‹ Lettres sur l'éducation des fillesChapitre 10 sur 61 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

qu'elles soient : les temps sont changés; le nôtre ne s'accommoderait pas de cette éducation où Tinstruction proprement dite n'était que secondaire, et entièrement sacrifiée à la manière de former le cœur, la raison, le caractère, où cette éducation dans son ensemble et ses détails était toute religieuse, où elle consistait presque uniquement dans le travail des mains , les soins du ménage, les lectures de piété. Nos maisons d'éducation ne pourraient supporter les prescriptions si austères, si minutieuses, si absolues qu'on trouvera dans ces lettres, ces nombreuses pratiques religieuses, cette clôture complète, cette privation de toute liberté pendant douze à treize ans, le soin qu'on prenait des demoiselles à chaque heure , à chaque moment , qui faisait que chacune d'elles était instruite, formée, dirigée, encouragée, corrigée en toutes choses par des institutrices saintement dévouées à cette œuvre, qui ne les perdaient pas de vue un seul instant , qui variaient leurs soins, leurs instructions, leur vigilance d'après les caractères, les âges, les circonstances. Mais quelque étrange et sévère que cette éducation puisse paraître, je crois qu'à ceux qui regardent à la manière dont les femmes sont aujourd'hui élevées, aux résultats de cette éducation de luxe et de plaisirs, non-seulement pour le foyer domestique, mais encore pour la société et la vie politique, à l'avenir et aux hommes qu'elle prépare à la France, elle inspirera d'amères réflexions ; qu'elle leur fera préférer cette éducation, pour ainsi dire virile, qui purifiait les mœurs privées et enfantait les vertus publiques; qu'elle leur fera estimer et regretter cette œuvre de M"* de Maintenon qui a empêché pendant un siècle la corrup-

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