‹ Lettres sur l'Angleterre, ouChapitre 18 sur 19 · LETTRE XXV · texte numérisé non relu

LETTRE XXV

««tour à Scn^e^

Revenant à Londres par la route d'Ecosse y nous vîmes, conune à notre arrivée de Dovh vres, le grand nuage noir qui pèse toujours sur la capitaledes trois royaumes, et qui l'annonce de loin. Alors que l'on ne peut encore distinguer aucun des monumens de l'immense cité , on voit sur le ciel sa forme , sa longueur et ses contoufs tracés par la fumée qui s'en exhale.

Notre journée avait été forte, et nou^ n'arrivâmes que fort tard j nous eûmes de nouveau

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beaucoup de pâHe à trouver place dans les meilleurs hôtels ; la bonne coi;Bpagnie ( the Ë^shionable world ) n'aTait point quitté la capitale, ou de grands talens dans tous les genres étaient encore réunis.

A notre première arrivée , nous avions été si malàB..«.'s hôtel dans Z?ov^/^^/7i^^/^ que Londres nous devait bien quelques dédommagemens ; nous les trouvâmes tous à Coulson's^ hôtel datis Broùk^sireet , près dd Bond^ Street y quartier que la mode et l'élégance peuvent avouer*

Dès le lendemain en déjeûnant , nous répétâmes ce que nous avions souvent dit pendant nos excursions ) c'est que Londr^ est c^qu^il y a de moins séduisant ea Angleterre^ Paris fait oublier les campagnes qm l'environneQt ; mais quand on est au coeur de la capitale des trois royaumes, on y respire si mal, toute cette splendeur est si noire et si enftn mée , que l'on se prend & regretter les campa-^ gnes et si vertes et si fraîches ; les villages û propres, les cottages si pittoresques et  bien soignés.

Cet enchantement des campagnes an^ûses

SUA l^ÀNGLBTSiRRB. 4^3

se prolonge jusque dans les bubourgs de Londres j il n'en est pas de même chez nous; tout ce qui entoure Paris a l'air usé du mouvement et de l'agitation qui régnent sans cesse autour de la ville des rois» Combien ses abords sont sales et mal tenus! Entre les palais de Versailles et la barrière de Ghaillot ^ que de maisons en état de dégradation ^ bariolées de différentes couleurs et dégarnies de leur enduit ou de leur replâtrage I Et par la route de Saint*Denis , et par toutes les autres arrir rées, n'est-ce pas toujours la même absence de soin et de propreté 7 voyez -vous reluire une seule vitre des rez- de -chaussée? ainsi que les portes elles sont toutes recouvertes de boue et de poussière , et les murs de clôture sont dégoûtans d'ordures et d'obscénités.

Combien sont difiërentes les approches de Londres! pas une maison qui n'ait un air de parure , pas un seuil qui ne soit blanc comme, l'albâtre , pas une vitre qui ne brille comme ducristaly pas un marteau de porte qui ne reluise comme l'or; toute cette propreté va se prolongeant aussi loin que possible^ et ne se perd que dans la fulnée.

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Notre premier séjour à Londres avait été â court , qu'il nous restait ekicore beaucoup à voir, et nous avions résolu de bien employer notre temps.

Une des premières choses que nous aUâmes visiter, furent les u/est and East casi India dockSykomenses et vastes bassins où viennent charger et décharger les vaisseaux remplis des richesses des Indes et des produits de l'industrie anglaise. Les eaux de ces réservoirs creusés par la main des hommes portent plus d'or que n'en a jamais roulé le Pactole. Qui pourra calculer les fortunes entassées dans ces mille vaisseaux , additionner les valeurs qui sont là en dépôt?

Le bassin du Nord a a, 600 piedis de Ion* gueur sur 5 10 pieds de largeur, et partout 2g de profondeur. En tout il s'étend sur trente acres de terre, et peut contenir à Taise pluls de trois ceMs voiles. Nous étiotis venus un peu tard, les portes se fermaient; nous ne pûmes voir en détail ces merveilles du commerce. Un jeune capitaine de navire qui par^ tait le lendemain poul* Calcutta , nous invita à monter à son bord. Avec une extrême poli-

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I^BSse, il nous fît voir toutes les recherches de sa flottante démeure. Sa mère et âes sœurs étaient là et lui parlaient de son voyagé comme s'il n'atait été question que d'aller de Londres à Calais. Ge jeune marin était arrivé de la Chine il y avait peu de semaines^ et déjà il était impatient de repartir. A la plupart des Anglais., il &ut le moùVement des flots , • l'agitation des voyages. Sans douté ils aiment dé tout loup coeur leur ifiêillê Angleterre; mais c^essl une passion qui ne les fixe pas.

Ces docks sont placés assez loiïl hors dé Londres; pour arriver à ces dépôts dé ri-« chesses commerciales, il &ut traverser un quartier qui annonce que ses habitans sont pauvres et misérables.

A notre premier passage à Londres, nous avions vainement cherché un de nos parens, M.'Sheffield-Grace; nous savions qu'il aurait été pour nous tfie mosù fashionable guide, et nous avions grand désir de le trouver ; mais dans le tourbillon du monde où il est lancé nous n'avions pu l'atteindre. A notre retour^ noua fâmes plus heureux. Cest lui* qui 'nous conduisit à la Bibliothèque royale et à Som-^

merset^hoiMe 9 où il y avait alors exposilioa de tableaux. Cest une bonne fortune qat de trouver dans un homme de lettres ^ dans un savant y un homme de goût et de bonne compagnie (i). M. SbeflEield-Grace est tout cek« Ëa nous menant voir les rickesses du musée britannique, les marbres de lord £l(^n , les antiquités d'Herculanum et de Pompeîa^ il nous racontait toutes las magnificences d'un rout du marquis ùfi Landsdovm où il avait passé la nuit, et il &isait sourire nos compa* gnes de voyage en leur assXirant que la femme gui n'était pas mise à la française ïiéiait pas regardée. Il ajoutait : Il n'y a plus que la haute société qui ait de la grâce en Angleterre ^ parce qui elle a été assez riche pour Palier chercher chez vous.

A la Bibliotbèque royale^ nous vîmes que M. Sheffield venait souvent s'y reposer des plaisirs du monde par un travail grave et sérieux; les bibliothécaires le reçurent comme un ami de la maison et des muses.

(i) M. SheffleM^race a la plus belle eollcotîon de livret îrlandaiB qu'il j ait dana la Grande-Bretagne.

8tm L^Al^LRBtlRË. 4^'^

Georges- lil a voula qpue TAngletetre eût. une biblîotbàqtle digne de la capitale de sed ti*oi8 rô^unà«d ^ et il y a réussi. Tout ce qu^il' arait amassé Vie Kyres pour hii-méme) il en a fait don à la bibliothèque qu'il a fait'ëte^ i^er. Le^itimentp^imitif est l'œuvre deFieh*e Puget, que'le éac de Montagu avait fait Venir à Londrespouf^lm bâtir un hôtel. Gè seigneur aval» un noble hixe j ne trouvant pas dans son pays*des artistes de*géme, il les emprun* tait à rétranger. Fuget ne vint pas seul pour édifier et emiiellii^ sa demeure. La Fosse , celui qiA à peint le dôme detf Invalides ; et Rous« seau 9 autre p^tre célèbre dans Part dé lit perspective, se rendirent à invitation du duc 8e Monftagu, et Pon y admire encore leurs ouvragél.Get hôtel, malgré ses belles proportions, ne peut plussuiBi'e à sa destination ; des bâftimens inftilenses sont venus l'agrandir et changer son primer styie.

L'es^t se fatigue et se perd en cherchant à se souvenir dfe tout ce que l'on a vu dans ce riche et vaste dépôt. Combien de trésors I combien de peines A de soins pour les amas-* ser ! Que ^hommes ont usé leur vie à com*

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poser ces cent niiUe iot-folios f que de mers ont été trayersées I que de tempêtes ont été bravées ! que de £itigues endurées pour aller chercher ces oiseaux^ ces coquilles et ces plantes 9 frêles !

Parmi les antiquités grecques et romaines,j'ai vu peu de belles statues; mais qaeik quantité de sarcophages et d'urnes fonéraires ! On s^ crpirait à l'approche d'om cimetière^ ches ces iparchands de tombeaiR qui aToisinent le père La Chaise.

.11 fkut être bien anglais pouf se réunir à la YjLLe des marbres de lord Ëlgin. De cet amour de l'antiquité à la barbarie il n^y a qu'un pa& Quand il a ainsi dépoilHlé le Parthénon, il .curait pu l'abattre pour être plus assuré que nul %utre que lui n'aurait à moi|trer un fragment- de cette raine.

Cette magnifique frise est placée sur les murs d'u^e vaste salle et dans l'ordre où elle étsdt à l'enlpur du monument d^ Athènes ; mais elle n'est plus vue à quarante pieds de haut; eUe n'est plus dans sa gloire; le soleil de la Grèce ne.brille plus sur elle.«.

En général^ toutes ces richesses des arts et

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de l^àntiquité me semblent bien mieux mises en éTidence à Paris qu^ Londres. Ici elles peuvent être commodément placées pour le savant et l'antiquaire ; mats elles j sont san& effet: les dieux n'y sont plus dans des temples ! Il en est deméme deSommerset^house, lieu où se font les expositions de tabbaux. On voit tout de suite que cet immense bâtiment n'a pas été élevé pour les muses et les beaux-arts. Comme réunion des bureaux du gouvemerment, Somiùerset>hou$e forme un noble en<* semble ; mais les salles où sont les objets d'arts sont trop petites : on dirait les salons d'un licbe amateur. Quelle différence entre ces pièces qui se lient mal entre elles et notre magnifique galerie du Louvre ! Quelle différence aussi dans ce qu'on y expose !... Ce n'est pas moi , pauvre inhabile, qui chercherai à établir la supériorité de notre école surcelle de nos voisins. Le beau talent désir Thomas Lawrence a valu à l'Angleterre età l'Europe de magnifiques portraits; mais il a en même temps doté la Grande-Bretagne d'un millier de détestables imitations: On ne peut se faire une idée de ces caricatures du génie.

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Parmi les ouvrages d^ premiers peintres d'hûrtoîre^ nous avons remarqué . que^lJe8 grapdes compositions de Martin y &èie 4e l'incepdiaire de la cathédrale d'Yorlu Jba fouie s'wrétait de Ysint les tableaux de Richard Cook , de Howard s de Mulrea^j de North-^ cote y de Tlrnnson et de JVyuU; eUe était grande aussi devant les miniatures de^ Chalon, de iSngleheariét de madame Greem^ et devant les paysages de jàmald^ de Biggf de Demni^ et de tant d'autres; car c'est le genre le plus cultivé et le mieux entendu par les peinlres anglais.

Pour voir nos chefs-d'œuvre odu ne paie rien aux bamères du Louvre; à la porte df Sommerset-housci il y a des bureaux établis pour percevoir la rétribution obligée. A X4»ndres, c'eat le sine qua non de toute ^Kimb^

«iOA.

J)aps P^wp»ale ji nous allâmes voir uqe autre expositioi^; nous y admirâmes plusieurs très beaux tableaux. Ce ne fut pas sans une ex-f tréma surprise que nous y trouvâmes un portrait de Hfapoléon peint pfur Gérard, avec cette inscription ; Donné pçr PsmpeiWr au

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iiomiedeSégur,grand--maitre des cérémonieê. Ce portrait, nous dit-oxi) est à vendre,

Noti^ fashionable cicérone noiis introduint dans un obâb ou cercle dont il est membre. Je ne crois pas que nous ayîons en France quelque cbose qui puisse donner une idée juste de ce genre d'étaUissemens si aimés de& Anglais.. Cest là qu'ils dépensent la plupart des jours qu^ls passent à Londres, Pes jour-» naux, des brodmres, des Mvres, des conyer* sations de mode , de chevaux ; des paris, des discussions politiques, des chroniques scan-t daleuses; les émotions et les chances du jeu , les délices d'un che% soi sans solitude^ les recherches de la comfortabilité la plus raffinée : la bonne chère et les bons vins de France , voilà ce qui composa les charmes de cette vie de dub ; vie pleine d^attraits pour celui qui la mène; mais combîmi ennuyeuse pour les femmes et les familles de ceux qui ij sont adonnés !

Devant la porte de ce club élégant, nous vîmes un grand nombre ie grooms attendant, et tenant en lesse leschevaux de leurs maîtres. Il était prèade trois heures de Faprès-midi,

c'est le moment où la bonne compagnie sort and taies a ri4e in Hyde-park. Cette prome«* pade, qui n'a d'autre mérite que son étendue et sa vieille réputation , offre un coup d'orâl ravissant quand elle est animée par une foule déjeunes gens et de jolies femmes à cheval ga-r ^oppant sur les vastes pelouses , ou caracolant auprès des landaux ouverts, où.d^auti^és femmes étalent d^autres grâces et donnent, dans leur course rapide, un aimable sourire à ceux qui ont reconnu de loin leurs cour leurs et les longues plumes ondoyantes que le vent com^be sur leurs cbapeaux de paille.

Notre plus beau jour de Long -Champ ne vaut pas un jour ordinaire de Ilyde-park quand le soleil se o^ontre. Dès que quelquësn uns de ses rayons sont parvenus à percer le J^rouillurd quotidien, on voit de toutes parts les habitans de Londres venir s'y réjouir e^ s'y réchauffer. C'est comme une fête- Pour nous cette fête a duré tout un mois ; mais toiit' le monde nous assure qae nous avons été gâtés , et que d'ordinaire il n'en est pas ainsi.

Dans ce parc , à une de ses principales én*> |rées j il y a une singulière statue^ c'est celle

sua l'amglbtbrhb. 4?^

fS Achille^ élevée par les femmes des trpi^ royaumes

4 Arthur y duc (fe Wellington. Si dans leur élan patriotique, les dames anr glaises avaient eu l'idée de faire représenter le héros de l'Angleterre avec ses I^bits de bataille, elles n'auraient point aujourd'hui 4 détourner leurs regards du monument élevé par elles; mais le statuaire à fait d'Achille Wellington un fort de la Halle ; on dirait Iç roi des charbonniers; jamais rien de plus lourd, déplus noir et déplus indécent^ n'îi été offert au public.

Les noms de Salamanque , de Toulouse e\ de Waterloo sont inscrits en longues lettres de bronze sur le piédestal de granit; un seul nom , celui de la bataille où le généralissime des armées alliées a vaincu celui qui avait vaincu l'£urope , aurait sufE à sa gloire. Si mes souvenirs ne me trompent pas , à l'affaire de Toulouse, les Anglais et les Espagnols avaient plus du Rouble de nos forces : l'orT gueil anglais n'aorait-il donc pu se cpntenter du nom de Waterloo?

A peu d^ distance de ce colosse de maur

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vais goût , est la porte ^Hyde^parh, qui ressemble à un arc de triomphe , et toucitant à cette porte , s'élève un autre mo* nument triomphal. Tout cet entassement de choses prouve qu'il y a eu un grand enthousiasme en Angleterre en 181 5, et que l'enthousiasme, qui est une ivressedel'ame, comme les autres ivresses, manque de raisonnement.

Je voulus revoir les théâtres ; j'aHai enten-* dre Cook dans Rienzi, à Coçeni-garden. Un écrivain libéral devrait ti*aduire cette pièce , elle ferait fureur ; elle a tout ce qu'il faut pour plaire aux Parisiens ; force déclama* tions conti^ le pouvoir, insultes à la noblesse, basses flatteries au peuple, rien n'y manque. Je ne sais si cela tient aux premières impres* sions dont on se souvient toujours, mais j'aime mieux le jeu des tragiques anglais que la manière française. Les premiers acteurs que j'aie vus ont été les Kemble et leur inimi-* table sœur madame Siddons ! Aussi j'admirais le talent deTalma,car je les retrouvais en lui.

A Drury-Lane, on donnait la 110"" représentation ( de suite ) d'un mélodrame qui faisait rage, PElixir du Diable. Jamais spec-

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t%cfe aussi ii|feittoil6BiexH beairn'a été afTert aujL yeu]C det Parisiens. Je iM rappellerai tWjaunB ces qualité âiffêrentes répons du m^yule soutemùn xh, premièm était celle 4'o|)ale9 tout y éfcit tenie et blanchâtre, les démons n'y avaient rien de^rif et d'animé ; ia lueur qui y régnait était gris-perie comité celle <4e la lune.^

L» seconde région qui Tettût petit à petit £mM0 disparaître la .première, était celle des émeraudes. Ici tout était vert , les rochers, les cascades , ks feux , les diaUes et les génies*

Cette nuance s'efFaçait , le rouge lui succédait ; nous voilà dans la régHHi des rubis ; des montagnes, des cavernes, des fleuves et des mers» fatiguent les yenx par leur éclatante rougeur. £t puia venait la pkia riche des pro^ vinces de l'empire infernal , le {lays des to^ passes , de l'or et du diamant.

lia munificence de cette décoration était telle, quej'en fus ébloui, commet j'avaîschein chéàfixef nus regards sur le soleil biiilantdit midi*.*

Youa ne vous atl^ndez pas^ «non cher am, k cç quei je irous redm la marche et le

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poème de cette pièce, J9 rày ai vu que du feu et des diables qui composent un élixir , dont Lucifer accorde quelques fioles aux hommes qui lui Tendefit l^ur ame. A^ree cette merveilleuse Kqueuir, ilg se rendent invisibles , ou peuvent prendre toutes les figures et toutes les formes. Quelquefois je me surprends à croire qu'il y • eu cbez nous , depuis quelques années, une grande importation de cet élixir. YoylK combien de gens ne sont plus ce qu'ils étaient ; quel nouvel air , quel nouveau langage ils ont pris ! que de métamoiphoses ! que d'apostasies ! qued'ames vendues au génie' du mal !

Nous allions bientôt quitter Londres , un de nous, avant de partir, avait un pèlerinage à faire : ufi matin de bonneheure> il sortit de Goulson's hôtel , et alla chercher dans la partie de la ville qu'il avait habitée , de^ souvenirs de ses premières années. C'était

dans Z? street - Portam - square , qu'à sar

sortie du collège il était descendu, il y a trentesix ans j c'était là qu'il avait connu les premiers enchantemens du monde, et les premières douleurs poignantes de l-ame... là, il avait

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été reçu par une sœur qui lui avait été une autre mèfe. •• et là , avec die, etiaalgré l'elxil> il avait passé dlieureux k^tans, tmvaillant le matin, peignant, des écrans et faisant des chapeaux de paille, et le soir dansant à des hai^ où la gaîté et la grâce £:'ançaise se donnaient rendez-vous* i

Mais CQfUne dans tous nos souvenirs il y a plm de.pcsimes guo de joies, les idées de plaisir lpàlire«t ipm à peu comtne un rayon de soleil ^ s'efiacQ^ M devant cette petite pojrbe du n"" 34, ï^ncien ànigré se rappela le jour où il e« a'Viat vu sortir uu:. cercueil.*. Depuis tr«^!Lte*^ ans , rien n'a changé dans ce quartier^ seulement oa n'y voit plus ots émigrés qui y Vivaient en grand nombre, et que Von reconnaissait dans les rues à la viva* cité:de l<ur air et de leur démarche.

Le Français reconnais3ait bien toutes les demeures de ses amis, mais ceux qui les avaient habitées, comme Dieu les a dispersés! comme la mort en a diminué le nombre ! Lorsqu'après un certain lapsd'années on revient auxheux où l'on a été long*temps, chercher ceux que l'on a connus et aimés, c'est de même que si au

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