INSTRUCTION DE MADAME DE MAINTENON
138».— liNSTRUCTION DE MADAME DE MAINTENON
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( iM*"® àe la Viefville, au sortir de Saint-Cyr, s'étant faite religieuse à l'abbaye d'Argenaol, de Tordre de Saint-Bernard, fut nommée abbesse de Gomerfontaine, lorsqu'elle n'avoit encore que vingt>huit ans. La première chose qu'elle fit fut de demander à W^^ de Maintenon ses avis et l'honneur de sa protection. Madame fut si touchée de sa vertu, de sa piété et de ses bonnes intentions, pour rétablir la régularité de son abbaye, qui avoit souffert de grandes atteintes pendant les vingt dernières années de l'abbesse précédente, qu'elle résolut de l'aider eu tout ce qu'elle pourroit. Elle commença par lui donner Ml^« d'Anmale pour aider à bien élever les pensionnaires et pour l'assister de ses conseils. Cette demoiselle s'étoit déji acquis une estime et une confiance particulières dans notre maison, où on l'avoit retenue après ses vingt ans pour servir de maîtresse dans nos classes, où elle réussissoit à merveille. Madame voulut bien y joindre encore quelques demoiselles, et avant leur départ, elle eut la bonté de leur donner les avis suivants, adressant principalement la parole à Mlle d'Aumale, comme devant être l'aide et le conseil de Ni°^ l'abbesse. » (Note des LeUreê et ÂvU, p* sis.)
Septembre 1705.
Il faut, mademoiselle, vous servir, en cette occasion que Dieu vous présente de travailler pour sa gloire, de toute la piété et la raison qu'il vous a données,
^ Lettres et Avis, p. 125. — Lettres édifiantes, t. V, p. 382.
' Mile d'Aumale était une élève de Saint-Cyr, que M^e de MainteDon avait prise auprès d'elle comme secrétaire après qu'elle eut marié MU^ d'Osmond au marquis d'Havrincourt. C'était une personne très-instruite, qui s'acquit bientôt, par son esprit et sa sagesse, toute Tamitié de Mm« de Maintenon et les bonnes grâces du Roi. « Elle est très-intelligente sur tout, disait Mme de Maintenon, et capable de toutes les choses d'esprit et de celles qui sont les plus basses. Je lui ai fait apprendre la cuisine, et elle réussit aussi bien à faire du riz qu'à jouer du clavecin » (Lettres et Avis, p. C7 7 et 685). Elle refusa les plus beaux partis, et demeura avec M^e de Maintenon Jusqu'à sa mort. Elle a laissé des Mémoires manuscrits qui se retrouvent en grande partie dans ceux des Dames de Saint- Gyr et dans les Souvenirs de M^e de Caylus.
* Mm« de Maintenon , en fondant Saint-*Gyr, n'avait pas voula
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et d'employer utilement pour le bien de la maison où vous allez la capacité et les talents dont vous êtes remplie. Vous serez maîtresse des pensionnaires; attachez- vous fortement aux choses essentielle^, qui sont de les rendre pieuses, raisonnables, bien instruites de leur religion, sachant bien lire, bien écrire, bien travailler, et ne vous amusez point à mille petites choses indifférentes, que nous avons établies ici pour faciliter le gouvernement d'un si grand nombre d'enfants à la fois, comme la séparation des bandes , le rangement au chœur et dans ks classes, etc. Tout cela importe peu, pourvu que ¥0us réussissiez à les rendre de bonnes chrétiennes, et à leur donner un bon esprit. S'il y a quelques grandes pensionnaires, tâchez de vous en faire aimer, pour leur pouvoir plus aisément inspirer le bien, et même les porter, s'il est possible, à vous aider à bien élever les enfants dont vous serez chargée, ou au moins à être de quelque secours à la maltresse. Evitez cependant avec soin les amitiés particulières avec aucune d'elles -, gagnez-les toutes en leur marquant la même amitié et la même atten-
Beulement soulager la misère de deux cent cinquante familles nobles et élever deux cent cinquante demoiselles ; elle voulait en faire une sorte de séminaire, dont les élèves iraient porter dans les coa* vents ou dans les familles l'instruction et les vertus qu'elles y auraient acquises^ ou comme elle le disait, «qui multiplieraient l'éducation de Saint- Cyr, » — U y a, s^outait-elle, dans rinstitatde 3aiDt*Louis, de quoi renouveler dans tout le royaume la perfec- UoQ <}u christianisme. » Elle s'efforça donc de créer 4es succursales de Saint-Cyr , et les deux principales furent Vabbaye dç, Gomerfontaine et le prieuré de Bisy (Voir VHUt, de la maison royale de Saint-Cyr, ch. xu).