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Kxode, IX

QJATIUÈME LETTRE 59

lics-prolifîques, perdent leurs petits en quantité sans V faire grande attention : le dommage se répare promp- Icmënt. Les Européens qui ont l'imprudence de garder ' Mirs enfants dans le pays ne les gardent pas longtemps. Mais l'Egypte a d'autres plaies, beaucoup plus redoutables, et sur la guérison desquelles il n'y a malheureuinent pas à compter. Plaçons en première ligne la |iol}'gamie, qu'elle pratique en commun avec tout le monde musulman.

L'année dernière, quelques journaux d'Europe, fort ifs, ou munis de raisons particulières et tout à fait lerminantes qu'ils n'ont pas jugé à propos de faire anaître, ont chanté les louanges du vice-roi d'Egypte : venait d'abolir la polygamie dans ses États. La bonne iplaisanterie ! Est-ce qu'on abolit quelque chose ici? Il y peut-être bien eu une ordonnance qui enjoignait aux yptiens de n'épouser plus qu'une femme à la fois; , Miis il n'a été nullement interdit de continuer à avoir autant d'esclaves, blanches ou noires, qu'on aurait la fantaisie ou les moyens d'en entretenir; et d'ailleurs, cette ordonnance, si elle a existé, est à peu près lettre morte à présent. Quoi qu'il e« soit, on se marie éiwrmément en Egypte. Dans un harim riche et bien constitué, il y a généralement une ou deux femmes légitimes; puis, des esclaves de toutes nuances en nombre indéterminé; puis, un ou plusieurs mamelouks *, jeunes Tcherkcsses (Circassiens), très-beaux pour la plupart, destinés aux I plaisirs tout particuliers du maître ; puis, des eunuques noirs ; puis des domestiques nègres et arabes en quantité innombrable pour servir tout ce monde. Le personnel d'une pareille maison monte facilement à cent, f'cnt cinquante, deux cents individus.

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