FRAGMENT D'UNE INSTRUCTION
PS BADAKS OB ■AIHTBIfOIf AUX 11AITRBS8K8 DB HOIST '.
Qu'on leur fasse entendre ce qu'on leur dit et ce qu'on leur lit.
Qu'on leur apprenne à parler françois, mais simplement.
Qu'elles écrivent de même.
Qu'on leur parle chrétiennement et toujours raisonnablement.
Qu'on les reprenne continuellement , mais avec douceur et patience.
Qu'on égayé souvent leurs instructions.
Qu'on ne leur en fasse point de trop longues.
Qu'on les élève en séculières, bonnes chrétiennes,
^ Lettres et Avis de M^^ de Maintenon aux religieuses de Saint'Louis sur les devoirs de leur état et le gouvernement des classes, p. 131 (Voir sur ce manuscrit la Préface).
' L'école de Rueil fut transférée, en 1684, au château de Noisy, que le roi donna à cet effet à U^^ de Maintenon ; il y payait les pensions de cent pauvres demoiselles. L'établissement prit alors une grande importance (Voir VHist. de la maison royale de Saint-Cyr,t\\, m).
10 I.ETTRE8 8UR L'ÉDUCATION.
sans exiger d'elles des pratiques religieuse» *, comme de n'oser lever les yeux.
Qu'elles ne fassent point de déclarations publiques de leurs fautes.
Qu'on ne les fasse point mettre à genoux en toutes occasions.
Qu'elles se réconcilient 3eulement comme les chrétiens doivent faire quand ils se sentent offensés les uns aux autres.
Qu'on les aime toutes également.
Qu'on leur inspire une grande horreur pour le monde, sans qu'elles puissent croire que c'est pour les porter à être religieuses, mais qu'on lei^r explique les avantages de la religion ^.
Elle la consulte sur la forme qu'on doit donner à rétablissement
de SaiQt-Cyr.)
Ce mardi matin, août 1685.
Je vous vois souvent, mais je ne vous parle guère, c'est pourquoi je me sers de ce moyen-ci pour vous dire qu'il est fort question de l'établissement de Saint-Cyr^ je vous prie donc d'en faire un projet le plus tôt que vous pourrez , sans complaisance pour
^ Cest-à-dire de couvent.
' C'est-à-dire de la vie religieuse.
' Lettres édifiantes, t. I, 67« lettre, p. 302.
♦ L'établissement de Noisy ayant réussi , M^ae de Maintenon conçut ridée d'en faire une fondation durable ; elle obtint de Louis XIV, le 15 août 1685, la création de l'Institut de Saint-Louis, k Saint- Cyr, et consulta W^^ de Brinon sur la foruie à donner & ce grand ouvrage.
À MADAME Ùfi finiNOl^f (1685). 11
ce que vous m'avez vu penser là-dessus, maïs tel que vous le feriez si c'étoit vous seule qui en fussiez chargée. Ne le faites point en idée 5 entrez danâ tous les détails.
Savoir, si ce sera des religieuses ou des séculières qui les gouverneront?
Combien vous jugez qu'il faut de personnes pour ce gouvernement?
Quelles charges vous voulez remplir?
Si en subalternes dans les charges, vous vous aiderez des demoiselles, ou si vous voulez des religieuses partout?
Si la règle des religieuses peut èomJ)atir à vivre , par rapport aux demoiselles, satis avoir ni retraite, ni office particulier, ni réfectoire, en un mot, comme il faut dans notre maison ?
Si on y mettra la clôture entière, comme dans un couvent régulier?
Si on aura des servantes ou des sœurs converses?
De quelle manière les prêtres seront , et si un suffit?
A quel âge vous voudriez vous défaire des demoiselles? En cas que vous ne vouliez point de couvent, de quelle manière on pourroit arrêter des demoiselles ' ?
Si des vœux simples peuvent les arrêter suffisamment pour que Ton puisse établir le gouvernement spirituel et temporel sur elles?
Si vous voulez un couvent, de quelle manière le faire?
* G'est*à-âire les engager à rester comme institutrices*
Voyez même si vous ne feriez pas deux projets, un pour des religieuses, et Tautre pour former une communauté de nos demoiselles ?
Il est très-inutile de vous dire de faire cet ouvrage devant Dieu, sans penser à votre intérêt, sans songer à placer nos demoiselles, et aussi sans oublier vos talents. Adieu, ma très-chère : voilà ce qui m'occupe et qui en vaut la peine-, car, si nous nous abandonnons entièrement aux autres, je ne crois pas que les choses en aillent mieux.