RIVALITE RNTRE ANGUIS ET AMERICAINS 2T
des couronnes. Humilier l'Angleterre a toujours été pour les • Yankees » une jouissance de luxe si raflinèe!
Mais soyons justes : depuis la rupture de l'union entre le Kordet le Sud, le Nord n*a pas eu à se louer des Anglais. Nou-sculement ils ont traité de nation belligérante ce que te gouvernement fédéral appelait une armée de rebelles ; nonseulement ils se sont renfermés dans une attitude de neutralité politique où le gouvernement fédéral, qui s attendait ii mieux, a vu tout de suite une offense; mais leur partialité en faveur du Sud s*est manifestée , il fuitt bien le dire , de MMière h ne tromper personne, et quelquefois sou« des fonnes offensantes. Avec quelle satisfaction naitve la presse anglaise a toujours accueilli la nouvelle des échecs essuyés R les troupes fédérales! De quel voile complaisant elle s*€st, en général, étudiée h couvrir les revers des confédérés! ^ gouvernement anglais a gardé la neutralité ; mais, frandiemeni, ropinion. publique est-elle restée neiitre?
Non que les Anglais aient le moindre penchant h épauler
•odieuse institution de Tesclavagc : ils ont, Dieu merci,
P^^uvéle contraire d*une façon assez éclatante, pour que
"^lue soit en droit de leur adresser cette injure; et je suis
Convaincu , quant h moi, qu*aiix yeux de la partie la plus
flairée, la plus influente de la nation anglaise, le coton ne
Doserait rien, mis en balance avec Témancipation de la race
'^oire. Mais que, généralement parlant, les Anglais, à chaque
Mésaventure du Nord, aient ressenti cette espèce de joie
■Maligne que cause la vue d'un homme qui, après avoir voulu
^'ous faire reculer, recule lui-même devant un plus fort ou un
pins habile que soi, voilà ce qu'il faut bien reconnaître, quand
^na suivi avec quelque attention le mouvement de l'opinion
d^ ce pays.
De là chez les Américains du Nord, à l'égard de TAngle-
KIVAUTE EKTRK ÀKGLAIS ET AMERICAINS t'Tf
il est admis, luéme par ceiu qui tieDDent le plt» résolâmeiit {MNir les privilèges du paTillon ueutre, que ce pavilloo ne saurai! protéger ni les ai'ticies qui sont contrebande de fuirre^ ni les personnes engagées, soit sur terre, soit sur OMT, au fienice d'une des puissances belligérantes.
La question est donc de saroir si le principe qû permet de^apturer des personnes situées de la ssrte ne s'applKfM pu à des hoQiues revêtus, comme Tétaient MM. Mason et Slidell, du titre de « soutliern commissioners », Eux-mêmes, ils se sont donnés pour commissaires du Sud, ou, en d'autres termei, pour émissaires d'une des parties belligérantes. Si M les avail surpris porteurs de dépêches, en quoi ce fait ttrait-il été plus grave que celui résultant d'un titre (|u'ils ■*ODt pas nié?
On peut, il est vrai, objecter que, même en supposant Motenable le droit d'enlever ces messieurs, ce n'était pas au opitainc Wilkes à en décider souverainement, et ciu'ii aufût dû conduire le Tient dans quelque port américain, pour 6irè juger le cas par une cour des prises. Mais, réduite h tts termes, bi question, convenons-en, perd quoique peu de M importance. Si le capitaine américain eût fait ce quon 1^ i^oclie d'avoir négligé; s'il eut conduit le Trenl à "cw-York, par exemple, au lieu de le laisser continuer sa "•■te, quelle perle irréparable pour les propriétaires du vais- ^^ CL, pouj* les passagers, que d'inconvénients! Le pro- ^é du capitaine américain, dans ce cas, n'eût point paru ■oias offensant, et eût causé beaucoup plus de mal.
Si un journal anglais parle ainsi, vous jugez bien, «ion- *^, que, pour justiiier la con<luite d'im de ses ofiiciers, te (QQverneinenX fédéral ne manqnera pas de raisons, plus ou plausibles.
Le Cait est que cette malheureuse question eu droit de vi-
site est uœ source intarissable de disputes et de conflits. Le .traité de Paris du 16 avril 18S6 en contient Taveu, mais De fournit certes pas le moyen d'éviter le mal qu'il constate. Je vous demanderai la permission d'examiner, dans une autre lettre, si le remède vrai ne serait pas dans la proclation du libre commerce des neutres, la liberté me paraissant avoir puissance de résoudre, en ce cas, un problème qui, comme beaucoup d'autres problèmes, est sans elle insoluble.
8 décembre.
E.*afràlre da « Trent ».
Est-ce que la France fera cause commune avec l'Angleterre contre les Américains du Nord, si ces derniers refusent la réparation exigée?
Voilà, monsieur, la question que j'ai entendu poser et résoudre affirmativement dans des cercles où l'on se pique d'être bien informé.
Ce serait h n'y pas croire, si par malheur le langage de certains journaux de Paris ne tendait à autoriser ce que j'appellerai, sans détour, la plus monstrueuse des hypothèses.
Il y a quelques jours, le Tintes constatait, avec une surprise et une satisfaction enfantines, qu'il y avait en France tel journal qui, quoique légitimiste, donnait raison à l'Angle-