‹ Lettres sur l'éducation élémentaire et pratique [microforme]Chapitre 16 sur 55 · LETTRE XVII · texte numérisé non relu

LETTRE XVII

64. Pour empêcher fe peuple de faire peu de cas de l’éducation, ct créer chez lui de l’intérêt pour l'instruction, et lorsqu’il s’y intéressera, l’engager à envoyer les enfans à l’école, il faut avoir recours à une contribution pécuniaire, par la voie d’une taxe directe.

65. L’on objectera qu’une taxe directe sera impopulaire, qu’elle excitera le peuple contre le fonctionnement du système, et qu’en conséquence on ne pourra atteindre l’objet en vue.

66. En réponse à ces objections, qu’il me soit permis de soumettre les observations suivantes. Une taxe directe n’est pas toujours, même pour celui qui la paye, un mode embarrassant ou onéreux de prélever un revenu quelconque, et si de même que dans le cas présent, comme on le fera voir, le peuple a moins à payer pour procurer aux enfans, une bonne éducation, qu’il n’aurait eu à contribuer indirectement, sous l’empire d’autres systèmes, tout en ne leur fesant donner qu’une mauvaise éducation, il est clair alors qu’il est plus avantageux de taxer directement.

67. Outre la taxe directe que ne ressentira que très légèrement, chaque père de famille, on devrait imposer une amende à chaque parent qui n’enverrait pas ses enfans à l’école, le produit de ces amendes, devant être appliqué à l’achat de livres pour Pusage des écoles.

68. Ceux mêre qui n’approuveront pas le mode que je suggère, conviendront toutesfois, que ce sera le moyen de forcer les parens d’envoyer leurs enfans à l’école. Si après tout, il y a quelques murmures, ils seront de courte durée, et les avantages que procurera aux parers et aux enfans, l’éducation utile que l’on donnera à ces derniers, indemniseront bientôt et abondamment, de la mauvaise humeur passagère occasionnée par le mode que je suggère.

69. Il me parait que si toutefois, la taxe directe est d’abord impopulaire dans certains quartiers, ce ne sera dû qu’au défaut d'éducation de nombre de parens, et leur incapacité à apprécier les bienfaits de Pinstruction. Faut-il donc attendre que la présente génération grandie ait disparu, pour proposer un système dont l’objet est de remédier au mal présent, et parer aux malheurs futurs encore plus grands.

70. Dans ma prochaine lettre, je ferai voir clairement, que sous une administration convenable, les parens ont tout à gagner dans le présent système, sur les précédens, si on leur fait payer une taxe directe.

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aire en- LETTRE XVIII.

) = das 71. Comme il est clair que dans l’étât actuel de la société dans le Bas-Caf nada, une taxe directe est nécessaire pour créer cet intérêt pour l'éducation de la jeunesse, dont le défaut se fera ressentir à un haut dégré pour quelques tems, je vais maintenant faire voir que loin d’être par là fatigués, les parens auront à payer beaucoup moins, que sous le régime des systèmes precédens.

12. Pour mieux faire comprendre ceci, prenons le bill d’éducation de 1836

et créer qui était fait pour répondre, et dont les dispositions répondaient mieux aux begager à soins du pays, qu'aucun de ceux qui l’avaient précédé. uniaire, 43. Dans ce système, le pays devait être divisé en 1,658 districts ; divisons le en 1300 districts, afin de mieux saisir les calculs suivans que j’ai empruntés itera le au Rappert ci-après mentionné. L’on a calculé que, terme moyen, (*) dans pourra chaque école, 50 enfans la fréquenteront. constamment. Prenant en considération, le montant du fond pour les écoles, celui qu’il faudrait former pour complés obser- ter la somme nécessaire pour faire face aux dépences de l’établissement entier, i qui la y comprises les écoles tant normales qu’élémentaires, les allocations pour les ique, et districts indigens, l’achât des livres, etc., l’on calculait dans le système de 1836, noins à | que pour éduquer 33,160 enfans, il en coûterait, £71,000 par an ; tirant par là contri- | de la poche des habitans annuellement, dans les campagnes, £30,600 qu’auraient nt don- eus à payer, tout ou plus 33,160 parens, ce qui eût fait à peu près 16s. par an, eux de pour chaque parent.

74. D’après une combinaison et un calcul plus judicieux, £25,000 seulement ie père sortiraient de la poche des parens, au moyen d’une taxe directe de 8s. ou 108. ait pas par an ; et ce qu’il y a de plus remarquable, c’est qu’au moyen d’une taxe à untaux

Pachat beaucoup plus bas, sur chaque habitant, l’on pourrait réaliser le même montant en cotisant 200,000 taillables, au lieu de faire peser le fardeau sur 33,160 pa-

nvien- rens.

urs en- 75. Ainsi, d’après le Bill de 1826, 50 parens auraient eu à payer chacun 16s

courte par forme de contributions entre 33,160 parens seulement, pour former £30,600 ;

n utile tandisque qu’en faisant payer une taxe directe de 276 à chacun des 200,000 pa-

de la rens, on ne tirerait de la poche des habitans dans les campagnes, que la somme bien moindre, de £25,000.

a 46. Deplus, sous Popération du Bill de 1856, la somme éncrme de £71,000

L sas eût été nécessaire pour instruire assez mêdiocrement 33,160 enfans, tandisqu’au

moyen de la taxe sus-mentionnée, l’on pourrait donner une bonne éducation au double de ce nombre d’enfans, c’est-à-dire à peu près 66,320 enfans, sans qu’il en coutât plus de £57,000.

stème ncore

Jai eu recours aux calculs qui précèdent, pour prouver que non seulement

minisur Îles

(*) Rapport de M. A. Buller, au Lord Durham:

une taxo directe favorisera d'avantage le progrès de l'éducation, mais que dans ce système, les parens auront à payer beaucoëp moins qu'ilsin’auraient.à:contribuer autrement.

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