OCVEKTURE DE LA SESSION DE
portante, pour s'essayer h une de ces escarmouches parlementaires où il excelle. A part cela, et quelques mauvaises chicanes qu'ils ont cru devoir chercher au ministère à propos du Monténégro, de la Chine, et d'un conseil donné par le comte Russell au Danemark, qui n*en a tenu compte, lord Derby et M. Disraeli n'auraient vraiment pas trouvé à rompre une seule lance cx)ntre le gouvernement, si par bonheur la question grecque n'avait pas été là.
Invité h expliquer pourquoi on avait laissé la Grèce élire le prince Alfred, puisqu'il était décidé que la couronne à lui offerte serait refusée, lord Russell, il faut l'avouer, s'est échappé par la tangente. Qui l'y forçait? J'ai peine h le deviner. Pourquoi faire mystère de ce qui est évident et n*a rien, après tout, de bien blâmable ? On a laissé les Grecs aller jusqu'au bout, dans l'effusion de leurs sympathies pour le prince Alfred, par la raison bien simple, aâbord que cet enthousiasme persistant flattait l'orgueil national des Anglais, et ensuite qu'il élevait devant la candidature du duc de Leuchtenberg une barrière infranchissable.
Au surplus, ce n'était qu'un point secondaire, et le gros de Tattaque a porté sur la cession des lies Ioniennes.
A cet égard, lord Derby a certainement dit ce qu'au point de vue de l'égoïsine national, il avait de mieux k dire, savoir :
Que la possession des Sept-Iles était, pour TAnglcterre, d'une grande importance navale et militaire ; que lord Colling>vood en avait jugé ainsi; que Corfou mettait entre 'les mains de l'Angleterre la clef de l'Adriatique, et qu'il ne fallait pas risquer de voir cette clef tomber aux mains d'une nation ennemie; qu'il n'était pas indifférent d'avoir ou de n'avoir point un port de cette valeur sur la route qui mène aux Indes à travers l'Egypte; que, pendant la guerre de Crimée,
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OU avait eu la mesure de rimportance aitacbée à la possessioB de Corfou; que, d'ailleurs, les îles tooienDes avaient été confiées k la garde de FAngleterre c^^mme un dépôt européen, dans un intérêt européen , et que 1* Angleterre par conséquent n'était pas libre d'en disposer au gré de ses fantaisies; que, seule, elle était en état de tenir efficacement tête au fiéau de la piraterie, fléau que la cession des îles Ioniennes à la Grèce déchaînerait de plus belle, et qu'enlin le comte Russell, en promettant cette cession, quoique à des conditions déterminées et sous de certaines résenes, avait donné lui-même à sa politique avouée relativement au naaintien de l'einpire turc le démenti à la fois le plus éclatant et le plus déplorable.
A ce dernier reproche, s'il faut parler net, le ministre des affaires étrangères navait guère rien à répondre et n'a rien répondu. Il est certain que le comte Russell a toujours considéré et présenté l'accroissement des forces de la Grèce coniae un danger pour le Turc, et comme un avantage pour la Russie; il est certain qu'en toute occasion le comte Russell s'est éliidié à décourager chez les Grecs le désir de reprendre à la Tunjiiie ses provinces helléniques, ce qui lui ùterait le pouvoir de disputer Conslantinople à la rapacité moscovite ; et ce (|ui n'est pas moins certain, c'est que la restitution des ik's Ioniennes à la Grèce ne peut manquer de la rendre, et plus impatiente, et plus capable d*atleiodre sou but, de réaliser la grande idée.
Aussi, je le répète, lord Russell a-t-il laissé tomber l'accusation (rinconséquence, se bornant à insister sur ce qu'avait d'utile^ dans le grand sens du mot, une politique de justice, de désintéressement et de générosité.
De l'ait, puisque les Ioniens n*^ veulent pas du protectorat de rAngleierre et brtilent de se réunir à leurs frères, de