DISPOSITION A RECONNAITRE LE SUD
Mais, je le répète, il leur faut des prétextes, et celui-ci éUiit admirable. Aussi, quel parti ils en ont tiré! Vous verrez que, si le gouvernennent anglais reconnaît le Sud, ce sera uniquement pour venger la race humaine, et punir le Nord, au nom de tous les peuples de la terre !
Du reste, celte circonstance n*est pas la seule qui serve le parti du Sud. Les affaires vont mal, c'est certain. La Banque d'Angleterre, vous ne Tignorez pas, a réduit le taux de Tescompte de 3 pour 100 à 2 1/2, d'où il résulte que, dans toutes les banques de dépôt, on ne paye plus aux déposants que 1 1/2 pour 100 d'intérêt, la règle étant que ces établissements payent toujours 1 pour 100 de moins que le taux adopté par la Banque d'Angleterre. Cette baisse énorme dans le prix de l'argent prouve son abondance, mais elle prouve aussi son défaut d'emploi et la stagnation des affaires. Partout, eu effet, le commerce et l'industrie languissent. La situation du Lancashire notamment est à déplorer. Oans telle filature, les ouvriers ne travaillent plus que quatre jours par semaine; dans telle autre, que trois; dans telle autre, que deux; dans telle autre, plus du tout. Et la cause? Il y a plusieurs causes, parmi lesquelles tigurc sans contredit l'état présent de rAméri(|ue. Mais celle-là, quoique la plus apparente de toutes, n'est ni la plus réelle ni la plus profonde. I^mal gtt au fond de la constitution économique des sociétés niodemes, laquelle, ne reposant sur aucun rapport normal entre le développement de la production et les ressources ^'orrespondantes de la consommation, amène, à des interpelles périodiques, l'engorgement des marchés. Au sein de I* lutte universelle des intérêts qui se disputent l'arène de "industrie, il est impossible que la production se règle d'une "^îïtïière exacte sur les besoins delà consommation; et quand '^ concurrence est là qui lui donne de l'aiguillon dans le
flanc, il est naturel qu'elle se précipite, qu*eUe eompromet s«n succès par Texagération de ses forces, et que le tr^vj devienne une aventure. L*eugorgemeDt des marchés, ou que les Anglais appellent ^/ui^, est la conséquence inévîtat du pouvoir de produire dans les ténèbres, au hasard; aussitôt que cette conséquence se manifeste, il faut bieo q la production s* arrête, il faut bien qu*à une période d*ac vite déréglée succède une époque de langueur. Il y a un ai peine, le mouvement imprimé aux affaires était tel en AogI terre, qu'il ressemblait à de la fièvre : la banque aloj escomptait à 6 pour 100 ; aujourd'hui, elle escompte à 3 i/i Rien de plus naturel : le second de ces chiffres est expliqi par le premier.
Par malheur, ce ne sont pas les causes de cette ni ture qui frappent d'ordinaire la masse du public. C'est au causes externes qu'elle s'en prend de ce qu'elle souffre. D là sa tendance à attribuer exclusivement la situation à monde industriel à la guerre que le Nord, eu Amérique, cru devoir déclarer au Sud. De là aussi le désir d'eo fin avec l'état des choses au delà de rAflaniique par une recoi naiss:u)ce péremptoire de la souveraineté des possesseui d'esclaves.
Il est vrai que ce serait greffer la guerre sur la guerre. Nord étant bien résolu, da:js ce cas, à tout braver. Ma cette considération, loin de paralyser l'ardeur du parti qi lient pour le Sud, TenHamme. Il se dit : « Une guerre av( le Nord est précisément ce que nous voulons, bien sûi qu'elle sera courte et décisive. Nous avons maintenant I mesure de cette puissance que trop longtemps nous crûmc colossale. Ses dissensions intestines nous la livrent. Gai dons-nous de laisser échapper l'occasion. Le fait des bar ques de New- York réduites à suspendre le payement e