‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 72 sur 169 · L*É0UCAT10X NATIONALE EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

L*É0UCAT10X NATIONALE EN ANGLETERRE

voir: le capitation grantj lequel est proportiouué au nombre d'élèves; le gfran(/br certificaled masters, lequel s'applique aux maîtres munis d un diplôme, et enfin le grant for jnfpif teachers, lequel est accordé pour des maîtres plus jeones et d*un ordre inférieur.

Le capiuuian grani est donné pour «chaque enfant qui a snivi Técole pendant cent soixante-seize jours, et plus, durant Tannée. Il D*est accordé qu'à la condition que 14 shellÎBgspar enfant sont dépensés dans Técole. Le gouverne- HBeDt a donné, de la sorte. Tannée dernière, la somme de H,000 livres sterling ou 1,925,000 francs.

Le grant for certificaied masters est une augmentation de salaire annuellement offerte par TÉtat aux maîtres munis ^Tnn diplôme. Cette augmeni.ilion est de 15 liv. st., pour 30 li?. st. au moins, payés au maître par le directeur de l'école. Ce don comprend diverses allocations ayant trait à l'enseignement du dessin, à celui du dialecte gaélique et du hngage propre aux habitants du pays de Galles, etc.. Les fonds alloués sur ce chapitre se sont élevés, Tannée dernière, iJa somme de 122,000 liv. st., ou 3,050,000 francs.

Quant au Grant for ptipil teachers, il est accordé à ceux ^'entre eux qui sont entrés à treize ans au service de l'école c^ y sont restés cinq ans de suite. Pour la première année, 'e payement est de 10 liv. st., et monte graduellement jusqu'à 20 liv. st. Le tout est fourni par TÉtat, sans que les cli- "^teurs d*écoles aient à rien donner de leur côté. La dépense a été, Tannée dernière, de 300,000 liv. st., ou 7,500,000 francs,

On peut donc évaluer la dépense des trois espèces de S^onts réunis, à une somme annuelle d*à peu près 500,000 'i^'- st. ou 12,500,000 francs. Cest ce qui constitue à

propreinemcnt parler, en Angleterre, le budget de Téducation nationale.

Ce système dMntenention bâtarde de TÉtat a des incoi vénients considérables.

Et d'abord, il est d'une extrême complication et il inipos au « Privy Council » un fardeau très- difficile h porter. Voi en aurez une idée lorsque je vous aurai dit — le rappoc^ o de M. Lowe sous les yeux — qu il n'y a pas moins ^ ( 6,897 écoles à inspecter, et que le nombre des managi cerlificated teachers, assistant teachers,pupil teachers, ct^ avec lesquels le « Privy Council » est en rapport, avec I^b^^ quels il doit entretenir des correspondances interminabl..^Hes, «u auxquels il envoie directement de l'argent, ne s'élève |r- p^ à moins de 35,331. C'est une véritable armée, comme v-- ^oas

voyez, et, qui pis est, une armée qui n'a rien des habilu des

officielles, qui se soucie fort peu de la discipline, est rais-^^no* neuse par essence, aime à écrire de longues lettres et ne tm.eof pas h en recevoir de courtes. Si vous aviez entendu Ysm^tre jour M. Lowe se plaindre de la besogne dont ses «irollègues et lui sont accablés, vous l'auriez plaint, je \'<ms assure.

Mais celte complication du système n'est rien h côté de ce que M: Lowe a très-bien nommé sa parltalité. Quel est le nombre des écoles auxquelles le « Privy Council » vîeot en aide ? Je vous l'ai déjà dit : 6,897. Et le nombre de celles qui ne reçoivent aucun secours : 15,932 ! Prenez les paroisses (jui sont en rapport avec le « Privy Council » vous ^^ trouverez : dans le comté d'Oxford, 21 sur 339; daos ^^ comté de Hereford, 5 sur 130 ; dans le comté de De von» 2 sur 245. Ainsi du reste. Est-ce raisonnable? est-ce po^*' tique? est-ce juste?

Ajoutez a cela que les écoles aidées par le t Privy Co«-^^

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cil », quoique fondées pour les enfants du pauvre, ne sont en réalité d'un ^and avantage que pour les enfants qui appartiennent à une classe aisée, parce que ceux-là seuls y peu* vent rester longtemps pour profiter de l'instruction qu'on y donne. Passé Tâge de dix ou onze ans, il faut que l'enfant du pauvre sorte de l'école sans qu'on l'en chasse. Ses parents sont là qui le rappellent pour qu'il travaille, lui aussi, comme salarié, et les aide à vivre. Malheureusement, le « Privy Couucil » ne peut rien à cela, et, sous ce rapport, ce ne sont pas des réformes liées seulement au système de l'éducation publique qui pourraient remédier au mal.

Ce qui est certain, et lord Granville l'a constaté avec tris- ^^sse, c'est que, dans les écoles aidées par l'État, le nombre des enfants appelés à suivre les classes devrait être de 2 millions 200,000 et n'est que de 920,000.

Encore si ceux-là, du moins, recevaient tous une instruction effective, qui se donnent la peine de l'aller chercher où on Î3 trouve! Mais non. En 1858, sur la proposition de J. Pa- Wngton, une commission royale fut établie avec mission spéciale de s'enquérir du véritable état des choses. Les inspec- ^urs des écoles avaient fait de beaux rapports : quels cruels démentis leurs donna le rapport, moins complaisant, des commissaires! Ils déclarèrent nettement, ces commissaires ^pitoyables, que, sur quatre enfants, il y en avait à peine ^^ dont on pût dire qu'il avait reçu quelque instruction.

D'un autre côté, on lit dans un rapport de M. Walkins, ^ilé par M. Lowe, ce passage caractéristique : « Livres ins- ^nictifs, excellentes cartes de géographie, appareils coûteux ; ^oui cela est aussi disproportionné à l'usage qui en est fait ^ue le serait un parc d'artillerie employé à disperser une Groupe de moineaux. »

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Une situation pareille nécessitait un prompt remède. De le Code révisé^ c revised code », rédigé d'après les obse valions présentées par les commissaires dont je parlais tonl l'heure. Mais ce Code rert*^ ayant paru lui-même suscepi ble de révision, le gouvernement y a introduit des chang ments, ceux qui ont été soumis au jugement des légidateu de ce pays, par lord Clarendon dans la Chambre des Lon! et par M. Lowe dans la Chambre des Communes.

Entrer dans le détail des réformes proposées serait tr long. Qu'il me suffise de vous signaler le point capital. gouvernement propose de supprimer tous les divers grœ\ dont je vous ai donné plus haut l'explication, et de les re placer par un seul, sur les bases que voici : les directei d'école auraient droit à deux sous par élève, pour chaïc jour de présence, après les cent premiers. Mais il y aui des examens, et si le résultat se trouvait être que Tenfant "sait pas lire, le tiers de la somme serait retenu par le gouTi nement, qui retiendrait aussi un tiers si l'enfant se trour; ne savoir pas compter, et le tout dans le cas où l'enfant i saurait ni lire, ni écrire, ni compter.

Cela signifie que l'Étal veut bien conlinuer à douner ( Targent, mais à la condition que cet argent profitera un p< h ceux pour lesquels il le donne. Rien de plus raisonnabl n'est-ce pas ? Car enfin, pourquoi exigerait-on que l'El jetât sa bourse parla fenêtre? Eh bien, vous n'imagineip ((uelle opposition ce projet soulève. Managers, cerlipcaU masters, pupil teachers, et que sais-je encore ! pousse des clameurs a faire tomber les corbeaux dans le cirque. ^ a lancé pamphlets sur pamphlets. Nous avons vu les pétilioC observations, réclamations et protestations pleuvoir i comme grêle. Ceux à qui l'on veut faire gagner lessubsic3 (|u'on leur paye, — car il ne s'agit en vérité que de cela, '

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