ESSAYS AND REV1E>VS
?rir l'orthodoxie du livre qui Ta engendrée, on assure qu'il ne renferme rien qui n'ait été déjà dit par des théologiens tels que Herder, Schleiermacher, Lucke, Neander, de Wetté, Ewatd, et même par certains évéques anglais : en quoi cehi détruit-il la portée de ce que le ban des évéques repousse aujourd'hui comme un grand péril ? S'il faut en croire le même critique et les auteurs dont il se porte, sous toute réserve, le champion, loin de vouloir faire brèche à l'édifice de l'orthodoxie , ils auraient eu en vue de' le consolider, en désarmant la science par une habile adoption de ses moyens d'attaque, en consentant à reconnaître ce qu'il n'est plus possible de nier, et en mettant d'avance, une fois pour toutes, la Bible à l'abri des accidents et des hasards, par le raisonnement que voici :
Il est très-vrai que la cosmogonie mosaïque ne saurait servir de base à l'enseignement de l'astronomie et de la géologie; et qu'importe? Le but de l'Écriture est d'enseigner aux hommes, non pas l'astronomie et la géologie, mais les vérités morales et religieuses. Il est très-vrai que la Bible est pleine d'imperfections, d'erreurs, de contradictions, si Ton veut, et que le côté obscur s'y trouve rapproché du coté lumineux; mais qu'importe, si le message divin y brille à travers l'humaine faiblesse du messager?
Ou je me trompe fort, ou c'est Va une dangereuse façon de soutenir l'orthodoxie. Comme l'éloquent et vigoureux écrivain delà Revue de Westminster^ je crois que la vérité morale, pour constituer une religion, a besoin do s'appuyer sur tout un corps de doctrine , et que la révérence accordée à l'Écriture risque fort de dégénérer en admiration profane, si la théorie du salut est susceptible d'une interprétation nouvelle -, si tout ce qui concerne les récompenses et les peines, la chute, le péché originel, n'a plus qu'un sens
Il LETTRES ses CàSCLETEMME (I86I)
^uralîf ; s Tarn est reçs à me plas preadre à b lettre les mîrades, les prophéties, rkspiratioD ; si TUstoire masaâq/Êe D*esins qo'ue eoBpSalÎM de légeades; si Torigûie nosaiqdfcdela terre et de l'honuoe tenbe daas le dosaioedes cosBOf^ies ribbioMpies; si le mont Sisaî et la grtcte d'Égérie, Moïse et Xnau^ dobs apparaissent enieloppés de la Déme obsoirilé, à travers b Imime des siècles.
Que si mainteaaot jmts me étmamàtz fttUe signifieaiîoB bisioriqoe j*attarb à ra[q>aritioB des Essm/s mmâ JbtitmSy mom opinioB est qs'ni fait seabiaUe narqne Theve da trioiBphe complet et déiutif, eo Angleterre, de ce grand principe : le libre examen. Chose remarquable! rattaqne dirigée par b Rtcmê de Westmimsier contre les auteurs des Essays and Rtvietcs^ a coDsisté à dire : « Ce qn*il bnt, c'est plus que b force d'affranchir le monde, c*est la force d'affronter ses propres condnions. Dire ce qn*on pense est bien ; croire ce ^*on pense est mieœi. Il y a fudqne chose de plus nécessa've aujourd'hui que le courage de Faction, c'est le courage de b pensée. » El b défense de b Revue d'Edimbourg aboutit h demander en bTenr, inéme des membres du clergé, b faculté d'exprimer franchement, Ubrement, et sans courir le ris^e de perdre leur position, tout ce qu'ils ont dans l'esprit ou dans le cœur ! De sorte que le même cri s'élèTe à b fois de ces deux camps opposés : Libre examen !
Eh quoi ! le libre examen n'est-il pas Tessence même du protestantisme? Oui sans doute, en principe; mais combien b pratique a dérié du principe! Lnther donna le signal de cette étrange dérbtion en poussant les princes contre Munzer et en persécutant Carlostadt. L'exemple n'a élé que trop bien suiii, et rintolérance protestante est un des scandales de l'histoire. Mais, quand un princq^e vrai germe au fond
UCrE5TI0?( DE STRIE 1 »
d'une doctrine, le moueot Tient tôt mi lard ou U perce en dépit de tout; car h logique des choses se joue des passîoos et des folies des hommes.
12 mai.
Question de Syrie.
Les préoccupations politiques de TAugleterre viennent d*étre accusées vivement par les débals auxquels les affaires de Syrie ont donné lieu dans Tune et Tautre Chambres, et — coïncidence remarquable — le même jour.
Ces débats ont été courts mais caractéristiques.
Quelle solution définitive donner au problème que le massacre des chrétiens à Damas vint poser dans le sang ? Le gouvernement turc est-il capable, abandonné à luiméiue, de prévenir le renouvellement de ces horreurs ? Et, si son impuissance est constatée, par quel procédé diplomatique, par quelle combinaison gouvernementale , par quelle intervention des peuples chrétiens, suppléer à cette impuissance sans porter un dernier coup à un empire moribonddont leSiChaDcelleries regardent Texistence comme essentielle au maintien de Féquilibre politique ? Sur tout cela, les opini<»is sont très-diverses.
IjCs uns veulent que la Syrie, comme TÉgyple, devienne une vice-royauté.
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Les autres demandent que les Druses soient placés sous le gouvernement d*un Druse, les Maronites sous celui d'un Maronite, et les Grecs sous celui d'un Grec.
Il y en a qui désireraient voir la Syrie confiée à Fadministration d*un natif, plan que d'autres repoussent, par crainte des haines traditionnelles et des rivalités locales qui ne manqueraient pas de couver dans le cœur d'un homme appartenant au pays.
Enfin A\ y en a qui, comme M. Layard, insistent pour qu'on fasse grâce aux Turcs de cette tutelle multiple dont on les accable. Ils donnent à entendre que la Turquie se suffirait à elle-même, si elle n'avait pas tant de sauveurs, dont chacun brûle de la sauver à sa manière. Ils vantent sa tolérance, comparée à h politique violente des Russes bannissant de la Crimée toute la race tartare. Ils dénoncent ce qu'il y a d'inique à rendre l'empire ottoman responsable de l'insuccès des plans qu'on lui impose. Ils le représentent mourant des efforts de ses nombreux médecins pour lui conserver la vie !
Je n'imagine pas que la confusion des langues ait pu être plus grande dans la tour de Babel.
Mais, au milieu de celte extrême diversité d'opinions, un point sur lequel tous sont d'accord, c'est qu'il est urgent de couper court à l'occupation de la Syrie par les Français.
Là est, pour les Anglais en général, la partie sensible de la question, que dis-je? la question tout entière. Beaucoup d'entre eux — et le discours de sir J. Fergusson, dans la séance de vendredi dernier, le prouve de reste — sentent
bien que l'évacuation de la Syrie par les Français peut avoir des suites terribles-, ils ne se font aucune illusion sur l'état déplorable d'un pays habité par dix races distinctes, et en proie aux fureurs de dix-sept sectes fanatiques; ils ne