PRÉFACE. V
Maintenon qui court familière, naturelle, négligée, pleine d'ampleur et d'incorrection, mais toujours nette, précise et simple, il substitue son arrangement, son esprit, sa pensée, son style, même le trait, la raillerie, l'agrément du dix-huitième siècle. D'autres fois, il se contente de couper une lettre en plusieurs parties, ou bien de prendre à droite ou à gauche des fragments exacts dont il fait une lettre, puis il corrige ou arrange le style, maïs sans toucher au fond de la phrase. En un mot, le texte de La Beaumelle est tantôt un abrégé, tantôt une paraphrase, tantôt une traduction du texte de M™* de Maintenon. Enfin tout cela est généralement fait à la hâte, étourdiment, sans ordre, sans travail, et renferme quelquefois les plus étranges erreurs*.
A cette'coUeclion si mensongère, si incomplète, j'ai l'ambition de substituer une collection ' faite, soit avec des autographes, soit avec les manuscrits des Dames de Saint-Cyr. Malheureusement il est certain que La Beaumelle a quelquefois puisé à des sources qui sont aujour-
tenon à Mn>ed'Havrincourt( cette lettre fera partie du volume ayant pour titre: Conseils aux jeunes filles, etc.), en mettant en regard le texte vrai des manuscrits et le texte altéré de La Beaumelle. Je pourrais multiplier ces exemples, mais ils sont si nombreux que les notes seraient plus considérables que le texte. D'ailleurs ces altérations concernent principalement la Corres" pondance générale ou les Lettres historiques, et dans la préface de cette Correspondance, j'entrerai dans plus de détails.
^ Il en est qui sont de telle nature que je ne puis les citer. Ainsi on peut voir, tome VI, page 260, ligne 17 (édit. de 1757 ), lettre 150, à Mme de Caylus, la manière dont il traduit ou transforme les mots duc et pair.
' Jedevraisplutôtdire une série de volumes séparés, comprenant la plus grande partie des écrits de W^^ de Maintenon. La législation sur la propriété littéraire obligeant les éditeurs à publier