LA PUISSANCE NAVALE DES ANGLAIS DISCUTEE
turèrent 2,500 navires anglais, qui furent vendus pour la sonarne énorme de 21 millions de livres sterling !...
Peut-être tout cela parlait-il à l'esprit de lord Palmerston lorsque, le 7 novembre 1856, devant les marchands de Liverpool, il exprimait l'espoir de voir luire le jour où la déclaration de Paris serait complétée. A cette occasion, il prononça des paroles ((ui ne devaient pas être oubliées par ses adversaires; les voici : < Je ne puis m'empécher d'espérer qu'on étendra aux hostilités sur mer les priucipes qui règlent aujourd'hui les hostilités sur terre, et que les propriétés privées cesseront d'être exposées, de part et d'autre, à des tentatives d'agression. »
Le croiriez-vous, monsieur, c'était le même homme, lord falmerston, qui, le 3 février 1862, faisait la déclaration suivante : < Un pouvoir naval comme l'Angleterre ne doit aban- ^nner aucun moyen d'affaiblir ses ennemis sur mer. Si nous Be saisissons pas leurs matelots à bord de leurs vaisseaux xnarchands, nous aurons à les combattre à bord de leurs >'aisseaux de guerre. Je nie que la propriété privée soit plus épargnée pendant les hostilités sur terre qu'elle ne l'est pendant les hostilités sur mer. Au contraire, les armées dans un )»ays ennemi s'emparent de tout ce qu'il leur faut, de tout ce ^i les tente, sans le moindre égard pour le droit de propriété, et c*est ce que nous apprendrions à nos dépens si TAngleterre venait à être envahie. »
Les destins et les llols sont changeants, comme chacun sait. Il paraît que les hommes d'État ressemblent fort, à cet égard, aux flots et aux deslins. En 1 856, lord Palmerston appelait de ses vœux Theureux jour où la marchandise ennemie serait sauve, même sous le pavillon ennemi ; et, dans le débat dont je vous rends compte, il a déclaré bien haut que l'adoption d'un pareil principe serait un a suicide politique. »
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Oh ! que M. Disraeli a raison de trouver étrange qoe kir Palmerstou ait ainsi changé d^opinion sur un sujet qui a di être la préocx'upalion de sa vie entière ! Oh ! qu'il a rai son de rappehT ({ue Thomme qui recommandait eu 1856 devant les marchands de Livcrpool, rado[>tion d*une poli' tique où il ne voit, en 186â, qu*un suicide, a éié viogt an secrétaire de la guerre, a été quinze ans ministre des affaire étrangères, ot a eu quarante-cinq ans pour méditer sur lé vrais principes du Code maritime !
Avouons-le, toutefois, la question a deux aspects^ et, d part et d'autre, il y a des raisous puissantes à faire valoir
Le « Solicilor général » a rencontré une expression sio gulièrement heureuse, lorsque, aux partisans des idées d M. Horsfall, il a crié : « Que voulez-vous donc? Unejgai] commerciale;! côlé d'une guerre politique? »
Telle serait effectivement la situation anormale que créerait la mise à exécution du principe : « Le pavillon enneoii comme le pavillon neutre, couvre la uiarcliandise ennemie, i On aurait, chose étrange ! d'un coté, les soldats et lesoMrins des doux nations helli«;érantes faisant de leur mîemi pour s'entr'égorger; de l'autre côlé, les marchands des deas nations heîligérantes contiiiuant à échanger leurs prodoiU comme si de rien n'était; des navires an^^lais, chargés de coton manuracliiré , vogueraient tranipiillcment vers b France, et des navires français, chargés d'étoffes de soie vogueraient tranquillement vers T Angleterre, au traver: des flottes française et anglaise, employées à Tœuvre de leik mutuel anéantissement; le connnerce fleurirait au miliei des périls de la nationalité; la propriété privée passerai intacte sur un champ couvert des débris de la propriété pu hlique; chaque nation en guerre se composerait de deii: «'lasses d'honunes, dont Tune ne chercherait qu'à s'enrichir.