‹ Lettres sur l'éducation élémentaire et pratique [microforme]Chapitre 47 sur 55 · L’'EDUCATION DES FEMMES · texte numérisé non relu

L’'EDUCATION DES FEMMES

257. L’on me permettra d'ajouter à ce que j'ai déja dit sur ce sujet, les excel-

lentes observations qui suivent, elles sont de la plume de Mme. Catherine E. Beecher.

‘ Pour qu’une nation soit réligieuse -et vertueuse, il faut que les femmes de cette nation, soient imbues de ces principes ; car à proportion de ce que les Cpouses et les mères monterront ou descendront dans l’échelle de la vertu, de Pintelligence et de la piété, les époux et les enfans s’élèveront ou tomberont .

“ Un autre objet qu’il faut avoir en vue dans Péducation des femmes, c’est d’introduire dans les écoles, un cours de discipline intellectuelle et morale, et de donner aux habitudes mentales ct personnelles, une attention qui soit de nature à préparer la femme et la qualifier à remplir les devoirs qui lui sont particuliers. Quel est le devoir particulier et le plus important de la femme ? C’est d'éducation physique, intellectuelle et morale des enfans.

C’est de prendre soin «de la santé, et de former le caractère du citoyen futur.

“La femme, quelques soient ses rapports dans la société, est nécessairement à gardienne de la jeune famille, la compagne de l’enfance, et le modèle continuellement offert à leur imitation. C’est de sa main, que l’âme de l’enfant re- Goit la première impression qui ne s’effacera plus. Est-il quelque chose qui demande autant de discrétion, d'énergie et de patience, autant de tendresse, d’amour et de sagesse, autant de pénétration pour discerner, de flexibilité pour modifier, de capacité pour agir, et de fermeté pour persévérer, que la conduite et l'éducation des différens caractères et des dispositions variées qui se rencontrent au sein de la famille, et de l’école? C?est aussi la femme qui doit être le génie régulateur de mille détails d’affaires domestiques qui nécessitent des habitudes d'industrie, d'ordre, de propreté, de ponctualité et de soins assidus. Et c’est pour la qualifier à remplir des devoirs aussi variés, que la femme doit être éduquée. Cest pour cela qu’il faut cultiver et perfectionner ses sympathies affectueuses, son imagination ardente, son tact et son invention ct sa vive pénétration ; en même tems qu’il faut former et soutenir d’autres habitudes moins intimes, telles

que Pattention suivie, le jugement calme, l’action ferme, et le sang-froid habituel. ”

258. Les observations saines ct pratiques de Mme. Beccher, devraient être lues attentivement, et relues et méditées par les parens, les maîtres et le public

généralement. C’est dans les écoles normales où cela se comprendra mieux

d’abord, que doit être jetée la base d’un système d'éducation religieuse, morale et phisique pour les femmes qui seront assujéties à l'opération du présent, ou

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de quelque autre système d'Education Elémentaire et Pratique. Des écoles normales, l'influence d’une direction aussi sage, s’étendra bientôt aux €coles modèles, et de là, se communiquera vigoureusement aux écoles élémentaires.

259. Je n’ajouterai rien sur ce sujet important, c’est inutile. Je crois avoir suffisamment détermineé la direction de l’esprit du public vers des considérations qui doivent avoir du poids auprès de la plupart des gens qui sans doute, en verront de suite l’application pratique ; et convaincus comme chacun le doit être, que les véritables et plus chers intér:ts de la sociCté, sunt gravement afectés par le bien ou le mal que font les femmes, il est assez probable que nombre de gens donneront à ce sujet, toute l’attention dont ils sont capables.

260. Je pressens donc les plus heureux résultats, si l’éducation des femmes recoit dans son enfance, l'impression inéfaçable de la religion, de la vertu et de l’ordre. Je termine cette partie de mon sujet, en laissant au Surintendant, le soin de faire des réglemens, et à tous les autres départemens du système des écoles, celui de s’y conformer strictement.

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