LE DROIT DE VISITE ET LES ANGLAIS
porte ouverte à ces interprétations diverses d^où étaient sorties tant d^aigres disputes, et inéine la guerre...; mais enfin, si ce n'était pas la consécration définitive de la liberté dieu Biers, c*était du moins un grand pas vers ce résultat désirable et si glorieux.
La France ne pouvait donc qu'applaudir, elle qu*on avait vue presque toujours figurer en première ligne dans la re« ▼endication, par les puissances neutres, de Tindépendance des pavillons. La dédaraiion avait^Ue les mêmes chances d*élre bien accueillie par l'Angleterre?
Permettec-moi de rassembler ici, avant d*aller plus loin, les traits les plus saillants d*un discours que M. Urquhart prononçait, le SO janvier de cette année, devant un meeting ccHBvoqné au Wlûttington^club :
c La guerre doit être juste, parce qu'elle est un fait /u-
d%€iaire. Toute déclaration de guerre est une sentence de
naort. Aussi la haute prérogative de décider de la guerre et
de. la paix n'appartenait-elle pas, à Rome, au consul ou au
dictiteur, au peuple ou au Sénat ; elle appartenait à un col-
l^Ce de prêtres; elle était le suprême attribut des Féciaux.
^oulez-vous savoir maintenant ce qu'est, entre les mains
^ TAngleterre, le droit de visite? C'est pour elle le moyeu
t^ plus humain et le seul moyen efficace d* exécuter les sen-
^^^ qu'elle prononce contre un autre peuple. Je vous
^ciBande d*4tre justes; mais je vous demande, à cause de cela
^>>tee, de rester puissants. Le droit de visite, c'est la con-
BacalioD légitime de la propriété de l'ennemi, partout où
^He se trouve. Quand vous avez séquestré la propriété d'un
^adividu, est-ce que vous ne considérez pas toute tentative
^la faire passer sous d'autres noms comme une opération
^i^oieuse? Or, punir la fraude est plus qu'un droit, c'est
ttn devoir. En saisissant la propriété de votre ennemi, de
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cet ennemi conlre lequel vous avez por(é une sentence d< mort, vous êtes jusles;ivec humanité; car si, pouvant eontraindre votre ennemi par la saisie de ses richesses, fOUS négligez de le faire, c'est que vous aimez mieux le tuer que le dé|)()uiller; c'est que vous préférez à l'emploi des moyens de compulsion non sanglants le sang versé. Doutez-vous de Tabsoluo nécessité pour vous de retenir le droit de visite! Eh bien , écoutez ceci. Sup|>osonsque vous ayez une guerre avec la l'rance, c'cst-à-dîre'(|ue vous ayez prononcé cootn elle une sentence de mort. L'ordre est : « Tuez,- hràlez, « détruisez. » Mais vous n*avez pas, comme la France, 500,000 hommes sur pied. Vous ne pouvez envahir la France. Où est votre arméi* 1 Elle est morte en Crimée, bien morte. Même sons Wellington, elle ne s'élevait guère qu'à 30,000 hommes. Eussiez-vous encore 30,000 hommes «^ lancer sur la France, est-ce avec cela que vous renvahiriez) Que pourriez- vous donc faire? Je vais vous le dire. Vous pourrie;^ croiser le long de ses cotes, arrêter au passage tous les vaisseaux marchands, saisir toute la partie de ses richesses qui flotte sur Teau, la frapper dans ses importations, la fra|)per dans ses exportations, anéantir son commerce enfin, et par là tarir la source principale de ses revenus. Mais pour cela il vous faut le droit de visite. Ahandonnez-le, voiu voilà morts. Croire que la force <le TAngleterre réside daiu ses vaisseaux de ligne est simplement une bêtise. Saus doute ils lui sont nécessaires pour heurter de front l'eDnemi ; mais l'occasion de heurter de front Tennemi, qu vous la fournira? Vos croiseurs. Si vous soufl'rez que h France, armée contre vous, continue tranipiillement soi commerce, soit sous son propre pavillon, soit uu>me sou! pavillon neutre, quel besoin aura-t-elle de venir vous lirrei bataille sur votre «Hément? pounpioi sortirait-elle de der-