‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 16 sur 169 · ADMIRATION DES AKGLAIS POOR LE COMTE DE CAVOUR · texte numérisé non relu

ADMIRATION DES AKGLAIS POOR LE COMTE DE CAVOUR

teuTS dans un ckiine eomposé, sans qu'ils s'en doutent, par la sobélé ^ tes enveloppe. Souvent ils ne font cpie suivre ce (fu'oD leur suppose le pouvoir de guider. Leur inflaeoce, ffresqat toujours d'euiprunt^ est relie de circonstances que non-seideaient ils n*ont pas créées, noais qui tiennent i une lente et invisible gestation sociale dont le secret lei^ échappe. La force qu'ils déploient, on croit et ils croient que c*esl d'eux-mêmes qu ils la tirent, tandis qu'elle leur vient ordinairement du milieu qui les entoure. Ils ne font que représenter ce qu'on s'imagine qu'ils produisent ou qu'ils possèdent ;^t s'y tromper, c'est prendre Tirnage aperçue dans un miroir pour l'objet que le miroir reflète ! 11 est vrai que c'est là une erreur bien naturelle. Les esprits peu clairvoyants ou paresseux trouvent si commode d'attribuer à une cause qui vit, qui parle, qui se meut, qu'on interroge et qui répond, des effets dont la cause réelle est multiple, complexe et perdue dans les profondeurs de l'histoire! Les grandes situations, d'ailleurs, ont tant de prestige, et le vulgaire est si prompt à juger de la hauteur de la statue par la hauteur de son piédestal!

Mais c'est précisément parce que cette tendance est naturelle et commune, qu'il est commandé aux esprits sérieux de la combattre, au nom et pour le compte de la dignité humaine; car on ne saurait représenter quelques individus trop grands, sans que l'humanité paraisse plus petite et... le devienne. Malheur au peuple que les directeurs de l'opinion publique accoutument a faire tenir sa vie en pensée dans celle d'un seul individu, quelque remarquable qu'il puisse être î Cette conviction, si elle se généralise, finit par créer une atmosphère épaisse et lourde oii les caractères s^abaissent, où h trempe des âmes s'émousse, et où Fair manque aux vertus viriles.

72 LETTREE SUR L'ANGLETERRE (iSôl)

Ne disons donc pas aux Italiens que Time de l^unité italienne s* est envolée ; ne leur disons pas que leur indépendance n*est plus désormais qu'une lampe dont la flamme vacille sur un tombeau. N'exprimons aucun doute dégradant sur Tavenir d'une natîonqui a montré si puissamment son aptitude ^ être une nation ; ne faisons pas à ees vingt-six millions de citoyens devant qui s'est ouverte une vie nou^ velle, rinjure de trembler pour eux parce qu'ils se trouvent un de moins dans le monde. Disons plutôt : « Cavour est mort, vive Tltalie !

19 Juin.

Une grève en ABfl;leterre«

Ce n'est plus des courses d'Epsom, et ce n'est pas de celles d'Àscot que j'ai à vous entretenir aujourd'hui. Au moment où je vous écris, bien qu'aucun souffle orageux ne ride la surface de la société anglaise, quelque chose de ter** rible s'agite en ses profondeurs ; et, dans des milliers de familles, la mère mesure d'un œil inquiet la quantité de pain qui lui reste pour ses enfants, tandis que le père, les bras croisés sur la poitrine, le regard fixe, le visage morne, murmure ces mots: « Non, non, nous ne céderons pas; plutdt mourir! »

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