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UN PROCES EN « BREACH OF PROMISE

16 avril.

Un procès en « Breach of Promise ».

Pourquoi ne pas m'aimer, madame rimpudente?

demande Arnolphe à la jeune et innocente fille dont il est devenu sottement amoureux, et vous savez ce que répond Agnès :

Mon Dieu ! je ne crois pas qu'on doive me blâmer. Que ne vous êtes-vous, comme lui, fait aimer? Je ne vous en ai pas empêché, que je pense.

Eh bien, il se juge ici, assez souvent, des procès qui rappellent cette scène d' Arnolphe et d'Agnès, une des plus charmantes de cette comédie de V École des femmes qui en contient tant de charmantes.

Et tenez! l'autre jour, un M. Corbett envoyait à une miss Chandler, qu'il espérait depuis longtemps épouser et qui fai-^ sait mine d'en vouloir épouser un autre, sommation formelle de l'aimer, sous peine de dommages-intérêts. A cela miss Chandler répliqua, absolument dans le style d'Agnès, qu'elle

n'en pouvait mais -, qu'elle s'était mise à aimer Horace tout naturellement, sans même y prendre garde ; que

Lui seul eu était cause, Qu'elle n'y pensait pas lorsque se fit la chose.

Et sans plus tarder, elle courut à l'autel oili Horace l'attendait.

Là-dessus, procès.

A dire vrai , miss Chandler avait autorisé M. Corbett à lui faire la cour pour le bon motif, et cela n'avait pas duré moins de deux ans; en d'autres termes, il avait été accepté comme fiancé. En Angleterre , ces engagements qui se prolongent d'une manièr^ndéfinie sont fort communs; et parmi les membres du clergé notamment, il en est peu qui se marient sans avoir passé et fait passer celles qu'ils aiment par l'épreuve d'un long noviciat volontaire. Or, la loi est formelle : il faut que le fiancé épouse ou paye.

Vainement feriez -vous observer à la loi qu'il ne dépend pas de vous d'éprouver aujourd'hui ce que vous éprouviez il y a deux, trois, quatre, cinq, six ans; que vous avez eu occasion, depuis lors, de concevoir sur la convenance de vo^re choix des doutes que vous n'aviez ni ne pouviez avoir avant l'épreuve fatale ; que vous avez découvert dans l'objet préféré des défauts impossibles à soupçonner d'abord et qui vous montrent l'avenir sous un aspect moins rassurant; qu'il est dans l'intérêt même de la personne dont il s'agit, que vous ne donniez pas suite à un engagement qui n'est plus dicté par une affection mutuelle; que vous avez à faire, en vous mariant, le bonheur de la personne dont la destinée s'unit à la votre; que c'est faute de vous en sentir le pouvoir que vous reculez; que c'est là un scrupule honnête, et qu'il

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