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LE DROIT DE VISITE ET LES ANGLAIS

r*ière ses boulevards, prompte h courir saos nécessité les risques d*un combat naval ? Pourquoi serait-elle plus cheva* l^rcsque ou plus absurde que ne le fureut les Russes pendant la dernière (,'uerre, oii on les vit nous condamner par une réserve habile à l'Iiumiliation d'une promenade ridicule clans la mer Baltique ! Détruisez, détruisez le commerce de i*ennemi : voilà ce qui le poussera fatalement à votre rencontre 'et le livrera bientôt à vos coups. S*il n*a pas son commerce à protéger, que lui importe le déploiement de votre puissant maritime? Il vous laissera parader tout h votre aise sur l'Océan, et vos vaisseaux de ligne ne seront plus que des joujoux gigantesques et très-coùteux. Prenez-v garde! la mer vous sert en même temps et vous menace; elle vous offre de vous porter et elle vous assiège. La situation de cette lie est telle que, pour elle, il n*y a pas de milieu entre éLre toute*puissante et n'être pas. Aussi l'ut*elle toujours conquise, jusqu'au jour où elle devint, en subjuguant la mer, maîtresse du monde : conquise par les Bretons, conquise parles Saxons, conquise par b.'S Normands. Pour être en mesure de vous défendre, vous êtes forcés d'être en mesure d*âttaquer. AtUujuer, vous ne le pouvez qu au moyen de la ■ner. La mer ne peut vous servir qu*en mettant dans vos Q^aÎDs ou à votre merci le commerce de qui oserait vous **raver. Perdez le droit de visite, vous perdez tout. Le comv^erce du monde échappant à votre contrôle, que signifie ^otre marine militaire? Trop dts|)endieuse pour être maintenue étant inutile, elle u'est plus qu*uue affaire de parade. Quel parti, dans ce cas, lirerez-vous de la mer? Elle sera la *^nkequi conduira l'ennemi dans vos foyers! Si donc voas ^vez la folie d'abandonner le droit de visite, mettez votre ^e aux cHchëres, et que vos femmes, coupant les tresses ^ leurs cheveux, comme les femmes de Carlhage, en fassent

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des cordages poor ce qui vous restera d'inutiles pontona L'Angleterre sera la victime de la mer le jour où elle ma cessé d*en être la reine. >

Tel est, monsieur, sinon textuellement reproduit, c moins très-fidèlement résumé, le langage que tenait M. IT quhart il u*y a pas deux mois. Maintenant, que M. Urquiia soit un esprit singulier ; qu*il passe auprès de beaucoap gens pour être un esprit chimérique ; qu'il ait été créé mis au monde pour dire que lord Palmerston est venda i^ Russie; enfin, qu'il ait sa façon de penser à lui sur to^ chose et sur le reste, j'en tomberai d'accord. Mais il i^ est pas moins vrai qu'il est reconnu comme un homme d*^ intelligence fort pénétrante, qui a plongé très-avant d.^ les arcanes de la diplomatie, qui en connaît les resBmj cachés et les intrigues, qui a fait du droit international m étude approfondie, et qui est parfaitement en état à7â précier ce qui constitue les forces relatives des divers paj Sa parole n'est donc pas sans autorité.

En tout cas, il faudrait, pour que son sentiment sar droit de visite ne fût pas celui d'un grand nombre de s^ concitoyens, que rAngleterre d'aujourd'hui ressemblât bitf peu h l'Angleterre d'hier. Avec quelle violence, avec quel opiniâtreté, au prix de quels dangers et de quels comba'^ ne s'est-elle pas toujours opposée à l'adoption de ce prii^ cipe restrictif des conséquences du droit de visite : c \^ pavillon couvre la marchandise ! » Ainsi que M. Walpole I rappelait hier, Pitt et Fox, qui différèrent sur tant de points ne différèrent pas sur la nécessité de conserver absolumec: intacts ce que l'Angleterre appelle les droits inhérents ï I :»ouveraineté maritine. « Plutôt que de permettre à un p;* \illon neutre de couvrir la cargaison d'un ennemi, » s'écrîJB un jour Pitt en plein Parlement, « je m'envelopperais da^

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plis du pavillon, et chercherais la gloire au foud du ^ïïîbeau. »

Ce sentiment s'est-il éteint en Angleterre? Non, mon- *>Qiir : la déclaration de Paris y a éveillé de grandes in- [Uiétudes; elle y donne lieu à de vifs regrets; elle y ouvre arrière, contre lord Clarendon, à beaucoup d'accusations "élfospectives. Dans la discussion provoquée. par la motion le M. Horsfall, M. Baillie-Cochrane s'est écrié : < Que lord !3arendon ait pu commettre Ténorme faute {tremendous Mtcfider) d'accéder à cette déclaration de Paris qui a porté ïoup à notre suprématie maritime, voilà ce qu'il m'est absolument impossible de comprendre. »

Le fait est qu'en apposant sa signature au bas de la déclaration, lord Clarendon agissait avec d'autant plus de barffiesse que la question n'avait pas été soumise préalablement aux^ Chambres, et par conséquent pas discutée par elles.

Et lorsque, plus tard, des explications furent demandées

3i ce sujet dans la Chambre des Lords, que répondit lord

Clarendon? Sa réponse fut significative, il ne craignit pas de

^ire : c Pensez-vous qu'un semblable traité eût jamais été

sipé, si sa teneur ou seulement les bases sur lesquelles il

T^pose eussent été soumises au Parlement? Vos seigneuries

peuvent m'en croire : ce n'était déjà pas chose facile à

^«conjplir avec une douzaine de négociateurs; avec mille

"^^gociateurs , et les journaux par-dessus le marché, c'eût

*W impossible. »

Lord Clarendon sentait donc bien lui-même qu'il faisait

*^ Hn act€f de nature à soulever une énergique opposition ^ns son pays. Ce n'est certes pas nous qui nous en plain- ^fons; et s'il est vrai que l'Angleterre attache son intérêt ^ l'exercice d*une tyrannie maritime insupportable aux au-

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très peuple», lord Clarendon mérite d'être loué doublemei pour avoir fait passer avant les étroites considérations < rintérét national les droits de la justice et de la libert Hais il devait s'attendre «'i des protestations, et pent-ét n*est-il pas sans importance (pi'on sache bien en Fraace dont ces protestations la menacent.

Hier, dans la discussion que je vous signale, M. Walpol parlant des conséquences que pouvait avoir la déclarati de Paris, a dit en propres ternies : c Si telles sont lés eoi séquences logiques de la déclaration, ne devons-nous p examiner s'il convient que nous y adhérions ? Mais je suppc que nous le devions, tout ce que nous pouvons faire est protester. »

Sir G.-C. Lewis, à qui sa position officielle aurait commander beaucoup de résen e, est allé plus loin ; il a 4i ff J'estime que la déclaration de Paris est obligatoire enl cette contrée et les neutres durant la guerre, et qu'elle'e tout aussi obligatoire qu'un traité, bien qu'elle soit seob ment une déclaration ; mais si nous entrions en guerre ave une des parties contractantes, alors la déclaration de Pari comme tout autre traité^ cesserait d'avoir des effets M\ gatoires à T égard du belligérant. »

Voilà une singulière doctrine, n'est-ce pas? Quoi! i traité conclu précisément en vue de la guerre serait anna par le fait de la guerre! Quoi ! l'Angleterre après avoir, p exemple, déclaré, de concert avec la France, que la cours en temps de guerre, serait interdite, pourrait néanmoin les hostilités venant àk éclater, délivrer des lettres de ma que et lâcher sur notre commerce maritime ses vaisseai armés en course! La guerre annule en général les trait passés entre belligérants, soit, mais non pas tous les trait sans exception, mais non pas ceux qui ont pour objet spi

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