‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 95 sur 169 · LES ANGLAIS DANS LES INDES · texte numérisé non relu

LES ANGLAIS DANS LES INDES

iodigèoes. L*idée que les progrès souterrains de rinflueoce ■nssc sont pour la domination des Anglais dans les Indes un danger pressant, a beaucoup perdu de sa force.

Que les chefs indigènes des divers États situés le long des frontières de Tempirci anglo-indien soient hantés par le génie de rîntrigue, par le génie des conspirations, et nourrissent 1 regard des conquérants de Tlnde des sentiments dont la Russie ne demanderait pas mieux que de profiter, beaucoup Iq croient aujourd'hui aussi fermement qu'ils le croyaient en i835 ; mais ceux-là mêmes se persuadent ou affectent de dire que, dût le czar réussir à mettre en mouvement toutes les forces de Kandahar et du Beloochistan, il n'y aurait rien là qui fût de nature à troubler la sérénité du gouvernement de Calcutta.

Le fait est qu'il suffit d'un coup d'œil jeté sur la carte pour montrer que la seule province de l'empire anglo-indien qui soit exposée à une invasion est celle* du Nord- Ouest. Mais quels États bordent cette frontière? Le Beloochistan, le royaume de Kaboul, contrées dépourvues de tout gouvernement régulier, de toute organisation régulière, et n'ayant à leur service que des légions de maraudeurs. Au delà, c*est la Perse, pays d'une toute autre importance, il est vrai, et derrière lequel se tiennent les Russes, toujours prêts à lui donner de Taiguillon dans le flanc. Mais que les Anglais envoient une escadre dans le golfe Persique, voilà la cour de Téhéran qui tremble. D'ailleurs, en admettant même que la Russie vînt frapper, par la main des Persans, aux portes de l'empire anglo-indien; en admettant que le spectre de riuvasion armée se dressAt jusque sur les frontières du Sinde, est-ce que tout serait dit? Est-ce qu'une armée qui mettrait le pied sur le territoire anglais ne courrait pas le risque de voir au premier pas ses communications coupées?

Est-ce qu'il sérail facile de pourvoir convenablemeat d'artillerie et d'approvisionner une année de cinquante on soixante mille homnies, ayant entre elle et sa iiase d'opérations deux cents lieues de déserts et de montagnes ?

Ainsi raisonnent ceux qui n'out pas, comme H. Urquhart. et ses pareils, ce qu'on pourrait appeler le cauchemar quan ils rêvent de la Russie.

Reste h savoir si les optimistes ne se trompent pas quelqu peu dans leurs calculs : si des terreurs exagérées n*oot pa. fait place, dans leur espril, à un excès de cx)nfiance, et s' n'y a que folie dans le delendn Cartkago de H. ^raubar

Ce qui est sûr, c'est que le public m'a paru recevoir av une parfaite indifférence des nouvelles, ou, si vous airo mieux, des rumeurs qui, autrefois, mettaient le feu l'opinion.

Vous souvenez-vous. Monsieur, combien fut désastretM pour l'Angleterre la guerre de l'Afghanistan? C'est, je cr» 1 parce que les Anglais ne l'ont pas oublié, qu'ils répugnent jonrd'hui à pousser trop loin la vigilance.

Eu effet, tous les malheurs qui niarquent cette som période de l'histoire d'Angleterre eurent leur source dans^ la frayeur, presque superstitieuse, que la Russie, penchée ^«ir l'Inde, inspirait. La Russie avait poussé hardiment sa paiiB te dans l'Asie centrale ; son influence sur le gouvernement p^i^ san était ou paraissait souveraine; elle ne négligeait ri^n pour établir le iK)uvoir de la Perse à Hérat, de manière 3t y dominer sous le nom d'autrui ; on parlait d'un général russe qui avait suivi à Hérat l'armée persane et dirigé le siège ; ^^ savait qu'un agent russe, le lieutenant Vicovitcb, s'était rendu auprès de Dost-Mahomed-Khan, qui régnait sur K^" boni et l'Afghanistan, avec mission de le détacher de T alliance anglaise. Plus de doute! la Russie voulait faire de

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