A M. L'ABBÉ GOBELIN
(EUo le consulte sur la maison de Saint-Louis.)
A Fontainebleau, i687.
J'ai bien de la joie de ce que vous vous portez mieux et de Tespérance où vous êtes de pouvoir bientôt retourner à Saint-Cyr ^ les Dames m'ont écrit combien elles sont affligées de votre absence 5 Dieu permet tout l'abandon où elles sont pour leur bien^. J'ai reçu l'explication de l'évangile que vous m'avez envoyée, que je trouve parfaitement bien : on pourroit s'étendre un peu plus dans un détail propre aux auditrices. Je crois que si vous en faisiez autant sur tous les épîtres et évangiles de l'année, que ce seroit une chose très-utile pour la maison ^ nous le ferions transcrire en belle écriture. L'état où nous avons vu M"® de Brinon m'a fait penser à tout^ et comme la maison n'est fondée ni pour elle, ni pour moi, il
* Lettres édifiantes, 1. 1, 95® lettre, p. 438. 2 Mï»e de Maintcnon était malade, et M™e de Brinon absente pour aller prendre les eaux de Bourbon.
faut faire notre possible pour la mettre en état de se passer de nous. Je suis bien contente des principales de nos Dames : leur gouvernement ne cessera pas si tôt, et je crois que M"** de Brinon sera longtemps à se remettre. Dieu soit loué de tout, il sait mieux que nous ce qu'il nous faut. Tout est ici en parfaite santé ; j'y ai plus de repos qu'à Versailles, à cause que je n'ai pas Saint^^yr-, je voudrois de tout mon cœur le secourir de plus près, et je ne saurois me lasser des peines qu'il me donne. Dieu veuille me faire faire une provision de force pour me moins dissiper dans l'action et dans l'embarras de la vie que je fais à Versailles; demandez-le pour moi et me continuez vos bontés, je vous en prie. / •