DE L'ÉVÉQUE DE CHARTRES
A MADAVK DB VONTAITTES, 8DPRRIBCRB BB LA MAISOIT DB SAINT-LOUU.
Je me suis fait lire avec un grand plaisir les Conversations^ de Saint-Cyr-, je ne trouve rien de plus sensé ni de plus divertissant. Si M"* de Main tenon y consent, je serai reconnoissant jusqu'à y mettre mes réflexions, s'il y a quelque chose qui mérite ma révision et ma censure. Je ne sais rien de plus propre aux enfants, pour leur insinuer la sagesse, et tout se sent dans ces écrits de la source dont ils viennent. Il faut former la raison des jeunes gens, les dresser aux devoirs de la vie civile, leur apprendre les bienséances que la religion approuve ^ et tout doit être, comme je le vois dans les écrits que vous m'envoyez, traité selon les lois de la philosophie du monde, mais rectifié par la piété et subordonné aux
* Jnstruct. de Vévêque de Chartres, p. 60 (Voir, sur ce manuscrit, la Préface ) .
* Les Conversations ou dialop;ues coropoe^s par M°>e de Maintenon pour rinstructloQ des demoiselles de Salnt-Cyr. — « Ces Conversations , dit Languet de Gergy , pleines d'esprit , de sentiment, de reparties vives et agréables, sont préparées pour chaque classe et proportionnées h Tage des enfants. Le roi et les princes qui l'acconipagnoicnt dans ses visites à Saint-Cyr goûtèrent beaucoup ces exercices, et M™® de Maintenon en. prépara quelques-uns, où elle faisoit entendre aux uns et aux autres de bonnes vérités » {Mém. manuscrits^ t. 1). — Les Conversations ont été publiées en 1757, sous le titre de : Loisirs de 3f»»e de Maintenon, M. de Montmerqué en a donné une édition nouvelle en 1828. Nous les publions à la suite des Conseils aux jeunes fiffrs qui entrent dans le monde.
grandes règles du christianisme^ où tonte instruction de la jeunesse bien élevée doit toujours tevidre comme à sa dernière fin, leur faissuit entendre que nul effort de la raison, nulle étude de la morale ne peut nous mettre au-<lessus de nos passions que la grâce de Jésus-Cbrist, comme il parait par ces sages tant vantés des siècles passés 5 ce que je vois pratiqué avec grand soin dans les écrits judicieux que vous m*envoyez. C'est un grand secret que d'apprendre aux jeunes gens la sagesse en les divertissant.