LES £COL£S EN ANGLETERRK
important qu*il puisse ôlre que ces cufants d'aujourd'hui, qui seront les citoyens de demaio, coonaisscut au juste lesdimensîoos du temple de Salomou et le poids de la lance de Goliath^ oa ne saurait exiger raisonuableiucnt de l'État que, pour la diffusion de connaissances de ce genre, il dépense 825,000 livres sterling par an !
Quoi qu'il en soit, cette question a, comme je vous le disais en commençant, soulevé une effroyable tempête. Les Wesleyens, qui, à la différence des autres sectes dissidentes, ne se font pas un cas de conscience d'accepter les grants du gouvernement, et qui ont largement puisé, pour leurs écoles, 4ans la bourse du public, les Wesleyens ont, cette fois, confondu leurs clameurs avec celles de TÉglise établie. Les trois grants qui jusqu'ici avaient été payés aux directeurs, aux maitres, et aux élèves instructeurs, étant remplacés, dans le projet de M. Lowe, le « Code revisé »,par un seul ^ran^ payé aux directeurs, sauf à ceux-ci à le répartir de leur mieux, les maîtres et les élèves instructeurs ont cru leur position menacée, ont invoqué la théorie des droits acquis, à propos d'un don qui n'avait jamais été présenté que comme provisoire, et n'ont pas peu contribué à grossir l'orage. Il y a eu un déluge de pamphlets, un déluge de pétitions. De pieuses circulaires ont été lancées, convoquant le ban et Tarrière-ban des fidèles, recommandant l'organisation dans la résistance, et suggérant des moyens d'attaque. LaCham- We des Communes a été au momeut d'avoir en face une armée immense de stipendiés, pour me servir de l'expresâon de M. Osborne.
Les députés libéraux, c est-à-dire mal pensants, ont été comme qui dirait couchés en joue par les intéressés; ils ont été sommés presque à la lettre de choisir entre leur envie de tenir bon et la chance de perdre leurs sièges, quand sonne-
rait rheure de la lutte électorale. Non contents de doimer leur cause à plaider dans le Parlement au doux, aimable et candide M. Walpole, les adversaires du « Code revisé » ont lancé sur H. Lowe, pour qu'il le déchirât à belles dents, un avocat irlandais, M. Whiteside, lequel s*est acquitté de sa mission avec une véritable éloquence de bouledogue. Un honorable s*est écrié que le « Code revisé » était immoral! Immoral ! . . . Bref, ce pauvre M . Lowe s'est trouvé tellement menacé, étourdi, ahuri, que, de guerre lasse, il est venu dire au nom du gouvernement : c Embrassons-nous, et que cela finisse ! »
Mais cela ne finira pas ainsi, je Tespère. Partie remise n*esL point partie perdue. L'Angleterre est un pays à préjugés en ce qui regarde certaines matières, c*est vrai ; mais, même là, son bon sens ne l'abandonne jamais d'une manière définitive.
D'ailleurs, le progrès a sa logique. Non-seulement I'Abgleterre sera conduite forcément à élargir le domaine de l'instruction séculière, mais elle sera tôt ou tard amenée 9 adopter, en faveur des enfants du peuple, le principe d^ réducation primaire, gratuite et obligatoire. Pourquoi ?pai cette raison bien simple, qu'elle s'est placée, le jour oh elle a fait sa réforme parlementaire, sur une pente qui mène au suffrage universel.
P. S. — Laissez-moi vous dire, avant de terminer, si tant est que la chose ne vous soit pas déjà connue, un fait dont l'annonce a produit ici, et certes avec raison, une sensation énorme. Un Américain qui a longtemps vécu en Angleterre et y a bâti l'édifice d'une fortune colossale, M. Peabody, vient de mettre au service des pauvres de Londres une somme de 160,000 livres sterling, trois minions sept cent cinquante mille francs !