femme à son mari et d'arracher Tenfant des bras de sa mère ;

« Pour la liberté de torturer et de mettre à mort, la lo* à la main, un père qui défend Thonneur de sa fille ;

« Pour la liberté, de la part d'un père à peau blanche, de vendre sur la place du marché le fils qu'il a eu d*une négresse;

« Pour la liberté de transformer en crime Féducation offerte h Tesclave, même quand il s'agit seulement de lui enseigner h lire et à écrire;

« Pour la liberté enfin d'étendre indéfiniment le système qui fait du travail une chose maudite. »

Mais c'est à Londres surtout que le changement dont je parle s'est manifesté par un signe éclatant. Jeudi dernier, dans la soirée, une foule immense se pressait, dans le Strand, aux abords d^Exeter-Hall. Et ce n'était pas de la curiosité, c'était une émotion honnOte et profonde qui se peignait sur tous les visages. Un meeting avait été annoncé; et l'objet de ce meeting, on le savait, était de protester solennellement, au nom du peuple anglais, contre la prétention des partisans du Sud ii exprimer les sentiments de l'Angleterre.

Bénis soient les promoteurs de cette noble manifestation ! Ils ne pouvaient rendre un service plus signalé h cette grande cause de la liberté que l'éternel honneur de l'Angleterre sera d'avoir ré|>réseniée dans le dix-neuvième siècle. Ce nous eût été un sujet d'inexprimable amertume, d'entendre rai>ostolat sauvage de l'esclavage prêché sans contradiction dans cette Angleterre où brûle une flamme plus sacrée que celle qu'on entretenait à Rome sur l'autel de Vesta.

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