‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 74 sur 169 · LK CATHOLICISME EN IRLANDE · texte numérisé non relu

LK CATHOLICISME EN IRLANDE

manqua, je ne sais comment, à des armes qu'avait cependant bénies le vicaire de Dieu ; le pauvre major 0*Reilly dut se rendre prisonnier au représentant armé d*une cause impie, qui, loin de lai accorder les honneurs du martyre, le renvoya sain et sauf dans son pays. Tels étaient ses titres à la sympathie des électeurs du comté de Longford. Un journal a cru devoir rappeler à ce sujet l'histoire de Foote, le comédien, qui, lorsqu'il parut à Londres pour la première fois, iinagina de se recommander au public eu insistant sur ce Qu*il était c le neveu du monsieur qui avait été pendu peu de temps auparavant pour avoir tué son frère » : le rapprochement est très-injuste, à coup sûr, et j'en laisse la responsabilité au journal qui se Test permis; mais convenons ^u*il faut être furieusement dévoué au pouvoir temporel du P^pe pour trouver dans des antécédents comme ceux du major O'Reilty un motif de le faire membre du parlement d* Angleterre !

Le pis est que ses dévots partisans n'ont vaincu qu'à la

condition d'ensanglanter leur victoire. Lebàlon a joué, dans

•**tte élection approuvée par le Seigneur, un rôle important

^t décisif. Dans la ville de Granard, les agents du colonel

^Vhite ont été assaillis par une foule en délire ; on leur a

arraché les oreilles; on les a battus violemment, en pré-

'^nce des ministres du Dieu de paix. Le révérend M. Gregg,

'Ministre protestant, a couru risque de la vie. Son fils a été

poursuivi h coups de pierres. On raconte que des maisons ont

^té saccagées et brûlées. Dans la ville de Longford, il a

fallu recourir à des charges de cavalerie. Bref, une élection

*|Uï avait commencé par être un défi a fini par être une sé-

<lition.

Si rirlande ultramontaine a entendu par là nous donner ^^ avant-goût de la manière dont le pouvoir temporel du

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pape ferait usage des élections, le cas échéant, il n'y a pa lieu de se rassurer !

Mais je dois tout dire : l'Angleterre n'est pas sans avoii beaucoup k se reprocher h l'égard deTIrlande; et là gî précisénoent le secret de T influence souveraine que les pré très catholiques exercent sur la population irlaudaise. Ei eux, cette population qu'on laisse croupir dans l'ignoranc et la misère, cherche des prolt'cteurs, des consolateurs, de vengeurs. C'est en parlant de ses griefs à l'Irlandais couver de haillons et affamé, que les prêtres embrasent son fana tisme; c'est en lui disant sans cosse que ses maux lui vien nentde TAngletere protestante, (ju'ils l'accoutument i aime le pape d'un amour violent, et quelquefois farouche. Que le Anglais, dans ces derniers temps, aient fait beaucoup plus pou l'Irlande qu'îi aucune autre époque de leur histoire, soit ; mai il n'en est pas moins vrai que la patrie d'O'Connell est une de contrées les plus malheureuses qui soient sur le globe. I cependant, quels que soient les défauts des Irlandais, cg niera Faptitude d'une race aussi intelligente h dever heureuse ! L'y aider n'est pas le devoir de l' Angleterre selement, c'est son intériM !

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