‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 69 sur 169 · UN REVIREMENT D*0PIN10N · texte numérisé non relu

UN REVIREMENT D*0PIN10N

lettres, j*assignais à la détresse du Lancashire une tout autre cause que Tabsence du coton? Vous souvenez-vous de mes remarques sur Tengorgement des marchés? Mon apprécialion k cet égard différait tellement de celle qui faisait alors le tour des journaux, soit en Angleterre, soit en Praoce, qu'elle semblait avoir quelque chose de paradoxal. le ne m*attendais guère à Thonneur de voir mon témoignage confirmé... par qui? par lord Derby. Voici ce qu il a dit en propres termes, jeudi dernier, dans la Chambre des Lords, c Nous nous sommes soumis, et soumis sans murmure, à l^intemiption de notre commerce, résultat de cette guerre. Kt cela fait le plus grand honneur au bon sens et au patriotisme de la classe ouvrière, de la population manufacturière de cette contrée. Ce n'est pas tant, au reste, des maîtres que des ouvriers que je parle, attendu que la cessation du commerce du coton ne pouvait venir plus à propos pour l'intérêt de nos manufactures que dans le moment actuel, où il y a engorgement de tous les marchés étrangers. Si le coton n'mit pas manqué, une interruption de ractivité eïït eiéT' pratiquement, inévitable. »

Voilà ce qu'on ne disait pas quand on jugeait utile d'entrer en guerre avec les États-Unis, et voilà ce qu'on ne s'at^ ^^Khe plus à taire depuis que l'opinion a pris un autre cours. Mab alors pourquoi continuerait-on à se répandre en invectives contre les auteurs du blocus, sous prétexte qu^ilest, / în(îSBclilî.Dès que ce blocus cesse d'être regardé comme l une épine dans la chair des Anglais, loin de rester intéressés * fe maudire, ils deviennent intéressés à jeter un voile sur ^ qui peut le rendre odieux aux puissances neutres, attendu M^e c'est là une de ces pratiques sur lesquelles a reposé Pendant des siècles la souveraineté maritime de l'Angleterre.

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Et pourquoi donc mettraient-ils tant d*ardeur h dénoncer à l'indignation du monde civilisé les blocus qui ne sont pas effectifs à la lettre? Pourquoi renonceraient-ils d'avance à l'emploi d'un moyen de guerre si puissant entre leurs mains? C'est ce que beaucoup déjà commencent à se demander avec une inquiétude égoïste, ((u'ils appellent du patriotisme. Tant que leur colère contre rAméri(|ue du Nord a consente sa chaleur, les Anglais ont perdu de vue ce qui avait jusqu'à ce jour servi de base i\ leur suprématie maritime ; mais aujourd'hui qu'ils sont plus calmes, ils se ravisent. Il leur parait dur de sacrifier tous les avantages ([ui, pour une na lion à qui la mer obéit, se rattachent à la théorie du droi du plus fort.

Lord Derby n'a-l-il pas dit, jeudi dernier, combien il regre tait le sacrifice jonseuii en 1856 par lord Clarendon? Ii^Be^ s'est-il pas 'élevé colïlîTrnrprincipe, que les propriétés ^ > Tennemi sont insaisissables à bord des vaisseaux neutre^^sl N'a-l-il pas déclaré une pareille concession dangereuse un pays tel que l'Angleterre? N'a-t-il pas fait remarqu avec une complaisance menaçante, que Tarrangement 4856 ne liait pas le peuple anglais; (|ue cet arrangem n'avait pas été ratifié par le souverain ; qu'il n'avait ni caractère obligatoire ni la valeur d'un traité; qu'il ne mé tait pas même le titre de convention? Non moins symptonzzsa»tique, quoique beaucoup moins important, est le disco — «rs que M. Urcjuhart prononçîiit, il y a huit jours, au Wittingt- - -od- Clul). Dans ce discours, l'abandon du droit de visite présente comme une criminelle aliénation du droit de ppriété sur les mers. Selon M. Urquhart, l'Angleterre saurait abandonner ce droit, sans se dégrader, sans se dé mer, sans se mettre pieds et poings liés i\ la merci d France. « En saisissant, dit-il, la propriété de votre

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