‹ Lettres sur l'éducation des filles (volume 2)Chapitre 8 sur 49 · PRÉFACE. XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIX

officières, et par un conseil du dehors, composé d*un conseiller d'État, d'un avocat au parlement de Paris, et de l'intendant de la maison.

La maison jouissait, à l'époque de la révolution, de quatre cent quatre-vingt seize mille livres de revenu.

Elle fut supprimée par la Convention en 1793.

LETTRES

1>. — A MADAME DEBRINON»,

A VONTlfORBNCT.

Fontainebleau, ce 3 juin 1680.

Je reçois toujours vos lettres avec plaisir, madame, quoique je n'y réponde pas aussi régulièrement que je le désirerois, et je me souviens très-souvent, et de votre mérite, et de l'amitié que vous avez toujours eue pour moi-, nous en parlons avec vos amis

1 Lettres édifiantes de M^ne de Maintenon, t. I, 45<> leUre, p. 1 90 (Voir sur ce manuscrit des Dames de Saint-Cyr la Préface).

^ Marie de Brinon, religieuse ursuline du couvent de Lihon, diocèse de Rouen. « Cette dame avoit été obligée de sortir de son couvent à cause qu'il étoit tombé dans une pauvreté extrême ; on en sépara les religieuses, et Mme de Brinon vint demeurer aux environs de Montchevreuil, où M™® de Maintenon la vit et goûta son esprit et sa piété. Cette religieuse voulant s'adonner, selon Tesprit de son institut , à l'éducation des filles , Mme de Maintenon lui donna des pensionnaires, et, pour l'avoir plus près d'elle, elle l'engagea à s'établir près de Paris. La religieuse s'étant associé deux ou trois autres du même ordre , établit sa pension près de Montmorency, et là forma des filles que M^e de Maintenon lui confioit. Au bout de deux ans, M™® de Maintenon la trouvant trop éloignée» la transféra à Rueil, afin d'être plus k portée d'aller visiter plus souvent cette école , et veilloit à l'éducation qu'on y donnoit aux enfants » (Note des Lettres édifiantes, 1. 1, lettre 45}. Cette école de Montmorency fut le berceau de Saint-Cyr, dont Mme de

A MADAME DE BAINON (l682). 3

(Sur les enfants qu'elle élevait à Raeil aux dépens de Mme de Main tenon '. )

Octobre 1682.

Je n'ai pu encore vous témoigner la joie que j'ai d'être rapprochée de vous , l'envie que j'ai de vous voir et ma reconnoissance du beau présent que vous m'avez fait pour ma fête; je voulois vous renvoyer le saint François, aimant mieux parer votre autel que ma chambre, mais depuis que j'ai appris que c.'étoit une rareté et même une relique , j'ai résolu de le garder toujours et de ne le quitter que le moins que je pourrai. J*ai écrit à Maintenon pour avoir du lin, et j ai grande impatience de me trouver dans cette étable ^ ; je suis ravie de ce que l'on m'aime chez vous plus que l'on ne me craint , et je verrai vos enfants avec un grand plaisir. J'embrasse M"' de Saint-Pierre*, et je lui porterai de l'argent au premier jour; il me semble qu'il n'y a guère que je vous ai payé toutes les pensions, et cependant nous touchons au jour de l'an ; tout cela conclut que le temps passe vite. Vous m'embarrasses tout à fait touchant le Saint-Sacrement ^ ; vous savez mes sentiments qui n'ont pas changé un mo-

* Lettres édifiantes, t. 1, 63« lettre, p. 239.

* Les sommaires qui se trouvent ainsi en télé des lettres sont tirés des Lettres édifiantes et autres manuscrits des Dames de Saint-Cyr.

s Oa logeait les pauvres enfants, faute de bàtinnent, daoft une étable.

^ C'était une ursuline qui aidait M°^e de Brinon.

s nine (le Brinon deuiaudait d'avoir une chapelle dans .sn maison et d*7 faire dire la meàst\ elle flDlt par Tobtentr.

damment de moi, et croyez que je souffre plus que vous quand je vous refuse quelque chose.

Quand je vous propose d'dter Marie Qiéron, c'est pour son instruction^ je ne me souviens plus si ella a fait sa première communion, et il n'en faut point 6ter qu'elle n'en ait fait plusieurs chez vous.

Je vous prie que personne ne sache que j'irai demain chez vous; faites en ma faveur quelque petit régal à nos petites sœurs, et que je les voie dtner eu bon ordre. Vous savez que je vous ai toujours demandé que l'on ne dérangeât rien pour moi; que l'on ne s'aperçoive pas que j'arrive ; j'irai tout droit faire le catéchisme ; n'y venez que quand vous n'aurez plus rien à faire, et traitez-moi en tout comme une personne de la maison. Adieu, madame, faites seulement une réflexion sur tout ce que vous me mandez, qui est que votre maison roule sur votre tétfi et la mienne qui sont très-mortelles.

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