‹ Lettres sur l'éducation des filles (volume 2)Chapitre 14 sur 49 · Lettres et Avis, p. U · texte numérisé non relu

Lettres et Avis, p. U

28 LCTTHeS SUR L ÉDtCATlOH.

Elles se tiendront continuellement en garde contre leurs passions et contre leur humeur; elles auront un grand soin que, sans affectation, leurs yeux, leurs discours, leurs postures, leur extérieur, en un mot, tous leurs procédés soient mesurés , ayant affaire à des yeux clairvoyants à qui rien n'échappe, qui sont toujours portés à juger désavantageusement des personnes qui les reprennent.

Dans toute leur conduite elles feront régner l'esprit de Dieu ; elles renonceront à leurs goûts, à la proximité, àl'inchnation naturelle, aux agréments personnels des filles qu'elles auront à gouverner, beaucoup plus à la familiarité et à l'apparence des amitiés particulières.

Elles jugeront de tout selon les maximes de l'Evangile, ne feront point acception des personnes, et n'estimeront que ce que Dieu estimera au jour de la récompense; elles détruiront autant qu'il leur sera possible, dans leurs personnes et dans celles des demoiselles, l'esprit du monde et tout ce qui tenteroit à l'entretenir ; elles auront un discours simple etrnaturel, des manières modestes et aisées.

Elles formeront de même les demoiselles, sans négliger de corriger tout ce qu'il y aura dans leur extérieur, mais ayant beaucoup d'application à tourner leur cœur vers Dieu, à leur faire aimer tout ce que Notre-Seigneuraaimé, h^r tout ce qu'il a hal , ce qui doit se faire pourtant avec sagesse et discrétion.

Pour se prémunir contre la dissipation et contre le découragement, qui sont les deux défauts qu'elles ont à éviter dans leurs emplois , elles seront fidèles

> Marie de Gautier de Fontaines fui la aiilèioe Dame de Saiotuia; cUedtMt vœui wlennels le 11 décembre 1693 etmoarut

30 LETTRES SUR L*£UUCAT10N.

de VOS malades. On dit que vous vous amusez trop à elles en particulier^ et que vous n'êtes pas assez occupée des soins du général \ on dit que vous n'êtes pas présente aux repas, et que vous faites faire des distributions par des converses qui s'en acquittent mal \ on dit que vous donnez trop à manger et que vous êtes trop bonne. Je vous conjure de regarder avec la sœur Anne * et M"' de Butery à la dose de quinquina que vous donnerez à vos demoiselles , et si effectivement elles le prennent. On m'a dit aussi qu'il y a des demoiselles qui font des façons pour prendre leur quinquina 5 ne souffrez point ces sottises-là dans une maison où l'on doit se conduire en tout par la raison. Je n'aurois pas souffert aux enfants du Roi la moindre résistance pour prendre une médecine \ et en leur assurant qu'elles étoient fort mauvaises, je les leur faisois avaler comme de l'eau. Quant à leur déjeuner, il faudroit donner du bouillon à celles qui en voudront, et du pain sec à celles qui ne veulent point de bouillon \ on peut leur donner quelques rôties au vin à la collation, mais non pas toujours, et quelquefois des biscuits. Les jaunes ne sont plus des enfants, mais il faut les conduire avec de la fermeté : occupez-les tout doucement 5 permettez -leur de la gaieté et de la conversation, quand elle est générale, mais ne souf-

le 19 janvier 1718. Elle était d'une trôa-grande beauté, et exerça souvent les charges d'infirmière, de portière, de maîtresse des converses. Elle avait une sœur, aussi Dame de Saint-Louis, qu'on appelait W^^ de Fontaines.

* Sœur de la Charité qu'on avait fait venir pour apprendre aux Cames de Saint-Louis 4 soigner les malades.

A NADAHS DU PÉROU (1686). 31

frez aucune liaison particulière. Adieu , je vous donne le bonsoir ; entrez dans l'esprit et dans les maximes de la maison, et comptez que le moyen le plus sûr pour se faire aimer des demoiselles est de s'en faire estimer.

(Ella Inidoiaidn iaalmctiaiitggrla condoili dnaoviciit*.) La 19 oiHobra ItSt.

Je suis persuadée de votre zèle et de votre capacité , et il faut employer l'un et l'autre pour notre chère maison ; il est vrai que je suis fort vive pour tous ses intérêts , et je crois même que je vais quel-

t Lettret édifiantes, t. I. 85< leUre, p. 379.

' Calhetine Travers du Pérou, née en 1066, morte en 1748. Elle avait élé élevée à Nolsy, et Tut l'une dei quatre pTemlèrci Dame* de l'InsUtut de Sainl'Loula. Ella Qt profesaion le 2 juillet 1 686, et quoiqu'elle D'eât que vingt ans, tut immédiateiiient nomtnée maîtresse dee novices, mais ^ous les ordres el la direcUon de H'BcdelIrinoii, qui remplit en réalité cette chnrge. La lettre 19 témoigne l'esUme que ll°" de Halntenon blsalt de ta capacité et l'espérance qu'elle fondait sur elle. Uoe du Pérou lut ea eSel l'une des lumiëree el des saintetés de la maison de Saint-Louis; elle en exerça continuellement lesploa Importantes charges et Fut nommée »^t loi» supérieure. C'est elle qui a écrit les Héroolrea sur la ouison de Saint-Louis, qui forment la plus grande partie des Mcmolles des Dames de Saint-Cjr. Elle était surtout remarquable par aon bon sens, sa droiture, son calme, sa fermeté, et ces qualité» n'exclnalent ni la candeur, ni la tendresse, ni la grâce.

• Le premier et le plus important travail que M™» de MainlenoQ eut i faire fut de créer des inalilutrica, et les inslrucllona qu'elle docHia pour le noviciat aant très-nambreuses el trèi-remarquables. On verra quelles qualités , quelles pertectiona elle eiigealt d(S demoiselles qui aspiraient k èlie Dames de Saint-Louis.

Sî LETTRES SLR l'ËUL'CATIUN.

([uefois jusqu'à l'impatience ; mais il me semble qu'il y a quelque raison à se presser et à se bien servir du temps favorable où nous sommes. Dieu sait que je n'ai jamais pensé à faire un aussi grand établissement que le vôtre, et que je n'avois point d'autres vues que de m'occuper de quelques bonnes œuvres pendant ma vie, ne me croyant point obligée à rien de plus, et ne trouvant que trop de maisons religieuses ; moins j'ai eu de part à ce dessein et plus j'y reconnois la volonté de Dieu, ce qui me le fait beaucoup plus aimer que si c'étoit mon ouvrage ; il a conduit le Roi à cette fondation, comme vous l'avez su, lui qui, de son côté, ne veut plus souffrir de nouveaux établissements '.

Il est vrai qu'autant que j'avois tremblé dans le gouvernement de Saint-Cyr, s'il avoit été fait par moi, autant m'y trouvois-je hardie, voyant qu'il avoit été fait par la volonté de Dieu, et que cette même volonté m'en a chargée ; aussi puis-je vous dire avec vérité que je le regarde comme le moyen que Dieu m'a donné pour faire mon salut, et que je sacriflerois ma vie avec joie pour qu'il y soit glorifié. Ce qui me presse souvent, et peut-être un peu trop quelquefois, c'est que je voudrois que tout fût bien établi avant la mort de M*"* de Brinon, la mienne et celle de M. l'abbé Gobelin, afin que l'esprit de la maison subsiste toujours malgré les oppositions qu'il trouvera peut-être dans l'avenir, car vous n'aurez jamais une supérieure plus habile et plus absolue, une amie plus zélée pour la mai- ' C'est-à-dire 4b nouveaux couvents ou élablissemenls relis'eaï-

son , ni un supérieur si saint que vous avez présentement.

Nous avons de plus toute l'autorité spirituelle et temporelle entre les mains, le Roi et Tévêque * sont prêts à faire tout ce que nous pouvons désirer 5 c'est à nous à mettre les choses dans l'état de perfection où nous voulons qu'elles soient pour toujours 5 une des choses qui s'y opposent le plus et qui nous donnent le plus de peine, c'est la facilité que M"' de Brinon a pour recevoir de mauvais sujets \ et vous devez toutes être fermes là-dessus, et en user sans complaisance et sans crainte : vous en rendrez compte à Dieu, et c'est une des plus importantes actions de votre vie.

Dans l'examen de vos filles, attachez-vous à la vraie piété, à l'esprit droit, au goût qu'elles ont pour l'Institut, à l'envie d'y devenir habiles, à l'attachement aux règles, à l'esprit de communauté, à réloignement du monde , voilà le principal pour une Dame de Saint-Louis, car pour l'humeur un peu trop prompte, comptez que nous avons les vices et les vertus de notre tempérament : celui qui fait prompte, fait active, vigilante, attachée au succès de ce que nous entreprenons-, celui qui fait douce,

^ L'évéque de Chartres. Saint-Cyr était alors dans le diocèse de Chartres,

' Cette expression n*a pas le sens qu'on lui donne vulgairement. ^Itne de Maintenon entend des novices reçues par complaisance et qui n'ont pas de vocation religieuse. En effet , M°*« de Brinon faisait de mauvais choix et inspirait aux novices « son esprit de grandeur et ses idées de dame importante » (Voir là-dessus VHist, de la maison de Saint-Cyr, ch. vi, et la Correspondance générale de Mn< de Maintenon).

34 iETTRES sua L^ÉDUfiATIOM.

fait nonchalante, paresseuse, indifiérente à tout, lente et insensible; la piété rectifie Tun et Fautre dans les suites, et assurément c'est là Vessentiel. Qui est plus prompte que M°"' de Brinon et moi ? et nous en aimez-vous moins? Vous me direz peut-être, et avec raison, que les inférieurs ont à souffrir de ces humeurs-là , mais je vous répondrai qu'il faut souf^ frir, et après tout, vous n'aurez de supérieures que celles que vous choisirez. En même temps que j'excuse les promptes, et peut-être par amour-propre, je vous exhorte bien à corriger le plus que vous pourrez cette humeur-là dans toutes vos filles.

Vous pouvez montrer tout ce que je vous mande à qui vous voudrez : plût à Dieu qu'il fût assez bon pour que vous en tirassiez toutes quelque profit. — Attendez mon retour pour M"* de la Motte (demoiselle de Saint-Cyr], afin que je fasse agréer sa sortie à M""* de Brinon , et cependant amenez-la là avecsoin.

Je n'ai pas le temps de corriger votre orthographe ^ vous y avez tant profité depuis quelque temps, que vous la saurez bientôt \ L'exactitude qui est établie à se rendre à la communauté fera un bien inconce-

^ Voir la note 3 de la page 19. Il faut ajouter que Ton n'attacbait alors à cette science qu'une médiocre importance et que les gens les mieux élevés, même les beaux esprits, y mettaient beaucoup dMnexactitude. M>^^ de Maintenon disait : « que pourvu qu'on ne fit pas de fautes grossières sur cette matière, on passoit aisément aux femmes les autres manquements ; elle disoit même que quand on auroit su parfaitement tout ce qui est de cette sorte de science, il ne faudroit pas s'en servir exactement en écrivant des lettres, que cela sentoit trop la pédanterie dans une personne de notre sexe et Tenvie de faire la savante » (Mém. des Dames de Saint-Cyr).

A MADAME DE BRlNON (1686). 35

vable à la maison. Il n'y à pas à hésiter à faire le chapitre aux postulantes et à les éprouver par' des mortifications ; nous avons tant voulu ôter les manières de couvent, que nous ferions à la fin une maison particulière dont on se trouveroît mal dans la suite. Parlez là-dessus à la supérieure et établissez ce chapitre au plus tôt. Vous le pouvez faire dans votre réfectoire, on, s'il y a quelque diflBculté, je vous offref tout mon appartement à choisir.

Agissez de concert avec la supérieure •, elle a bien de l'esprit et de la vertu , et il faut tâcher d'amener les autres à votre point. Adieu, ma très-chère fille.

(Sar le même sajet. )

Décembre 1686.

Quoique vous soyez beaucoup plus instruite que moi , je ne puis retenir mon zèle pour le bien de Saint-Cyr, et je vais vous dire tout ce qui me viendra dans l'esprit pour vous aider à former vos novices \

Il n'est pas besoin avec vous de poser pour principe que tout dépend de leur piété : je sais que vous comptez le reste pour rien -, mais il faut ne rien oublier pour leur inspirer une piété droite , ferme, courageuse et simple.

Apprenez-leur la religion dans toute sa grandeur : faites-leur voir quelle est en esprit et en vérité 5 qu'elle ne consiste point dans les seules pratiques extérieures ni dans une observance judaïque de la

* Lettres édifiantes, 1. 1, SÔ*' lettre, p. 389. ^ Voir la note ) de la page 31,

loi, miûs qu'elle doit être dans le cœur ; que c'est elle qui doit entrer dans toutes nos actions, qui doit les animer et les régler, depuis les plus importantes jusques aux plus petites.

Qu'il faut être soumise , fidèle à toutes les pratiques de la religion, mais sans gène et sans scrupule. ' Qu'on doit juger de la cause par les effets; que notre salut n'est pas attaché à la seule spéculation, mais qu'il &ut éviter le mal et faire le bien.

Qu'il faut commencer par l'éloignement de tout péché; c'est la première obligation, et, sans celle-là, toute la piété n'est qu'illusion et amusement. '

Que la volonté doit être absolument gagnée et déterminée à servir Dieu le reste de sa vie, quoi qu'il TOUS en coûte.

Jusque-là vous ne pouvez compter sur une fille; i! n'y a que cette volonté entière qui fait entrer dans la voie sainte et qui fait avancer chaque jour.

Que la pureté de votre conscience et le zèle pour leur perfection ne vous fasse pas écarter de la vérité : ne leur donnez pour péché que ce qui est péché mortel, véniel, fautes; nommez les choses par leur nom autant qu'elles peuvent être décidées, mais ne décidez pas hardiment.

Conduisez-les à Dieu par le chemin de l'amour, et faites-leur voir que, quand le cœur en est rempli, on ne ménage plus rien, on donne tout, et on ne demande ni le plus ni le moins, parce qu'on veut tout donner et tout faire.

Servez-vous de cette comparaison si connue, mais si juste, qui est ce que nou^ sommes capables de fure

38 LETTRES SUR l'CDCCATION.

Le caractère d'une novicç doit être une bonne ro- Ion té et une ferveur que vous soyez obligée d^arrèter ; qu'elles veulent tout, qu'elles croient ne rien faire, et qu'elles volent aux pratiques intérieures et exté* rieures.

C'est à vous à les ménager et à leur faire désirer d'aller plus loin *, mais une novice qu'il faut exciter et qui fait le moins qu'elle peut sera , selon toutes les apparences, une mauvaise professe.

Qu'elles soient détachées des aises du corps : nourrissez-les durement dans tout ce qui n'intéresse pas leur santé essentiellement. Qu'elles négligent leur personne le plus qu'il sera possible, sans être singa* lières ou malpropres; mais ne leur souffrez pas le moindre soin, ajustement ou affectation. Observez ce qu'elles font dans les moindres choses : on doit juger des grandes par les petites. Celles qui ont de l'ordre dans ce qu'on leur confie, qui sont propres, qui sont arrangées, soigneuses, exactes, seront capables pour notre maison.

Mais, madame, ce que je ne puis vous recommander assez, c'est l'esprit de simplicité : qu'elles soient sincères, franches, ennemies des moindres dupUcités. Suivez cette idée en tout : voyez si elles sont fines ou si elles veulent l'être; si elles sont de bonne foi dans leur conduite et dans leurs conversations, car cette droiture de cœur, qui est la simplicité, se remarque en tout; si elles sont capables d'avouer leurs faiblesses, leurs fautes; si^ dans leur confiance, elles ne retiennent rien; si elles disent le bien qui est en elles comme le mal quand on leur demande ; car la sim-

pUcité est ingénue et ne cherche que la vérité, sans vouloir se louer ni se blâmer.

Voyez où elles se portent naturellement , et observez-les avant de leur ouvrir T esprit sur toutes ces délicatesses , de peur qu elles ne songent à vous les montrer pour vous tromper.

lnstruisez*les de ce qui est nécessaire et solide *, ne donnez rien à leur curiosité ^ empêchez les grands raisonnements , rai&nements , objections , et tâchez ' de démêler si c'est la vérité qu'elles cherchent ou si elles veulent disputer pour se divertir, pour embarrasser ou pour montrer leur esprit.

Si la simplicité est nécessaire et aimable dans la société, elle est encore d'une plus absolue nécessité dans la piété.

N'oubliez rien pour les faire marcher dans cette voie; qu elles prennent un confesseur, qu'elles n'en changent pas que par de bonnes raisons, qu'elles lui soient soumises en tout ce qui n'est pas mal, et qu'elles ne parlent jamais qu'à vous de la manière dont elles sont conduites et quand cela sera nécessaire.

Attirez leur confiance pour les mener à Dieu, mais ne les accoutumez point à traiter souvent de leur intérieur^ donnez-leur des maximes fortes, Ubres*, faites taire leur esprit et animez leur cœur.

Donnez-leur des pratiques d'oraison sans raffinements; qu'elles y soient simples dans la présence de Dieu \ qu'elles méditent les vérités qui leur sont proposées , s'abandonnant à son amour , soit sensible, soit languissant*, qu'elles y prennent des résolutions j

tes à y donner tout le temps prescrit.

Qu'elles n'en parlent jamais entre elles et ne leur en parlez pas souvent ; cela les accoutume k parler trop d'elles, à s'occuper d'elles-mêmes, et les fait entrer dans des raisonnements inutiles et dangereux.

Henez-les simplement, gaiement et humblement, par cette voie d'amour, d'abandon, de bonne volonté et de bonne foi dans tout ce qu'elles font.

Occupez-les beaucoup, accoutumez-les au silence; qu'elles se divertissent innocemment, et ne leur Ifdssez guère de temps pour les conversations entre elles.

Retenez-les sur les exercices de piété qui ne sont pas de la règle ; accordez-leur-en quelquefois , mais toujours comme des grâces, et allez au-devant de cette lassitude où l'on tombe quand on a trop fait en commençant

Inspirez-leur cette dévotion dont nous parlions l'autre jour, qui est de suivre l'esprit de l'F^Use en s' occupant des mystères dans le temps qu'elle & marqué.

Elles passeront leur année bien saintement si elles se préparent à la venue de Notre-Seigneur, si elles le reçoivent de tout leur cœur, si elles l'adorent avec les bergers, si elles lui offrent tout avec les rois, si elles vivent dans la soumission et dans la retraite avec lui, si elles travaillent, souffrent, meurent, et ressuscitent avec lui.

Je garde votre lettre pour parler de ce que vous memarquez quand j'irai au noviciat; je ne demande qu'à vous aider en tout, autant que j'en suis capable.

foui aller preudre le» MUK de Bouibon .

42 LETTRES SLH l'EDUCATION.

faut faire notre possible pour la mettre en état de se passer de nous. Je suis bien contente des principales de nos Dames : leur gouvernement ne cessera pas si tôt, et je crois que M°** de Brinon sera longtemps à se remettre. Dieu soit loué de tout, il sait mieux que nous ce qu il nous faut. Tout est ici en parfaite santé ; j'y ai plus de repos qu'à Versailles, à cause que je n'ai pas Saint-Cyr ^ je voudrois de tout mon cœur le secourir de plus près, et je ne saurois me lasser des peines qu'il me donne. Dieu veuille me faire faire une provision de force pour me moins dissiper dans l'action et dans l'embarras de la vie que je fais à Versailles-, demandez-le pour moi et me continuez vos bontés, je vous en prie.

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