LETTRE XVII
Ne pas manquer de soleil en Angleterre y et dans une année où les beaux jours ont été aussi rares que ceUe*ci , c'est un double bon*heur dont nous jouissons depuis que nous avons commencé nos explorations. On dirait que nous avons laissé tous les brouillards à Londres. Aujourd'hui le ciel est bleu, la lumière brille sur les coteaux , et argenté les rivières } c'est comme un beau jour de France.
Avant d'arriver hier soir à Warwick, j'ai oublié de vous dire , mon cher ami y que nous
avions vu sur la gauche du chemin une jolie ville toute neuve; c'était Leamington^ un des spas renommés de l'Angleterre. Tandis que la noble petite ville de Warwick, avec ses tours et ses créneaux , est assise comme une reine sur la colline,, la ville moderne, comme une jolie fille bourgeoise , s'est posée dans la plaine sur le bord des eaux. Jeune, firaîche et propre^ elle attire à elle un grand nombre de visiteurs, et depuis quelques années la population de Warwick diminue , et celle de Leamington augmente.
Le nom de la rivière qui coule dans ces jqties campagnes est Avon; ce nom m'avait rappelé la patrie de Shakespeare Strafçrd on Avortf nous devions aller voir sa maison et son tombeau. Une eiTeur de nos postillons nous fit prendre une autre route ; nous l'aurions plus regretté si nous n'avions pas eu tant d'ftutres choses à admirer. Je vous l'ai déjà dit, nos journées sont trop courtes, et quand vient le soir , c'est un agréable travail que de se souvenir de tout ce que Ton a vu.
A deux ou trois milles de Warwick , le chemin se dessine enti^ un coteau très boise
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et une vaste plaine ; une des cimes du coteau s'appelle Guy ^scliff^ le pic de Guy; car le nom de ce célèbre chevalier se retrouve partout dans ces contrées. Dans la plaine qui s'étend à droite du chemin est Stoneleigh-abbey , vieille abbaye dont parlent souvent les chroniques du pays y et qui est devenue la demeure de la famille Lée. Pour arriver au château moderne, on passe sous un porche gothique; c'était celui de l'ancienne église. Les cloîtres et une partie du couvent ont ausâi été conservés ; ils ne sont que masqués par les constructions nouvelles. Le château est vaste mais sans caractère ; après Warwick il eût été difficile de trouver cette habitation noble, et cependant rien ne manque à son intérieur : tableaux, statues, beaux marbres, meubles élégans, décorent les salons et les galeries. Ce qui nous a frappé davantage à Stoneleighabbey,-ce sont les écuries; on y communique du château par un reste de l'ancien cloître. Jadis, sous ces arcades, on voyait de vieux solitaires à têtes chauves , à longues barbes blanches , se promener gravement en parlant des choses du ciel : aujourd'hui on y entend
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les pas légers des jeunes gens qui vont monter à cheval^ et des propos de chasse , de che* Taux y de paris gagnés ou perdus, de courses passées ou à venir.
Les créneaux, que Ton retrouve partout en Angleterre , surmontent les batimens que M. Lée a fait élever à ses chevaux ; ces batimens sont vastes et bien disposés : les écuries qui peuveqt contenir cent chevaux, forment un arc. La partie représentant la corde de l'arc, est destinée aux remises, aux selleries , aux magasins et aux logemens des^ cochers et
Tout en visitant ces écuries, je pensais à Kenilworth , et je trouvais que nous restions bien long*temps à Stoneleîgh-abbey , dont ie parc nous a paru peu remarquable. Je ne sais, si avant Tadmirable roman de Walter Scott ( le CMteau de Kemlworth)^ les ruines qui portent ce nom, avaient la réputation qu'elles ont aujourd'hui ; mais lorsque nous y arrivâmes, nous y trouvâmes plusieurs autres visiteurs. Si j'en crois l'effet qu'elles ont pro^ duit sur moi, je penserais qu'elles ont tou^ jours dû être citées et admirées par ceux qui
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aiment Vhisiorique et le pittoresque. L'ame est aussi occupée que les yeux quand on entre dans cette vaste enceinte y à travers les pans tombés des hautes murailles, on voit la campagne : elle a l'air désolé comme les ruines. Jamais je n'avais vu un tel luxe de lierre ; u Kenil-worth cette plante devient arbre. Sous sa verdure des parties entières du bâtiment ont tellement disparu , qu'on n'y voit plus une pierre ; on dirait alors des arbres taillés roides et inmiobiles. Au cœur de ces énormes toufies de verdure vous trouvez ou une salle de ban* quet, ou une prison, ou une chapelle , et la lumière ne pénètre plus dans, ces intérieurs , qu'à travers les feuilles luisantes du lierre, dont les rameaux se sont tendus devant les fenêtres à ogives, comme un sombre rideau. Les douves qui ceignaient de toutes parts cette imposante et forte demeure, sont à moitié comblées par le temps. Des arbres poussent avec vigueur dans cette terre , que l'on ne retourne pas sans rencontrer des ossemens blanchis.
Le château n'a plus une seule partie habitable : la seule qui soit encore couverte, est le
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manoif de la porte (the gâte house) ; on y a réuni divers morceaux d'architecture appartenant jadis à l'ancienne demeure. Une cheminée dont la partie inférieure est en albati^e merveilleusement sculptée a certainement été enlevée des grands appartemens et placée dans cette loge qui avait été habitée par les officiers d'Olivier Gromwelly autre espèce de bande noire, jacobins enrichis de ce tempslà, et qui, ainsi que les nôtres, pillaient partout.
Sur celte cheminée, j'ai lu cette devise qui ne m'a pas semblé parfaitement convenir à l'ambitieux Leicester :
Droit et loyal.
Et puis un peu plus bas :
Vivii posi funera virtiis.
Le chiffre £. R. Elisabeth regina^ se retrouve dans les panneaux de boiserie; on y aperçoit encore quelques restes de dorure.
Kenilworth a été bâti par Geoffroy de Qinton, chambellan et trésorier du roi Hemû I*'*
On n'est pas d'accord sur la naissance de ce Geoffroy^de Qinton : les uns le font A^^
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cendi*ede Guillaume de Tancarville, chambellan de Normandie; les autres disent que c'était un homme de rien élevé aux honneurs et au pouvoir par ui> caprice du roi son maître.
Le château et le domaine ne restèrent pas long-temps dans sa famille; car nous voyons que sous Henri II c'était déjà une propriété de la couronne, et que dans la dix-neuvième année de son règne, ce roi y mit garnison lors de la rébellion de son fils aine qui était soutenu par le roi de France, Robert , comte de Leicester , et plusieurs hauts et puissans barons.
Sous Henri III, le château revint pour quelque temps à Geoffroy de Clinton, fils du fondateur; mais une autre confiscation eut lieu, et Simon de Montford , comte de Leicester, en devint le nouveau possesseur par un do9 spécial du roi. Les bienfaits ne peuvent lier les ambitieux. Simon de Montford se mit à la tète d'un complot contre son souverain. A la bataille d'Evesham , il reçut la juste punition de sa trahison et de son ingratitude : il fut tué avec son fils aine Henri de Montford
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et plusieurs autre.s nobles et puissans rebelles. Simon ^ son autre fils, trop jeune pour les combats , était resté à Kenilworth j il en ouvrit les portes aux fuyards qui lui rapportaient les corps de son père et de son fi-ère. Dans la grande cour du château i on plaça sur une estrade les deux cadavres nmtilés, et le jeune adolescent vint jurer sur eux, en présence de tous ceux qui avaient échappé h la bataille et de toute la garnison de Kenilworth^ qu'il défendi^ait le château jusqu'à la dernière extrémité.
Mais bientôt la maladie et la désertion vinrent diminuer le nombre des défenseurs du château; et cependant le roi Henri faisait de grands préparatiÊ pour venir l'assiéger. Simon déguisé sortit de Kenilworth et alla jusqu'en France pour trouver des partisans : mais déjà l'on pressentait son malheur , et peu s'attachèrent à lui. Henri, parti de Warwick avec draiteaux et bannières déployés,, et une nombreuse armée, arriva devant le château le jour de la fête de saint Jea^-Baptiste. Ses troupes formèrent comme une vaste c^ture autour dçs mumlles, et au bout de six mois
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Kenilworth fut contraint d'ouvrir ses portes. Henri y entra , et le reprenant à la famille du traître et de l'ingrat) le donna avec toutes ses <lépendances à Edmond , son plus jeune fils. Je TOUS ai redit, en vous parlant de War-^ -wick , la mort de Gaveston. Edouard n'avait pu s'en consoler , il s'était vengé comme il Fava&t juré : une vengeance en attire une autre, le sang veut du sang, et le duc de Lancastre, seigneur de Kenilworth, qui^ après avoir mis à mort le premier favori de son maître, avait encore fait porter une sentence de mort et de. bannissement contre Hughes de Spencer et son vieux père,parce qu'ils avaient succédé au gentilhomme gascon dans l'amitié et la confiance du roi. Ce fier et despotique seigneur, qui prétendait toujours imposer ses volontés , ses affections et ses haines au faible Edouard , avait comblé la mesure , et son moment était venu. Convaincu de trahison et de connivence avec les Ecossais, il fut pris près de Pontefract et conduit prisonnier dans son propre château. En y entrant , il se jeta devant un crucifix, et s'écria : O mon Dieu !
dest à toi que je me rends , je rù espère qu*en ta miséricorde I
Il faisait bien de n'espérer qu'en Dieu , car le roi n'était plus disposé au pardon ; il fut condanmé, comme traître 9 à être traîné^ pendu et mis en quartiers. Comme il était d'extraction royale , la miséricorde d'Edouard commua ce supplice ignominieux, il fut ordonné qu'il serait seulement décapité.
Tandis qu'on le conduisait au supplice sur un petit cheval gris, sans bride, son confesseur et un frère prècheui^ à ses côtés , le peuple lui jetait de la boue , et créait par dérision : Salut , honneur et gloire au roi Arthur! nom qu'il avait pris dans ses traités avec les Ecossais.
Anîvé sur une éminencehors de la ville, le cortège s'arrêta; le condamné se mit à genoux et s'écria : Roi du ciel j accorde --moi merci, car le roi de la terre ma abandonné! ! Priant ainsi, Lancastre avait le visage tourné vers l'est , on lui ordonna de se retourner vers le nord, afin de porter ses regards vers ses amis d'Ecosse*. .. Hélas! il n'en vit aucun
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accourir à son secours , et sa tête tomba tranchée par un exécuteur de Londres. Ainsi finit Arthur de Lancastre, seigneur deKe» nilworth.
Ce château a vu bien d'autres grandes infortunes : c'est sous ses voûtes que le maU heureux Edouard, trahi par sa feoune, séparé de son fils, abandonné de ses serviteurs , fut dépossédé de sa couronne*
Tombé au pouvoir de Henri , comte de Leicester^ frère du duc de Lancastre, dont je viens de vous raconter le supplice, le roi d'Angleterre fut renfermé dans la forteresse de Kenil^orth. De sa prison il apprit que tous ses partisans étaient sacrifiés sans pitié. On ne lui épargna aucun des détails de la mort de Hughes Spencer, son nouvel ami; il sut comme quoi celui qui avait eu sa confiance , avait été jugé à Hereford par l'homme qui avait massacré son vénérable père , et condamné , comme iH)leur , traître et banni , à être tratné, pendu ^ éçentré, décapité et nus en quartiers.
Ce Hughes de Spencer dont le plus grand crime avait été la haute faveur dont il avait
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joui auprès de son royal maître^ pout* mar-^' cher à la mort , lut afiîiblé d'une casaque noira avec les armes de sa famille renversées et une couronne d'orties sur la tête. Une potence de cinquante pieds de haut avait été dressée pour lui ; il y (ut pendu, et au-dessous de lui Simon Reading, son fidèle serviteur, mourait du même supplice, et lui criait : Mon bon sei^ gneur et mattre, prenez courage: Dieu et votre noble père vous attendent là haut.
Jamais homme né pour la couronne n'a souffert autant qu'Edouard II. Privé du pour* voir, après avoir vu tomber un à un ses plus fidèles défenseurs, trahi par une épouse adut tère, par cette Isabelle, que les Anglais ont surnommée la Louve de France, séparé de son fils et prisonnier de l'amant de sa£bmme , il était condamné à boire la he de toutes les douleurs. Le ao janvier i3a6> l'évèque de Winchester, son ennemi déchue, et l'évéqae de Lincoln arrivèrent au château de Kenilworth avec d'astucieuses paroles, avec une feinte amitié; ils engagèrent le roi à se démettre de la puissance en faveur de son jeune fils, ils lui parlèrent de grandeur d'ame, de
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noblesse, de désintéressement. Toutes ces choses, Edouard pouvait les comprendre, mais il résistait encore. La menace (s'il persistait dans ses refus) de faire passer le sceptre dans d'autres mains que celles de son fils, décidèrent le malheureux monarque : Que monjilsprenne donc ma couronne^ dit-il, et qui elle lui soit plus légère qu!à mm!
Le "ix janvier i326 , la députation qui était venue pour recevoir l'abdication du roi^ s'étant rassemblée dans la grande salle du château , attendait et manifestait déjà de l'impatience de voir Edouard tarder autant.
Enfin la porte s'ouvre , et celui qui avait porté la couronne parut : il n'avait plus rien de la splendeur du trône ^ une longue robe noire avait remplacé ses habits royaux ; mais le malheur a sa majesté, et les ennemis d'Edouard ne purent rester assis en le voyant s'avancer. Jusqu'à ce moment le roi n'avait montré sur ses traits pâles et tristes aucune marque de faiblesse ; mais il vit Orleton , son mortel ennemi , qui venait vers lui pour lui adresser la parole. Il ne put supporter son
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aspect, il se détourna en jetant un grand cri , et tomba sans connaissance.
Quand il fut revenu à lui, il entendit ces paroles que William Trussel lui adressa : Moi, William Trussel y procurateur des comtes , barons et autres^ ayant y pour ce^ plein et suffisant pouvoir^ reprenons et retirons â vous , Edouardjadis roi d^ Angleterre, Phom^ mage et la vassalité des personnes nommées dans ma procuraUony ettles en acquittons et déchargeons dans la meilleure forme que peuvent prescrire les ordonnances et les cou^ tûmes ; et maintenant je proteste en leur nom, qi/Hs ne veulent plus être sous votre vassalité, ni allégeance, ne demandent plus rien de vous comme roi, et ne feront désor^ mais Vautre compte de vous, que comme une personne privée y sans aucune sorte de dignité royale.
Après ces paroles insolentes, cruelles et impies dans la bouche d^un sujet , sir Thomas Blount, intendant de la maison du roi, agit comme on fait aux funérailles royales; il rompit le bâton de sa charge^ et déclara que
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toutes les personnes engagées au service du ci-devant roi en étaient déchargées, et avaient à se pourvoir.
Le ai janvier^ Edouard fut dépossédé du pouvoir, et le âi septembre de l'année suivante, il fut dépossédé de la vie. Ceux qui touchent à la majesté des trônes ne s'arrêtent pas....
Voilà les souvenirs que j'ai retrouvés aux belles ruines de Keniivrorth; comme vous voyez, mon cher ami, il y a eu autre chose que des fêtes dans cette demeure célèbre.Mais j pour effacer le noir que tous ces crimes, ces infortunes et ces grandes adversités ont laissé dans mon esprit , je veux vous redire les réjouissances qui y eurent lieu au mois de juillet iSyS, alors que la reine Elisabeth . vint visiter son favori, le magnifique comte de Leicester. Elle y arriva le soir, et y fit son entrée aux flambeaux. Le parc et le lac, que Walter Scott nous montre tout illuminés des feux que portaient la suite de la reine> et des torches qui brûlaient sur le haut des toui^, n'existent plus. Sur un coteau un peu en pente on aperçoit quelques broussailles; c'était là
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que s'élevaient des chênes centenaires , et que se déployaient de longues avenues droites. Au-dessous de cette colline, et venant toucher aux murailles du château, là où vous voyez ces joncs et ces roseaux , cette plaine marécageuse, c'était le lac. Quand Elisabeth^ en arrivant au château, laissa tomber ses regards sur les ondes rougies par la lueur des mille flambeaux , elle vit une île toute peuplée des dieux et des déesses de la riante mythologie : des bosquets de cette autre Délos s'élevait une suave musique, et les immortels chantaient en chœur les louanges d'une mortelle. Flattée et ravie , la reine s'arrêta un instant , Tîle commença alors à se mouvoir , et s'avança vers le château en balançant ses fleurs et ses ombrages.
Parmi toutes les divinités de TOI} mpe venues à Kenilvrorth , on remarquait une déesse étrangère , la Dame du Lac. L'île flottante était son domaine; amoureuse de ses ondes ^ elle avait laissé passer , sans daigner les visiter, les rois et les héros qui avaient habité tour à tour le château ; mais elle n'avait pu rétisler au désir de contempler la
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merveille du inonde , et elle était sortie de son empire azuré pour lui apporter en hommage un diadème de perles et de corail. Les dieux, ayant quitté l'île enchantée et mobile, vinrent se placer sur le passage d'Elisabeth pour offrir des présens et des tributs à la Minerve d'Angleterre.
Sylvain lui présenta une cage dorée , toute rempUe d^oiseaux sauvages ; Pomone , les plus beaux fruits ; Flore , les fleurs les plus fraîches \ Cérès , des épis ; Bacchus , des vins les plus rares ; Mars, une armure complète ; Apollon , ime lyre, et Neptune , une grande variété de poissons de mer. ... Je ne vois pas , dans tous ces habitans de l'Olympe , ni l'Amour ni sa mère. Leicester , qui connaissait la reine vierge , aurait-il eu peur de la faire rougir? ....
Les fêtes durèrent dix-sept jours , et présentèrent mille plaisirs différens : une chasse de satyres , des combats d'animaux féroces ; des luttes de chant et de poésie , dés danses de bergers et de bergères , de guerriers et de Maures ; des pas d'armes et des tournois : les jeux de la scène se mêlaient aussi à tous
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ces nobles diyertissemens ; et des hommes^ Tenus de Coventry, eurent l'honneur déjouer devant la reine une pièce en dix actes , représentant la destruction des Danois > sous le règne du roi d'Ethelred. .. •
Assis devant les ruines si tristes et si silencieuses, je pensais à toute l'agitation^ atout le mouvement de ces jours de fête déjà si loin de nous. Grâce à la magie du barde écossais^ qui ressuscite si bien les temps passés , je croyais entendre les fanfares des trompettes et des cors , les acclamations de la foule et les chants des ménestrels. J'écoutais... un cri ! un cri afireux me vient à travers toute cette joie.... j'écoute... • c'est Amy Robsart qui appelle au secours ! .... Yarney et Foster l'entraînent vers la trappe &tale.... La victime est enlevée au milieu d'une fête...* Oh ! puissance du génie ! conune tu sais donner une voix au silence , une vie à la mort ! ! ! Autour de moi il n'y avait que des ruines et de la solitude, et je me suis cru dans la foule , et j'ai crû entendre les cris de l'épouse sacrifiée !
Toute exagération poétique à part , je vous assure, mon cher ami, que le talent de Walter
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Scott a ravivé les ruines de Kenilworth : j*y ai beaucoup plus pensé à la dame Amy Robsart, qu'à Geof&oy de Clinton , son illustre fondateur !