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UN SCANDALE MILITAIRE

OÙ elle s'agite. Seulement, il nous semble — en Angleterre cette opinion commence à devenir universelle — qu'elles se trompent, et sur le but, et sur les moyens.

Le but, ce devrait être l'indépendance absolue de la Pologne.

Les moyens, il ne saurait y en avoir de bons, en dehors du parti pris de mettre, au besoin, la force au service du droit.

21 juin.

Un scandale militaire.

Un énorme scandale militaire tient ici les esprits en éveil, ngite l'opinion, a fourni déjà et menace de fournir encore la matière de mille commentaires passionnés.

La position des personnages en cause ajoute à l'intérêt douloureux et dramatique de la question. Le colonel Crawley, du 6^ dragons, aujourd'hui dans les Indes, le général Farrell et sir William Mansfield, l'un et l'autre de service en ces contrées lointaines, sir Hugh Rose, commandant en chef dans l'Inde, et enfin le duc de Cambridge, — une altesse royale, — le duc de Cambridge, qui est investi du commandement général et suprême des forces de l'Angleterre, voilà

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les hommes qui, en ce moment, sont à la barre de ce toutpuissant tribunal : l'opinion publique.

La mort d'un sergent-major et celle de sa femme, tel est le fond du procès sur lequel la conscience humaine, en Angleterre, est, à l'heure qu'il est, appelée à se prononcer.

C'est une lamentable histoire.

Il y a environ deux ans, le colonel Crawley, du 15^- hussards, reçut, dans les Indes, le commandement du 6® dragons. Des dissensions intestines, qui sont restées couvertes d'un voile épais, ayant fait naître entre le colonel Crawley et les officiers sous ses ordres un vif sentiment d'hostilité, le capitaine Smales, payeur du régiment, écrivit une lettre dans laquelle étaient constatés des faits qui avaient la gravité d'autant d'accusations. Entre autres choses, le capitaine Smales faisait allusion dans sa lettre à cette circonstance, qiie le colonel Crawley n'était jamais présent à la parade. La réponse de celui-ci consista tout simplement à traduire son subordonné devant une cour martiale.

Parmi les témoins que le capitaine Smales se disposait à produire figuraient les trois sergents-majors Liliey, Duval et Wakefield. Le colonel Crawley redoutait-il leur témoignage? Était-il résolu à empêcher la vérité de sortir nue de son puits? Ce qui est sûr, c'est que, sans attendre qu'on les interrogeât, il les manda chez lui, et les soumit, en présence de quelques-uns de ses amis, à un examen dont le but était évidemment de les avertir du danger des indiscrétions. Cet essai d'intimidation ne réussit pas, parait-il, car au sortir de l'entrevue les trois sergents-majors furent mis aux arrêts comme coupables de conspiration. En même temps, le colonel Crawley informait le major général Farrell de la décision prise et lui demandait l'autorisation de changer les arrêts simples en arrêts forcés. Le général Farrell porte

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