‹ Lettres sur l'éducation des filles (volume 2)Chapitre 33 sur 49 · DE M. DE LA CHÉTARDIE · texte numérisé non relu

DE M. DE LA CHÉTARDIE

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Je ne crois pas, madame, pouvoir me dispenser de vous faire mes très-humbles actions de grâces de tout rhonneur, de toute la consolation et de toute rédification que j'ai reçus de Saint-Cyr. Comme j'ai eu toute ma vie un attrait particulier pour Tinstruction, que je m'y suis appliqué de longues années, que j'ai lu tous les livres que j'ai pu recouvrer làdessus, et composé même des traités sur ce sujet , il me semble que j'en puis mieux juger que beaucoup d'autres. Mais votre ouvrage, madame, excelle pardessus tout ce que l'esprit môme pourroit se figurer là-dessus , et tout ce qu'on pourroit désirer est audessous de ce qu'on voit dans votre maison : des enfants sérieux sans gêne, joyeux sans puérilité, modestes sans affectation, savants sans ostentation, pieux sans fausse dévotion, où l'on a trouvé le secret de cultiver l'esprit dès qu'il commence à paroître et de le former à mesure qu'il se produit, où les exercices sont proportionnés à l'âge et aux forces, les talents perfectionnés, les défauts redressés, les tempéraments ménagés, la conduite sage, attentive, modérée, qu'une longue expérience et une raison éclairée et non une vaine spéculation de cabinet

* lettres édifiantes, t. VI, lettre 78.

* M. de ]a Gbétardie, curé de Saint-Sulpice , devint, après la mort de l'évéque de Chartres et par le conseil de celui-ci, le directeur de Bfo^c de Maintenon.

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ont produit; enfin, madame, il me semble que vous tirez des enfants de votre sexe tout ce qu'on en peut tirer, et que jamais Vidée de saint Jérôme et des anciens, ni le soin des premières dames qui formèrent autrefois les monastères et les communautés de vierges, n'ont approché de ce qu'on admire chez vous-, ce que je dis, madame, après y avoir réfléchi et sans aucune flatterie ni complaisance Enfin, madame, je m'en revins charmé -, il m'a fallu quelques jours pour bien revenir à moi et pour vous savoir débarrassée de ce grand mariage^, afin de me donner l'honneur de vous remercier, madame, et de vous exposer une petite portion de ce que j'avois dans l'esprit sur ce que j'avois vu. Je n'ai pu attendre la réponse que je ferai bientôt à vos deux derniers mémoires, à vous marquer, madame, l'estime que je fais de la grâce qui vous a été donnée et mon profond respect.

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