‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 20 sur 169 · LE CHAMP BE BATAILLE BU TRAVAIL · texte numérisé non relu

LE CHAMP BE BATAILLE BU TRAVAIL

Yainca; eo d'autres termes, on Ta emporté de Tarèoe, ruisselant de sang, ii*ayant plus figure d*homiiie, à peu près mort. Le vainqueur se nomme Mace : il ne faut pas que la postérité ignore ce nom. maintenant, si les habitants de Liverpool ont tant soit peu de logique, espérons qn*ils inviteront Mace h leur faire une visite, et lui prépareront la même réception qu'ils firent à Sayers. Quand ce dernier se rendit à Liverpool, ii*alla-t--on pas à sa rencontre, au son des instruments, avec tout le déploiement de la pompe officielle 1 Les femmes ne garnissaient-elles pas les fenêtres? La route du grand liomme ne fut-elle pas semée de fleurs! A la vérité, Hurst B*étant pas Américain, Mace n a pas, comme Sayers, sauvé rbonneur de TAngleterre !

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!•» juiBet.

Le champ de bataille du traTall.

J'ai abordé dans mon avant-dernière lettre Timpertant sujet des grèves, et je vous ai parlé de Y agitation produite par celle des ouvriers en bâtiments. Cette agitation u*a rien qui frappe les yeux ou roreille. Des maisons çà et là inachevées, des échafaudages solitaires, quelques articles publiés de loin en loin en petits caractères dans des feuilles plus ou moins lues : voilà tout ce qui se montre à la surface.

8é LETTRES SUR l'aNGLETERRE (1861)

Chacun, du reste, va comme à Tordinâire à ses afifaires ou à ses plaisirs. Chacun pour soi, et Dieu pour tous.

Quant aux ouvriers en grève, il est à remarquer qu'ils ne sougent jamais ici ii troubler la paix publique. Rien n'a paru jusqu'à présent plus éloigné de leur esprit que l'idée d*une révolte. Quand ils souffrent, c'est en silence. L'explosion de leurs douleurs ou même de leurs colères éclate et meurt dans l'enceinte de leurs meetings. Partant de ce point de vue, que l'affaire doit se passer entre eux et leurs patrons, ils agissent en conséquence.

L'Augleterre est, je crois, le seul pays au monde où l'on puisse avoir le spectacle, à la fois admirable et narrant, que présenta, dans l'année 1854, la grande grève des ouvriers de Preston. On y vit dix-sept mille hommes, époux et pères, résister, pendant un hiver très-rigoureux, à toutes les ten* tations du désespoir. .On les vit, aux heures fixées pour la discussion de leurs intérêts, inonder comme une mer vivante de vastes plaines, sans que l'ordre fût mis en péril, sans qu'aucun acte de violence fût commis, sans que cette protestation solennelle contre les caprices du sort et la tyrannie des choses perdit un seul instant ce caractère de sérénité qui ennoblit la souffrance et fait paraître la justice, si auguste en elle-même, plus auguste encore.

Toutefois, la vérité défend de taire que les coalitions, dans l'esprit des ouvriei's anglais, s'associent en général à une pratique qui nuit à leur cause, parce qu'elle la rabaisse. Vous savez que, dans une armée, on appelle piqtieU un certain nombre de cavaliers ou de fantassins toujours prêts à marcher au premier ordre; eh bien, les ouvriers associés pour une grève, en Angleterre, ont, eux aussi, leurs piquets, dont la mission est d'aller rôder dans le voisinage des lieux où s'exécutent les travaux frappés d'interdit, et de veiller h

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