‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 62 sur 169 · LES ÉTATS-UNIS ET L* ARISTOCRATIE ANGLAISE · texte numérisé non relu

LES ÉTATS-UNIS ET L* ARISTOCRATIE ANGLAISE

trois nûUioDS d'âmes k peine, était parvenu h compter une population égale à celle de l'Angleterre, et, miracle plus odlieux, à posséder une marine marchande supérieure à celle des Anglais ! Quel mauvais exemple donné au monde ! Quelle dauigereuse propagande! Qui voudrait croire, après cela, qii*îl est impossible à un peuple de se passer de personnages ûirés, et que la démocratie conduit au néant par le chaos, et qu'au delà des institutions anglaises il n'y a que le désordre, comme,, en deçh, il n'y a que le vide ?

Veilà, monsieur, les sentiments qu'inspirait à la classe aristocratique de ce pays, et même à une certaine fraction de k classe moyenne, le spectacle de l'Amérique faisant sa place sur le globe de jour en jour plus large, et si large, lorsque le Nord et le Sud se sont violemment séparés. Ce serait bien peu connaître la nature humaine que de mettre ea doute la joie secrète qu'éprouvèrent de cet événement, désastreux sous tant de rapports, ceux dont il rassurait les intérêts, satisfaisait les préjugés et semblait attester la s3l- S^sse. Voilà donc ce qu'était devenue, en fin de compte, c^Ue démocratie tant vantée ! L'écueil contre lequel elle de- ^^t se briser était apparu enfin ; et quel écueil ! une guerre ^^i^ile épouvantable.

Les Américains du Nord auraient pu et dû répondre que, loin d'accuser leurs institutions, ce désastre même tournait ^ leur honneur, puisqu'il prouvait combien elles étaient in- <^onciliables avec tout principe qui méconnaît la justice et ouvrage l'humanité.

Halheureusement, tel ne fut pas le langage de ceux qui avaient à porter la parole au nom de la Constitution des Etats-Unis, comprise dans son sens le plus élevé et dans son invincible logique. Au lieu de se montrer fiers de n'avoir pa {aire plus longtemps cause commune avec l'esclavage, au

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lieu de donner cette glorieuse impuissance comme la preaT la plus éclatante de leur force, ils assignèrent une caus étroitement nationale, égoïste, vulgaire, à des déchirement <{ui étaient l'honneur d'une république fondée sur Tégalité ils se défendirent, presque comme d'un crime, d'avoir ea vu Tabolition de l'esclavage, d'y avoir poussé, et d'avoir de 1 sorte fourni un motif à la rébellion des planteurs. Le prétexl étaitadmirable, pour tous ceux qui, en Angleterre, jalousaiei la puissance des Américains, détestaient leurs institutions ■ désiraient le triomphe du Sud comme moyen d'affaiblir la pr^ mière et de décrier les seconds. Dieu sait si ce prétexte le^ a servi, quand il s'est agi pour eux de voiler la vraie caift de leurs triomphes et de leurs antipathies! Le principe 4 l'esclavage une fois hors de cause, que faisaient-ils en &^ puyant le Sud? A les entendre, ils appuyaient, non pas u peuple possesseur d'esclaves, mais un peuple réclamant so indépendance, reprenant son autonomie.

Il est vrai, comme Tout observé amèrement MM. Wbit< et Couingham, que ces fervents avocats des nationalités qui s'affirment, avaient vu de sang-froid la Pologne palpitante ei foulée aux pieds, avaient laissé les Russes passer sur le corpi de la Hongrie et auraient trouvé monstrueux qu'on eu . reconnu l'indépendance de l'Italie, lorsqu'elle s incarnait, i Rome, dans un gouvernement républicain !

Il est bien triste h dire d'une pareille contradiction qu*ell< était naturelle, et qu'on n'a pas le droit de s'en étonner. U; a un mot du poëte Coleridge qui jette beaucoup de jour sa les passions du moment. Interrogé sur ce que serait l'Amérique dans un siècle d'ici, il répondit : « Ce sera la Grande Bretagne vue au travers d'un microscope solaire. »

Cette Grande-Bretagne-là cesse d'être à craindre pour le; Anglais, ou, en tout cas, est bien moins à craindre, si TAmé

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rtque s'épuise dans les convulsions d'une guerre civile prolongée; si le Sud remporte; si l'empire dont Coleridge pi"ophétisait le merveilleux accroissement d'une manière si vive reste définitivement coupé en deux.

Et, d un autre côté, c'est une rude épreuve h traverser pour les institutions d'une démocratie que ces luttes à main ^■•inée qui couvrent du prétexte de la nécessité la confiscation des libertés publiques.

Tout cela, monsieur, l'aristocratie anglaise le sait de reste; ^l s'il lui avait été possible de l'ignorer, elle aurait probablement fait moins de bruit de l'affaire du Trent...

Toujours est-il que cet incident est venu fournir au gouvernement anglais, avec un bien lamentable à-propos, l'occasion d'armements considérables. S'il en faut croire 5DI. White et Coningham, qui l'un et l'autre ont exprimé sur ce point la même opinion , ces armements — (juelquo pacifique que pût être d'ailleurs la solution de la question actuellement pendante — auraient pour but de mettre plus tard l'Angleterre en état d'écraser l'Amérique du Nord, si Celle-ci s'avisait de faire un casus belli de la reconnaissance officielle, formelle, de l'indépendance du Sud : reconnaissance dont le projet, selon les deux représentants de Brighlun, serait déjà chose arrêtée de la part du cabinet, et que M. Coningham dénonce d'avance comme un acte qui déshonorerait à jamais l'Angleterre.

I-^ fait est que le peuple anglais déchirerait de ses propres mains une des plus belles pages de sou histoire, si, après tout le qu'il a fait et sacrifié pour l'abolition de l'esclavage, il en permettait la consécration oflicielle et solennelle, 5 la face du monde entier. M. White a ou l'heureuse idée de rappeler, à ee sujet, (jue le docteur Johnson, tout tory qu'il était, avait coutume, lorsqu'il avait bu « l\ l'Église et au roi », déboire

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<c à rinsurrcction des noirs dans la Jamaïque ». Que dirai! Johnson, s*il revenait à la vie, de Tidée de patronner moralement une insurrection ayant pour but avoué d'éteroiser la servitude des noirs sur le continent américain?

Quoi qu'il eu soit, il est un point sur lequel il importe que l'opinion publique s'arrête, et c'est celui-ci : l'affaire du Trent n'est pas une cause^ c'est seulement une occasion ; et, par consécpient, il ne suffirait pas d'un arrangement amiable sur celte question particulière pour écarter les difficultés prévues et à prévoir.

Aussi bien, une chose est sûre : c'est que si TAmérique du Nord est réduite à céder sans compromis, d'une manière quij'humilie, elle ne cédera que la rage dans le cœur. Ce sera la guerre semée dans la paix. Vienne pour les Américains rheure et l'occasion de la vengeance : on verra s'ils se font faute d'en profiter! C/est ainsi que les inimitiés se perpétuent entre nations; c'est ainsi que sont frappés de stérilité tant d'efforts faits pour remplir cet affreux tonneau des Danaides où coule non pas de l'eau, mais du sang.

Il serait, certes, bien désirable que le gouvernement de Washington rendît les deux commissaires enlevés; mais il serait bien plus désirable encore que ce fût par suite d'une médiation demandée ou offerte dans des vues élevées d'avenir, et comme conséquence d'une transaction qui ménagerait l'honneur des deux peuples, donnerait à leur relations une base solide, et. ainsi que nous l'avons déjà expliqué à plusieurs reprises, ferail sortir d'une calamité passagère le triomphe d'un grand principe, c'est-à-dire un avantage durable.

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staDce où UD commandant américain aima mieux violer le principe de la neutralité, violer ses instructions, que de ne pas aider les Anglais en péril, et dit à ceux qui lui en faisaient reproche : « Le sang est plus épais que l'eau! j> N'y a-l-il aucuu journal ici oii il soit possible de trouver, en cherchant bien, un récit qui peint des matelots américains, dans une occasion critique, manœuvrant les canons anglais, récit dont Tauteiir s'écrie, sous l'empire d'une émotion reconnaissante : « Braves Américains, vous avez plus fait ce jour-là pour unir l'Angleterre et les États-Unis que ne feront jamais pour les désunir tous vos procureurs, chicaneurs Cl embrouilleurs d'affaires ! »

- Ces choses, beaucoup se plaisaient à les oublier hier qui s*^n souviennent aujourd'hui ; et tel qui ne tarissait pas sur '^ traits d'arrogance que Jonathan avait ii se reprocher en- ^*«rs lohn Bull, commence à reconnaître qu'il est juste, après ^^ut, de faire la part du bien et celle du mal.

Toutefois, monsieur, n'allez pas croire qu'il n*y ait plus en '^ïïgleterre que des convertis. 11 s'en faut bien, hélas ! Quand J^ vous disais, il y a huit jours, que si l'Amérique ôtait tout P'^élexte à un échange de coups de canons, beaucoup do 8tîns ici seraient désappointés, je vous disais vrai. Le len- ^Cîinain de la nouvelle reçue, un journal s'exprimait ainsi :

« Il n'y a pas grande injustice à soupçonner l'opinion de ^ pays d'une ombre de désappoin terne ni. Le public avait Pris son parti du jeu de la guerre ; il avait laissé là d'autres i^ogagements, payé à la porte, choisi sa place, lorsque tout H coup le directeur s'avance et annonce que le principal acleur a envoyé ses excuses et qu'on ne doit pas compter sur lui. Il est possible d'être désappointé^ même h propos d'une chose malheureuse en soi. Nous avons entendu parler d'un homme qui, s'étant imaginé qu'il avait un cancer, fut fort

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ennuyé un beau matin (l*apprendrc (fu*il s'était trompé. Quand on a tant fait que de prendre son courage à deux mains, il est vexant d'en être pour ses frais. »

Et quelle était la feuille qui tenait ce langage? Une feuille sans importance, sans crédit, obscure? Non, monsieur. Ce langage était celui du Times^ journal qui passe au dehon pour parler, dans les grandes questions, au nom de l'Angleterre.

De fait, le sentiment exprimé par le Times existe dans certains cercles qui sont réputés irks-poUliques de leur nature, et je Tai entendu formuler là d'une manière plus nette 4încore. Il y a des gens qui avaient caressé avec une égoïste complaisance l'espoir que le gouvernement de Washington se compromettrait aux yeux du monde par une réponse bralale, et mettrait tous les torts de son côté. Quel coup de fortune c'eût été pour les détracteurs de la démocratie ! Dï quel air triomphant ils auraient signalé h l'indignation oi aux risées de l'Europe un acte d'arrogance obstinée, dont k situation actuelle de l'Amérique eût fait un acte de folie Quel magnifique texte à développer, concernant le vic^ et U danger de ces institutions populaires qui mettent la popularité d'un gouvernement au prix des concessions les pluî basses ou les plus funestes, et doiment des questions de vu ou de mort à résoudre ii des clameurs de carrefour! Au liei de cela, qu*arrive-t-il? Chacun le sait maintenant, et c'es nn fait qui aura sa place dans les pages les plus radieuses d< rhistoire des démocraties : non-seulement la réponse Ai M. Seward a été d'une modération exemplaire, mais ell< s'est trouvée empreinte de tant de noblesse, et en méH« temps si habile, que c'est presque l'Angleterre qui sembl< avoir failli par l'acte même dont elle a exigé réparation. La réponse de M. Seward aux réclamations de l'Angle-

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terre revient en effet h ceci : « Nous sommes trop heureux,

"v-raîment, que l'Angleterre en soit venue à se plaindre de

"voir la liberté des mers violée ! Plût au ciel qu'elle eût tou-

j ours été dans ces sentiments! Nous n'aurions pas eu h sou-

ï ^nir contre elle une guerre qui a laissé de si lamentables

^Taces ! Une réparation nous est demandée ? Si Ton tenait à

;|.:^arler correctement, il faudrait dire qu'on nous demande de

ï>roclaœer une fois de plus ce que nous avons toujours pro-

*^.lamé, ce que F Angleterre, à notre grande joie, semble dis-

i3osée h proclamer désormais avec nous, et ce qui, nous

* ''espérons, restera comme le fortuné, l'impérissable résultat

^1e cet incident. En violant la liberté des mers, le capitaine

^Vilkes n'a point pratiqué les leçons de TAmérique, loin de

1 à ; c'est, au contraire, à la doctrine des Anglais sur le droit

^naritiufte, dans son application générale, qu'il s'est conformé.

C!Ie n'est donc pas pour le compte de l'Angleterre que nous

ïe désavouons ; c'est pour notre propre compte, au nom d'un

j>riucipe que nous avons toujours soutenu, pour le triomphe

•luquel nous n'avons pas hésité, en 1812, h nous exposer à

toutes les horreurs de la guerre, cl auquel notre désaveu va

«lonner une force nouvelle. »

On conçoit quel trésor de dépit a dû s'amasser ici dans 4es âmes ouvertes jusqu'alors a des impressions haineuses ; ^tvoiLh comment s'expliquent les commentaires par lesquels quelques-uns se sont efforcés, depuis, de donner le change aux esprits sur l'attitude du gouvernement de Washington. Mais autant ce dernier paraît, en cette occasion, à son avantage, autant le gouvernement anglais se montre, lui, sous un jour douteux, pour ne pas dire pis.

Ce qui, dans la bouche de MM. White et Coningham, semblait une supposition un peu gratuite, et plutôt une crainte qu'une affirmation, serait-il vrai, d'aventure? Y auraitHl

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quelque fondement dans l'opinion exprimée par ces mes* sieurs, au meeling de Brighton, que le bruit fait par le gouvernement anglais autour de la question du Trent était ui pur prétexte pour armer en vue d*une reconnaissance iiltè rieure des États du Sud? Il faut avouer que les apparences aujourd'hui, sont contre le ministère. Le débat qui s*es élevé entre le Daiîy-News et le Morning-Post, — vous e avez déjà entretenu vos lecteurs, — a jeté un singulier jou sur la politique de lord Palmerston.

S'il est un fait désormais établi, c*est que la première dé pêche de M. Seward à M. Adams, après la saisie des commissaires, avait été, dès le 19 décembre, communiquée ai gouvernement anglais. Oui, dès cette époque le gouvernement anglais savait, h n'en pas douter, que le cabinet d< Washington n'entendait pas accepter la responsabilité de act^ du capitaine Wilkes et nourrissait les dispositions le pluaeonciliantes. Hier, le Morning^Post, qui avait hardimen nie Te fait de la communication de la dépêche, était oblig( de revenir sur ses pas et s'échoppait par la tangente. Voie donc une question résolue. Quel était, dès lors, le devoir di gouvernement? Son devoir le plus sacré, le plus inipérieux n'était* il pas de mettre le public au courant du véritable éta des choses, pour empêcher les cœurs de s'aigrir, les injure de s'échanger et la poudre de s'entasser dans la mine? Était ce là un de ces secrets qu'il fût utile ou même peimis di garder? Encore si tout s'était borné à garder le secret Mais non. La rumeur s'étant répandue qu'une dépêche amii était arrivée, le Morning-Posi s'empressait de publier qui 4'ette dépêche n'avait aucun rapport à la question qui agitai les esprits. Était-ce erreur? Était-ce mensonge? Erreur san; doute. Mais de qui le Morning-Post tenait-il le fait qu'il annonçait avec tant d'assurance, et (|ui était faux ? Lord Rus-

UN' DESAPPOINTEMENT SINGUUER 315

sell est coDDu pour u'étre point un diplomate de Técole des Talleyrand, et, en outre, il se tient volontiers à Técart de la presse. Hais il n'en est pas tout a fait de même de lord himerston. J*ai sous les yeux une série de documents fort curieux, touchant des dépêches falsifiées que Sa Seigneurie se crut autorisée à présenter un jour au parlement. C'est une histoire étrange, amusante sous un certain rapport, mais fort triste; je vous la raconterai, si l'occasion se présente; maïs ce qui est sûr, et ce que je puis vous dire dès à présent, c'est qu'elle n'annonce pas de grands scrupules dans les bonunes qui, comme lord Palmerston, ont eu un long maniement des affaires diplomatiques, et qui, élevés danf le sérail, en connaissent les détours. D'ailleurs, nul ne l'ignore, le Iforntiijf-Pojt est le journal de lord Palmerston. C'est donc sur lui que se portent naturellement les soupçons, quand on dierche à deviner l'auteur du communiqué m\siém\\\ dont il s'agit.

Et la circonstance est grave ! Les effets ont été si ilésasl'eui ! Car, à part même l'inconvénient énorme de laisser la porte ouverte à toute sorte de menaces et à un déluge de paroles gonflées de colère, le peuple aura malheureusement ^ payer fort cher, et en bonnes espèces sonnantes, l'igno- '^nceoù ont jugé à propos de le tenir certains directeurs de ses destinées. Grâce à cette ignorance, le gouvernement a P^, fort à son aise, procéder aux armements qui s'accor- ^ient avec les calculs de sa politi(|ue secrète, et ce n'est pas !P*fltw qu'on envoie des renforts au Canada, sans parler du 'este; Pour se donner le plaisir de mettre feu à l'opinion ^ans les deux mondes, n propos de MM. Mason et Slidell, ^nl le premier est le promoteur de l'affreuse loi sur les slaves fugitifs, et qui, tous deux, sont représentés par le ïïme* lui-même comme « ïaphis pauvre proie quil fut

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possible d'arracher de la gueule du lion américain •; pov se donner ce plaisir, dis-je, jeter l'argent par les fen^res, quand le public demande à cor et à cris de le garder dans ses poches, en vérité, c'est un peu fort.

Le gouvernement constitutionnel repose sur plusieurs fictions, sur celle-ci, par exemple : « Le roi règne et ne goiK vernc pas. » Nous serons probablement bientôt appelés k décider si la responsabilité ministérielle est, oui ou non, (le ces fictions-là.

•i^ janvier.

Disposition à reeoniialCre le Sud.

Si, reniant l'acte le plus glorieux de son passé, condamnant le solennel hommage rendu par elle à la dignité humaine, et oubliant les sacrifices que cet hommage lui coûta, l'Angleterre en venait à offrir publiquement au maintien de l'esclavage l'appui de son patronage officiel, ce serait là le plus grand scandale de l'histoire moderne.

£h bien, monsieur, je le dis avec une douleur profonde parce que j'aime l'Angleterre comme étant la terre classique de la liberté , mais je le dis sans détour parce que je le pense : tout semble se préparer ici pour une reconnaissance éclatante des États du Sud d'Amérique.

Pendant les premiers jours qui suivirent rarrivée de cettct

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