LIBERTE DES COALITIONS
pense, qui sent, qui aime, qui a de la fierté, des besoins, des désirs, qui est mari et père.
Pour l'entrepreneur, Timportance de la rémunération à donner au travail dépend de l'inflexible loi de FoOre et de la demande, et, sous l'empire du principe de concurrence, ne saurait dépendre d'autre chose. Mais, en vertu d*une loi plus impérieuse que toutes celles qui se lient à tels ou tels arrangements sociaux, l'ouvrier est invinciblement poussé à rapprocher le taux de sa rémunération du prix général des subsistances.
L'entrepreneur, dans l'ordre actuel des choses, est parfaitement fondé à dire : < Le travail , pas plus qu'un autre objet de vente, n'a de taux fixe ; ce taux dépend du profit qui en naît; le travail ne saurait valoir pour moi que ce qu'il me rapporte. » Mais l'ouvrier n'est certes pas moins fondé à répondre : « Il est une limite mise par la nature aux fluctuations de l'offre et de la demande : c'est celle au-dessous de laquelle ie travail cesserait, parce que le travailleur mourrait de faim. Si, pour d'autres, le travail est la mise en vente d'un article de commerce, pour nous, ouvriers, c'est la-mise en vente d'un être humain. »
De là tant et de si tristes conflits.
C'est, du reste , ce que , même en Angleterre , quelques esprits élevés commencent à comprendre. 11 y a plus : le vrai remède v a été entrevu. Il a même été mis en aclk>o , très-partiellement , il est vrai , mais avec succès : à Leeds, à Rochdale et ailleurs, le principe de coopération, fondé sur une alliance intime entre les deux grands agents de la production, le capital, le travail, et appliqué avec ce génie pratique qui caractérise les Anglais, a déjà produit de merveilleux résultats. J'ai entendu moi-même, à Glasgow, lord Brougbam proclamer Tavénement de ce principe comme
un fait d'une importance suprême. Cest une solution qu'appelle John Stuart Mil! , le plus profond penseur de ce pays* Il y a plus de >ingt ans que Tillustre poëie de Bristol, Southey, disait, en pariant du système coopératif, hii, un tory : « C'est peu de chose encore, — un nuage tout au plus grand (\omme la main. Se dissipera-t-il, vapeur inutile, ou bien se répandra- t-il en rosée rafraîchissante sur la portion brûlée et fanée des sociétés humaines? Dieu seul le sait, et c'est ce que le temps révélera. »
i5 juillet.
Une semaine tragique.
C'est une bien funèbre histoire, monsieur, que celle de la semaine qui vient de finir ! Il n*a été, ces jours-ci, question que de meurtres. Et quels meurtres ! On n'ouït jamais rien déplus mystérieux.
Uue mère qui, pc^ndant la nuit, va prendre dans leur lit ses trois enfants, et, sans motif qu'on puisse deviner, les jette dans une citerne !
Un père, homme du monde et y occupant un rang élevé» qui assomme son fils dans un étroit sentier, au retour d'une visite attestant les plus hautes relations !
Un ofticier et un escompteur, supposés inconnus l'un ii