‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 71 sur 169 · L*^DUCAT10N NATIONALE EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

L*^DUCAT10N NATIONALE EN ANGLETERRE

mt pour faire la guerre à qui leur tendait la branche

d'olivier. Comment! il y aurait une éducation purement

séculière, à laquelle TÉtat serait chargé de pourvoir ! Arrière

l'État! Un des plus ardents à pousser ce nouveau cri fut

M. Edouard Baines. Selon lui, si on laissait intervenir TÉtat

en matière d'éducation, c'en était fait: la logique, l'invincible

logique des choses forcerait à mettre tout, absolument tout i\

la merci du gouvernement : littérature, journaux, chaires

ocrées, la nourriture du pauvre, son gite , et jusqu'il ses

ItaiUons. H. Ghurch, un de mes amis, homme de beaucoup

de mérite, et qui se distingua fort dans les polémiques

^^ cette époque, répondit aux arguments de M. Edouard

ailles par des considérations très-piquantes : elles valent

?û'on les cite : t En vérité, l'hypocondriaque qui se figurait

*^ fait de verre devait se promener avec un sentiment de

®^^urîté plus profond que celui dont est capable le malhcu-

^iix qui croit jusqu'à ce point à la logique des choses. Étant

^<>iiné, par exemple, le service de la posle, tel qu'il a été

Confié au gouvernement, il n'y a pas de raison pour que le

S^vemement, en vertu de la logique des choses, ne niono-

P^îse absolument tout. S'il est chargé du port des lettres,

'Qsquelles contiennent, non -seulement ce que l'homme confie

^ **homme, mais ce que l'homme confie a la femme, pourquoi

^ gouvernement ne serait-il pas chargé, en même temps que

^^ port de nos lettres, de celui de nos marchandises, voire

**^*me de celui de nos personnes? Et une fois nanti du mo-

**^^oIe d'une seule branche du commerce, pourquoi ne le

^^^ait-il pas de toutes sans exception? » Et M. Ghurch de de-

*^^nder à M. Edouard Baines pourquoi sa logiijue i\ lui,

^'^ • Baines, n'était pas aussi rigoureuse que la logique des

^^o««, et pourquoi il n'allait pas jusqu'à conclure à la sup-

»ou de la poste nationale?

:)94 LETTRES SUR L*AN4;LETERRE (iS«S|)

Le fait est que, sMl est une question au monde qui requièie riulerveotioD de l'État, c'est l'éducation des enfants da p«ivre. Impossible d'appliquer raisonnablement à cette qacglwp le principe de « l'offre et la demande », par la raison bia simple que, de la part du pauvre, trop ignorant pour apprécier les avantages de Tédiication , la « demande » erâle à peine, et par cette raison plus décisive encore, que k moyen d'acquérir de l'instruction manque au paifvrje d*iiiie manière absolue. Or la société est intéressée au plus bail point à ce qu'un grand nombre de ses membres ne crmipisse pas dans cette ignorance où germe le vice, et qâ enfante si souvent le crime. Qu'est-ce à dire? Voici deslou que nous sommes tenus d'observer, sous peine d'un diitiment qui est quelquefois terrible, et nous n'aurions pas k droit d'apprendre à les observer! Le droit h TédHcatÎN est contenu nécessairement dans le devoir d'obéissance.

Aussi le principe de l'intervention de l'État en natîèn d'éducation a-^t-il fini par triompher, même en iVngletenre, où la doctrine du laissez- faire a toujours eu de si fortes ficines. Seulement, l'application de ce principe ne se présenta encore que sous la forme d'un compromis : en d'autres termes, le système, dans sa phase actuelle, consiste dans l'étihlissement et le maintien d^écoles destinées au pauvre, aa moyen de fonds dont une partie provient de contributiMk» volontaires, et dont une partie est fournie par l'État, sous le nom de,annual ffranii (dons annuels).

Aider les efforts de la bienfaisance privée, en ce qui cmcerne toute école dans laquelle on donne aux enfants une instruction séculière, combinée avec la lecture quotidienne de la Rible d'après la version autorisée, voilà quelle est b mission de ce (|u*on appelle le « Privy Conncil » . Les granlif ou dons annuels, ont été jusqu'à ce jour de trois sortes.

Page 1