‹ Lettres sur l'Angleterre (volume 3)Chapitre 96 sur 169 · LES ANGLAIS DANS LES IXDES S · texte numérisé non relu

LES ANGLAIS DANS LES IXDES S

L^Inde sa proie : c*est ce qu'il fallait empêcher h tout prix ; et 3*U était prouvé que Dost-Mahomed eût ouvert Foreille aux ouvertures de la Russie, il n*y avait pas un moment à perdre, Ll fallait bien vite envahir les États du chef des Afghans, le déposer, le faire prisonnier, et mettre h sa place Shah-Soo- |ah, qui avait été renversé du pouvoir par ses propres su- ^ts, mais qui avait le grand mérite de vivre à Loodianah d'une pension que lui faisait le gouvernement indien, et sur la docilité duquel on pouvait compter. Tel fut Tordre d'idées dans lequel, tout d*abord, lord Auckland, qui était alors goummeur général des Indes, entra, ou plutôt se précipita. Mais Dost-Hahomed était-il réllement disposé à devenir l'instrument des projets de la Russie? Sir Alexandre Burnes, agent politique des Anglais dans l'Afghanistan, s'assura qu*il n'en était rien, et il eut soin de le dire bien haut, de l'écrire, de le répéter en toute occasion et partout.

Dans ses dépêches, il prouva par une foule de faits d'un caractère non équivoque, et qui étaient à sa connaissance personnelle, que Dost-Mahomed était un allié fidèle de l'Angleterre ; que, loin de se prêter aux intrigues de la Russie, il araiC à cœur de les déjouer ; qu'on pouvait et qu'on devait s'en remettre 5 sa loyauté ; qu'il y allait de l'intérêt de l'Angleterre... Vaines déclarations! Démonstration vaine! On ne voulait pas être convaincu. Lord Auckland était décidé «^ imposer aux Afghans uu maître qui tînt tout des Anglais, fftt leur créature, leur esclave. Mais comme les conclusions it m Alexandre Humes reposaient sur des faits qu*il était plus facile de taire que de nier; comme il y a une opinion publique en Angleterre, et qu'on n'était pas bien sûr de voir la politique du gouverneur général l'emporter, devant ce tribmal suprême, sur la politique d'un agent en sous-ordre, qae fit-on? J'ai regret à le dire, parce que, dans l'histoire

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constitutionnelle de 1* Angleterre, il n'y eut jamais tache aussi noire, on fit... eh bien! oui : on fit un faux, un véritable faux en écritures publiques. La < correspondance relative ï l'Afghanistan » fut officiellement publiée en 4839, et mise sous les yeux du Parlement, avec des falsifications calculées de manière à faire croire: d* abord, que Dost-Mabomed intriguait contre TAngleterre en faveur des Russes , et ensuite, que telle était la conclusion des dépêches de sir Alexandre Bûmes. Pas un fait de tous ceux qui, dans la correspondance, montraient en Dost-Mahomed un allié fidèle, qui n*eût été frauduleusement omis ; pas une phrase, parmi toutes celles qui, sous la plume de sir A. Bûmes, témoignaient de son estime pour le chef des Afghans, qui n'eût été frauduleuse-

ment supprimée. Bref, Fart d'arranger et l'art d'omettri avaient été poussés jusque- là, quon faisait penser à sir A Burnes juste le contraire de ce qu'il avait pensé, et écri juste le contraire de ce qu'il avait écrit. Lord Helboum était alors à la tête du cabinet, et lord Palmerston y siégea en qualité de ministre des aflaires étrangères. Sir Alexandr Bûmes ne fut pas plus tôt informé de la publication des dépS ehes fausses, qu'il envoya en Angleterre copie des dépêche vraies, et le bmit ne tarda pas à se répandre qu'au sujet t1 la « correspondance relative à l'Afghanistan une fraudo avait été commise. »

Et les résultats, quels furent-ils ? Ah ! quel Anglais pourrait, snns palpitation de cœur, en évoquer Tafi^reux souvenir.^ Dost-Hahomed fut déposé et fait prisonnier; Shah*Soojah fut installé à sa place ; les bazars de Kaboul furent brûlés. Mais, on revanche, les forces anglaises, engagées dans l'Afghanistan, furent exterminées à la suite d'un soulèvement général du pays; mais d'une armée de cinq mille hommes, traînant après elle douze mille goujats, il ne resta

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