‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 76 sur 169 · L INSTINCT POPULAIRE, A PROPOS DE LA POLOGNR · texte numérisé non relu

L INSTINCT POPULAIRE, A PROPOS DE LA POLOGNR

vénîJes, — soit par lord Castlereagh, — et cependant lord Castiereagh craignait une guerre avec la Russie autant au moins que peut la craindre aujourd'hui lord Palmerston.

De quel côté est donc la sagesse, j'entends la grande sagesse?— la petite sagesse ne suffisant pas pour le maniement des grandes affaires. -^Est-elle du côté de lord Palmerston, appuyé en ce moment par le Times^ par le Morning-Past^ pair presque toute la presse anglaise, par la majorité de la Chambre des Communes, par la portion aristocratique et mercantile de la nation, par tous ceux enfin qui sont pour la paix conservée aux dépens de la justice, pour l'honneur qu'on marchande, pour les sympathies qui ne coûtent rien, pour l'enthousiasme à bon marché? Ou bien du côté de ces classes ouvrières, au nom desquelles parlait, l'autre jour, la députation qui est allée rappeler à lord Palmerston qu'il est le premier ministre d'un pays, qui, au devoir d'être juste, joint le pouvoir d'être généreux ?

S'il n'y avait ici, pour l'Angleterre, qu'un acte de haute morale à accomplir, on concevrait que son gouvernement récriât devant la perspective des coups à frapper et à recevoir, les considérations de morale n'étant point, hélas ! celles qu'il est convenu, dans les chancelleries, de regarder comme délerminantes! Mais à opposer aux débordements de la Russie, qu'elle prévoit, qu'elle redoute, qui sont depuis si longtemps le sujet de ses plus cruels soucis et de ses plus ÏTéqnentes insomnies, une barrière difficile, sinon impossible ^ franchir, l'Angleterre a un intérêt manifeste, im intérêt PJ^ssant, un intérêt suprême. Ce n'est pas au moyen de représentations amicales, ce n'est pas en ptllissant rhnque foit^ in'oD prononce le mot guerre^ qu'elle arrêtera la marche, à P^ine interrompue jusqu'à ce jour, des Russes vers ConstanliBople et vers les Indes. L'Angleterre n'esl pas toute en

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Angleterre : ses hommes d'Élat doivent savoir cela ; et, po apprécier jusqu'à quel point le peuple anglais, même k u point de vue purement égoïste, es! intéressé à la reconstii lion de la Pologne, ils n'ont qu'à jeter les yeux sur la carlt Ce ne serait pas une médiocre partie à jouer, soit; c; s'il ne s'agissait que d'un replâtrage provisoire des iniqu traités de 1815, mieux vaudrait s'abstenir tout à fait. Di mander en faveur de la Pologne, par voie diplomatique, rétablissement d'une Constitution qu'il a été comme imp sible au czar de ne pas violer, la restitution de libertés d il lui a été comme impossible de ne se jouer pas, et la p messe d'un gouvernement paternel qu'on a vu tant de aboutir à la mise en coupe réglée des patriotes polonais^ serait une puérilité qui aurait le tort de ressembler à comédie. Comment la Pologne, après cinquante ans d'en gements trahis, pourrait-elle se fier à autre chose qu' miracles de son désespoir? Et comment espérer que la diplomatie réussisse à combler, en y jetant des fleurs, TaWcfc-ic qui, creusé pendant uu demi-siècle entre la Pologne et s^^s oppresseurs, vient d'être si affreusement élargi? Supposa «ts les traités de 1815 remis sur le tapis avec succès, combi^M de temps cela durerait-il? Supposons la paix conclue par h médiation des puissances, une amnistie accordée, la Polog^^e pardonnée, s'imagine-t-on d'aventure qu'elle n'aurait t^^ bientôt à expier le crime d'avoir voulu vivre et de le voul^^i^ toujours? Supposons un parlement assemblé à Varsovie, quelle force aurait-il en face d'un pouvoir occupant la ca|>ïlale, occupant les forts, et nécessairement militaire? ^^ peuple, à j)eine sorti des transes d'une insurrection désc^spérée, et tout frémissant encore des effets de la lutte, ^*"

rait-il gouverné sans une loi des suspects? Et qui oserait répondre, — si Tintervention des puissances ne doit ^n

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illuminé parie cœur. Chose remarquable ! ce sont ceox-là^ en cette occasion, voient loin devant eux, et ce ne soiil «^ux-iii pourtant qui sont placés de manière à voir de ha

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âOmars.

Vm 4r«ll ëe visite et les An^^lais.

Lundi dernier, un débat d^une importance incomparai tant sous le rapport philosophique qu*au point de vue j> (i(|ue et commercial, a eu lieu dans la Chambre des Ce numes d Angleterre. Ce débat avait été ouvert le 12 ai par une motion de M. llorsfall tendant à faire déclarer < c Tctat actuel do la loi maritime iuternalioiiale, en ce * touche les bolligcrants et les neutres, n'est pas d'une nati satisfais^mîe et appelle, à court délais Tattention du gouv* nemonl. »>

Ont iV^nvé dans cette discussion, qui marquera parmi plus tameuses dont la Cbambre des Communes ait jam été le théâtre : M. Horsfall; rattorney général, M. Lidde sir (i. C. Lewis, secrétaire d'État pour la guerre; (i. Bowver, M. T. Haring, M. Lindsay; le lord-avocat, S. Northcote; M. Cave, h)rd H'. Vane, M. Buxton, M. Ne degate, M. Massey, M. Brighl; le solliciter génér M. Walpole, lord PahneiNton, et enfin M. Disraeli. M. Ct den, par qui la motion de M. Horsfall avait été second

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