‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 31 sur 169 · LK GO(JVBKN£MENT NEUTRE, ETC · texte numérisé non relu

LK GO(JVBKN£MENT NEUTRE, ETC

taote, et qui se dérobe si fatalement a notre contrôle, nous sommes amenés à nous serrer les uns contre les autres, de fflanière à mieux tenir en échec la tyrannie aléatoire des choses? Oui, monsieur, pour le pauvre, Forganisation et la discipline sont indispensables, parce que, pour lui, le travail e&i un combat. L'isolement, privilège des forts, serait-il d'aveoture la sagesse des faibles? Nous n*avonspas à gagner notre vie seulement, nous avons à la conquérir. Le <r workhoDse »! ah! demandezàses blêmes habitants si c*est le principe d'association qui les a conduits là.

Moi. — Laissez-moi vous dire cependant qije,sur ces questions, tous vos camarades ne semblent point penser comme vous; car enfin les « Trades unions » sont loin d*embrasscr la totalité des ouvriers.

John. — Eh ! que prouve cela, sinon que tous ne se sont pas encore élevés à une notion claire de leurs intérêts ? Mais, patience ! Au reste, le Punch se trompe étrangement sMI se figure qu'entre les unionistes et les non-unionistes il existe cette opposition de vues que son crayon se plait a supposer. Savez-vous bien, monsieur, que, dans la grève actuelle, par exemple, la majorité des ouvriers qui refusent de subir le système du payement par heure, qui font grève en conséqnence et touchent l'espèce de solde au moyen de laquelle b grève se maintient, se trouve être composée d'ouvriers non associés, « non-society men ? » Le fait est qu'entre les oo\Tiers qui font partie des « Trades unions » et ceux qui sont en dehors, l'entente est parfaite. Les uns et les autres, en cette occasion, pensent, sentent et agissent en commun; les uns et les autres se concertent par des délégués, s'assemblent dans les mêmes meetings, lèvent des fonds et en votent l'emploi en vue du même objet. Si donc le « workhouse » devait un jour dévorer les uns. dévorerait les autres ; et

le non-'Unioniste du Punch n'aurait pouvoir d'aider le pauvre Bill ni de son argent ni de ses conseils.

Moi. -^ Hais j'ai ouï dire par plusieurs personnes et lu dans plusieurs journaux que la grève actuelle était née uniquement de l'aclivité perverse de quelques agitateurs.

John. — Ah! oui, c'est toujours ce qu'on dit en parffl cas. Je me souviens qu'à Bradford, lord Brougham s'étant un jour élevé avec beaucoup de violence contre le comité qui avait dirigé la célèbre grève de Preston, M. Cowell se leva et dit : <i Le comité en question se composait de onze personnes, dont j'étais. La grève dura trente-six semaines. Nous eûmes à nourrir dix -sept mille hommes. Nous distribuâmes entre eux 96^000 liv. st. Les souffrances endurées pendant ce temps d'épreuve furent horribles, et pourtant pas une plainte, pas un murmure ne se fit entendre contre nous. Nous rendîmes compte de notre gestion jusqu'au dernier farthing; nous exigeâmes que nos comptes fussent soumis à l'examen le plus minutieux, et la confiance illimitée dont nos camarades nous honorèrent, ils nous l'ont invariablement continuée depuis. Que lord Brougham explique donc de quel droit il nous dénonce comme des agitateurs malhonnêtes ! » — Aujourd'hui, monsieur, on poursuit le même système ; et le même motif qui faisait attaquer M. Cowell fait qu'on attaque M. Potter. Si vous connaissiez M. Polter, vous trouveriez en lui, j'en suis convaincu, un homme aussi sincère*qu'intelligent et ferme. Il est ouvrier, d'ailleurs, ouvrier très-habile; et c'est sa cause qu'il défend en défendant la nôtre.

Moi. — Ainsi, vous croyez que c'est bien Tensemble des ouvriers qui est contre le système du payement par heure substitué à celui du payement par journée?

John. — Certainement. Et quelle preuve plus frappante

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