‹ Lettres sur l'Égypte contemporaineChapitre 18 sur 35 · I -eraient-ils donc pas des Tatars,ou, plus exactement · texte numérisé non relu

I -eraient-ils donc pas des Tatars,ou, plus exactement

Ibères? C'est à la philologie, à l'ethnologie, à la géo-

yie, à voir cela. Il y a certainement là une synthèse à

couvrir. Si l'on y parvenait, il n'y aurait rien d'éton-

mt à trouver, entre autres choses, la coutume sauvage

s combats de taureaux établie pareillement chez les

yptiens anciens et chez les Espagnols modernes. Voilà

utefois des taureaux et trois lignes de Strabon qui

'ont mené loin. Je reviens à mon propos.

On continue à passer en revue toutes les pyramides :

irès celles de Gyzah, celles d'Abou-Sir, de Saqqara,

I Dachour, de Matanyeh, et enfin, à Meïdoun, la pyra-

de menteuse, Haram-al-Kaddah : c'est le nom que

i donnent les indigènes, parce qu'au lieu de présenter

coupe des pjramides ordinaires, elle est composée de

3is étages en retrait l'un sur l'autre, dont chacun a la

[•me d'une pyramide tronquée, et dont le premier est

s haut que le second, le second plus haut que le troi-

me.

Quant à la voie ferrée, elle n'offre aucun travail cuiux au voyageur. Rien n'est plus facile que de conslire des chemins de fer dans la plate vallée du Nil. On loncelle un peu de terre, de quoi faire un léger remai, on pose des rails, et tout est dit. Les frais de cons-

Iruction sont ainsi fort peu considérables et se bornen à ceux du matériel d'exploitation, puisque tout le tra vail est fourni par la corvée. La ligne de la Haute-Egypte même dans les endroits où on la parcourt déjà, est peine achevée. Aussi, tout le long de la route, voyait on des escouades de petits corvéables occupés à creus par ci, à remettre un peu de terre par là. Au passage la locomotive, les pauvres enfants s'arrêtaient, rama saicnt des poignées de sable et les lançaient avec d quolibets, telum imhelle sine iciu, contre les wagon Pensaient-ils se venger sur nous de leurs sueurs?

Cria impuissants, fureurs bizarres!

Le train, poursuivant sa carrière, "Versait des torrents de

Il n'y a pas moyen de faire rimer, ne fût-ce que suf sammcnt, famée avec carrière : ombre de Pompignar repose en paix.

A une heure après midi, nous arrivâmes à Ouaslha, sur le bord du Nil. Dans ce village et dans tous ceux d'alentour, chaque hutte est surmontée d'un pigeonnier où foisonnent les volatiles. C'est, par-dessus l'habitation des hommes, une véritable cité des oiseaux, moins aérienne toutefois' que Ncphclokokkygia. L'embranchement qui conduit dans le Fayoum part de cet endroit. La ligne principale continue à suivre le fleuve. Nous devions attendre, pour nous diriger vers Medynal-al- Fayoum, l'arrivée du train qui vient de Beni-Soueif. Il se fit attendre quatre heures! D'autres voyageurs qui retournaient du Fayoum aii Kaire, se trouvaient dans la même position que nou>. Gomme je me promenais assez mélancoliquement, je fus accosté par un élève de l'éc"!*'

préparatoire, Hosseïn R., petit diable dont je n'avais jamais eu à m'occuper que pour le mettre trois ou quatre fois à genoux, et qui m'écrasa, ainsi qu'on va le voir, du poids de sa magnanimité. Il me demanda où j'allais, et chez qui je descendais. « Je ne connais personne dans le Fayoum, lui répondis-je ; j'ai mon domestique avec moi, et je compte loger dans l'okala. » — « Ma flch, ma fich, il n'y en a pas, me dit-il ; tu ne trouveras ni à manger, ni à dormir. Il faut aller chez quelqu'un. Je retourne au Kaire. Je vais te donner un mot pour mon oncle Aly-efendy R., et sa maison sera la tienne. » J'acceptai. Il entra dans le bureau de la station, écrivit quelques lignes, y mit son cachet * et me remit le papier. Enfin, le train de Beni-Soueif arriva. Nous nous séparâmes et je remontai en wagon. A la nuit tombante, j'étais à destination.

En quittant Ouastha, la ligne du Fayoum tourne à l'ouest, s'éloigne du Nil, passe par une plaine verte et monotone où nous ne vîmes qu'un campement de Beddaoua, et ne tarde pas à entrer dans le désert. Il y a là quelques ondulations de terrain, et la corvée a dû pratiquer d'assez fortes tranchées. La vapeur dévore en une demi-heure cette traversée du désert qui durait autrefois huit heures. Après cela, on retrouve la verdure des arbres, des champs, des prés, et ce qui donne tout cela, de l'eau. C'est le Fayoum.

1. Ici, chacun a son cachet, c'est-à-dire son nom gravé soit sur pierre, soit sur or ou sur argent. Avec le doigt, on enduit légèrement d'encre la surface du cachet. Puis on passe la langue sur la partie du papier où l'on veut appliquer son nom; on presse le cachet sur cet endroit ainsi mouillé, et les lettres apparaissent en blanc sur un fond plus ou moins noir. C'est là la signature légale. Si l'on perd son cachot, il faut aller le déclarer immédiatement à la police, pour qu'un malfaiteur qui l'aurait trouvé n'en puisse pas abuser.

La ville n'est pas très-éloignée de l'endroit où s'arrête le train. Je me fis conduire à la maison d'Aly-efendy R.| A l'obscure clarté qui tombait des étoiles, j'aperçus uni canal, branche du Bahr-Yousef, des maisons parmi des] arbres; puis, j'entrai dans un long'bazar couvert où le étoiles furent remplacées par les lampes fumeuses quel commençaient à suspendre devant leur boutiipie quel-] ques marchands d'épicerie ou de fruit». Le Fayoum esti à l'Egypte ce que le Westland est à la Hollande : on y cultive les. fruits, notamment le raisin, sur une vaste échelle. C'était aussi jadis le pays des roses ; mais on n'y en voit plus un seul champ.

Nous marchions depuis une vingtaine de minutes, quand nous arrivâmes à la maison d'Aly-efendy. Contretemps : il était parti deux heures auparavant pour une de ses fermes, et il ne devait pas rentrer de plusieurs jours. Néanmoins, je remets ma [lettre de recommandation au chef des domestiques, le nègre Haroun, que j€ peux bien décorer du surnom d' A l-Raschid. Aussitôt, comme si j'eusse dit: Sésame, ouvre-toi! tout obstacle disparaît. On s'empare de ma personne et de mes effets: on me conduit dans une petite maison voisine, servan de salamlik ou d'appartement de réception à l'efendy on m'y installe : on m'apporte le café. Je me confond en remercîments ; Haçan dit que j'ai le dessein de pas ser seulement deux ou trois jours dans la ville. « Puii ses-lu rester deux cents jours, et plus encore, che nous! » dit le bon Haroun. Il s'informe prudemment i ce n'est pas temps de jeûne et d'abstinence pour moi et, comme Hâçan lui certifie que je ne fais jamai diète, à moins d'être malade, bientôt on vient étendre une nappe rose sur la natte qui recouvre les dalles de la chambre ; sur cette nappe, on pose un escabeau {Jioursy) revêtu d'une housse également rose ; puis sur

l'escabeau un plateau [sanyeh] avec force victuailles. Je m'accroupis à la turke devant le plateau sur un divan haut de dix centimètres, et je nmnge avec mes doigts, seul, sous l'œil de trois ou quatre domestiques attentifs à mon moindre signe, silencieusement, gravement, en vrai pacha,]mais, au fond, mourant d'envie de rire. Quand ce fut fait, on apporta des matelas, des coussins, des couvertures, et l'on me fit à terre, au milieu de la chambre, un lit un peu dur, comme c'est la coutume de ce peuple nomade dont la vie est un campement perpétuel ; je ne tardai guère à m'endormir d'un excellent sommeil.

En ce moment il est onze heures du matin. Je me suis éveillé au jour; et, comme j'ai dit que je désirais faire quelques excursions pour visiter les antiquités du pays, on est allé chercher l'âne de l'efendy, qui est au vert (c'est d'Aliboron que je parle, et non pas d'Aly-efendy), ou, comme on dit ici, au bersim. Le bersim est une sorte de trèfle dont on nourrit les bêtes, soit sur place, soit en le transportant à dos d'ânes et de chameaux. L'animal en question broute dans une propriété fort éloignée d'ici, et je devrai l'attendre longtemps. Pour premier déjeuner on m'a apporté des œufs sur le plat et du miel, toujours avec le môme cérémonial. Je ne pouvais mieux occuper mon loisir qu'en vous écrivant, et c'est ce que' je viens de faire.

Deux heures.

J'attends toujours l'âne, j'aurais voulu, pour passer le temps, aller flâner par la ville. Mais llàçan m'a fait observer qu'il est plus convenable de ne point montrer d'impatience et de demeurer en repos. Je n'ai cédé à ses

conseils que malgré moi, et je me plains très-sincère ment de ma grandeur qui m'attache au logis. Vers midi et demi on m'a apporté un second déjeuner fort copiei Parmi les mets qui m'ont été servis, il y avait des pa^ tes gluantes, une sorte d'épinards visqueux ; j'ai lais tout cela pour me jeter sur le mouton, le riz, la volail^ Enfin, j'ai fait de mon mieux. Cependant Haroun se sole : il dit que je ne mange pas. Veut-il que je me crèi Depuis ce malin, pour tout exercice, je me promène ec long sur la natte entre les deux diwans. . . Aurait-on rinlenlion de m'engraisser pour... Horreur! La réputation di personnage dont je suis l'hôte n'est pas faite pour me rassurer. Hàçan a jasé avec les domestiques. Il a apprit qu'Aly-efendy R. est un propriétaire richissime, à qui l'or donne se])i mille feddans, ou trois mille cinq cents hect res de terrain, des maisons, des fermes en quantité, plui de deux cents chevaux dans ces fermes, etc, etc. Il aé jadis moudir ou gouverneur de province. Au moindr» manquement il ordonnait qu'on lui amenât le coupabii et lui faisait trancher la tète séance tenante. Le vice-roi jaloux de cette terrible concurrence, l'a révoqué de S(? fonctions. On ne dit pas, il est vrai, qu'Aly-efendy li mangeât les prisonniers qu'il faisait si lestement mettn à mort. Mais qui sait quelle fantaisie peut surgir tout coup dans la cervelle d'un Oriental opulent et désœuvré Il me revient en tôle une histoire qu'on m'a raconféi dernièrement sur un certain Abdo-i)acha, ancien espioii du vice-roi Abbas, puis préfet de police du Kaire, à qi! ' une de ses femmes, dans je ne sais quel but de vengean a servi un jour son enfant coupé par morceaux et commode à une sauce délicieuse. Grâce au talent dl cuisinier, le pacha ne s'est aperçu qu'un peu tard de It nature du plat dont il se léchait les doigts. Je ne sais 8 ce festin est aussi authentique que celui dont Alrée ré

gala de Thyestc et celui qu'offrit à Harpagus le roi Astyage ; mais il est assuré que j'ai vu, il n'y a pas longtemps, cet Abùo-pacha, et qu'il a une mauvaise figure.

Deux heures et un quart.

La situation s'assombrit. L'âne n'arrive point. A sa place, un jeune eunuque vient me présenter ses devoirs et médire, de la part des dames du harim, qu'il fait aujourd'hui beaucoup de vent et de poussière, qu'elles m'engagent à ne pas sortir, que demain on m'amènera a jument d'Aly-efendy comme une monture plus digne ie moi... L'eunuque se retire sans attendre ma réponse. Décidément, pensé-je, on tient à me bien nourrir et à ne )as me fatiguer. Cette ville est dans un pays reculé ; pour -ous Européens, on y compte à peine une douzaine de jrecs. Que ferai-je contre des geôliers nombreux et déminés avec mon revolver, mon poignard, Ha'çan, et iiii pistolet?... Peu à peu cependant, j'envisage les cho- - avec plus de sang-froid. J'appelle à mon secours lies mes petites connaissances ethnologiques etanthrologiques, et j'y trouve un motif de me rassurer en mgeant que, loin d'être anthropophages*, les Sémites nt plus herbivores que carnivores. Je déclare à Hàçan iiQ je ne veux pas perdre le reste de la journée et que (>us allons parcourir à pied la ville. Aussitôt Haroun H't à ma disposition un domestique pour nous guider. MUS allons partir. Nous partons.

1. Les acte» d'anthropophagie qui se sont produits récemment 13 notre malheureuse colonie d'Algérie sont un fait complètent anormal, dû à l'extrômte misàre et à l'afîreuse famine que

1 pas su prévenir l'administratio:! militaire, occupée de tant

autres soins.

Huit heures du soir.

La ville est grande et vieille. Elle est composée, comme toutes les cités d'Orient, d'un enchevêtrement inextricable de ruelles. La plupart des maisons sont construites en briques crues. Un très-petit nombre, habitée par des fonctionnaires du gouvernement ou de riches propriétaires, sont en pierre. Presque toutes Ir portes sont en ogive. 11 n'y a point de monuments ; ui seule mosquée, en ruines, a du caractère. Le bazar e grand et animé. Seulement on se lève tard, et c'est à peine si à dix heures du matin les marchands sont à leur poste. Le rendez-vous des Européens, qui ne sont guère plus d'une douzaine, comme je vous l'ai dit, est chez un hahhal (épicier) où l'on prend ïacqua-vita, ou araki, espèce d'eau-de-vie blanche ou d'anisette sèche. Au milieu d'un groupe assez nombreux, un homme pérorait. A son accent, j'entendis qu'il n'était i Egyptien; à la façon de son turban je vis qu'il était la Mekke ; quant à sa figure, on eût dit, je ne sais poi quoi, celle d'un Anglais. Il lisait à très-haute voix grandes pancartes enluminées et couvertes de can tères et de versets du Koran qui formaient divers figures. Une, entre autres, représentait une épée, sa doute Zoulfykar, qui est l'épée d'Aly, gendre et couan du Prophète, comme la Durandal est l'épée de notm Roland. Pour trois piastres et demie (cinquante cen< mes), on avait deux de ces pancartes. Hâçan ne manqmj pas d'en acheter ; non qu'il sache lire, mais il les plieni en quatre ou en huit, les enfermera dans un sachet e( les suspendra par un ruban à son cou sous ses habita; avec ce précieux amulette, il bravera tous les périls.

Nous sommes sortis de la ville en nous dirigeant vers le nord-ouest, et nous avons d'abord traversé le cimetière, qui est vaste. Les tombes n'ont pas ici le même aspect qu'au Kaire. Ce sont des caveaux assez profonds vers lesquels on descend par plusieurs marches. Bientôt nous avons atteint des monceaux de décombres qui couvrent un espace considérable. Ce sont les ruines de trois gros villages. C'est de plus, je pense, l'ancien site de Krokodeilopolis, plus tard Arsinoï, à peu de distance de laquelle la ville actuelle du Fayoum a été bâtie. On trouve là des débris de toutes sortes, des fragments de poteries,, des morceaux de colonnes, des médailles si fortement oxydées qu'on n'y peut rien déchiffrer, des coquillages et des ossements d'hommes et d'animaux en très-grande quantité. Je ramassai un crâne qui avait dû appartenir à quel'que nègre d'un très-bas échelon, tant la dépression en était énorme. Poor Yorick! Hâçan se mit à remuer avec assez peu de cérémonie des radius, (^s cubitus, des fémurs. Notre guide lui fit observer que ceux dont il profanait ainsi les os avaient peut-être été des Musulmans, yemhin Moslemvn ! Aussitôt il les re-

Iposa avec respect. Pour moi, je m'assis sur une pierre et je lus ce que Strabon dit d'Arsinoï. « Elle était appelée auparavant la ville des Crocodiles, parce que les habitants de ce nom honorent beaucoup le crocodile; ils en ont un qu'ils regardent comme sacré, qu'ils nourrissent à part dans un étang et qui se laisse Mucher par les prêtres. On le nomme Souch. Il se nourrit de grains, de viandes, de vin, que lui apportent -ans cesse les étrangers qui viennent pour le voir. Notre fiole, personnage des plus considérés, qui nous initiait iix mystères de l'endroit, s'approcha de l'étang avec ime galette et un morceau de rôti qu'il avait apportés le son souper, et un pot d'hydromel. Nous trouvâmes

la bête couchée sur le bord. Les prêtres s'avancèrent ; tandis que plusieurs d'entre eux lui ouvraient la gueule, un autre lui inséra le gâteau, puis la viande, et lui entonna ensuite l'hydromel. Alors, le crocodile, s'étant élancé dans l'étang, alla jusqu'à l'autre bout. Un nouveau visiteur survint, chargé pareillement d'une offrande de vivres. Los prêtres se mirent à courir, cernèrent l'animal et le prirent, après quoi ils lui firent absorber de la même façon la nourriture qu'on avait apportée *. »

En lisant ce passage, je songeais qu'on a peut-être singulièrement exagéré la portée du caractère religieux attribué aux honneurs qui étaient rendus en Egypte à divers animaux. Non qu'en fait d'extravagances de ce genre il faille s'étonner de rien : Gicéron dit quelque part, dans le De Natura deorum, si je ne me trompe, qu'il n'y a qu'une chose que les hommes n'ont pas encore imaginée, c'est de manger leur dieu. S'il eût vécu un peu plus lard, il eût vu se réaliser cet idéal de l'absurde. Mais enfin, pour ne parler que de ce crocodihqu'on nourrissait à Phiom dans un étang, et à qui les badauds venaient donner du rùti et de la galette comme nos bonnes d'onfaiits et nos invalides achètent des petits

tcûtw riiu-idi TÔv )c;ty.v^iiXcv, jcal tanv ïepo; irap'aÙToî; îv Xiavr. xx6'a.j TGV Tfitpo'u.tvo; /£i;oT.Or,; tc«; ttpcûai' xxXsÎTai Bi 2cù/,c;* Tp£çpET«i ^» ciTioiç, xxl xp'aai, x*î oîvu TTîdatftj/o'vTwv àt'i tûv ^jvtuv, tûiv iizi zt-t (iixt àtptxvcuuivwv. 'O "^-cûv Ti|ji"£fc; Çî'vc; àvT.p tûjv evtÎuluv, aùri' a'jaTa"]f'j)"]|'ô>v r.aa;, ouvf./.ôsv èttI rr,v Xiav/iv, xcaîl^wv à-b tcj StÎTTV.u. îïXaxtuvTOtf lo'v Ti xxi x;îx; c^ttcv, xal u^oxoi^tov ti jxtXutpoÎT'/j ; fjpci*" Sï ir:': rij) y.EtXei jtEÎaivcv tô Orijîcv" irpcatovre; <îà cl «?";, et ii.it Ji-'dr oxv aÙTCù TO oTj'aa, i Ûè tviôr.xi tÔ itsjxaa, xxi iriXiv to xpî'x;, iir» 77tXu3aTcv xxTT.siai" xxôaXc.'jxivoî ^à «îç tti» Xîavriv, Jif.Çr* »i; t6 irt'pa è^eaOovto; ^è xxi â/.Xvj tw/ çt'vwv, xiu.î!Iovto; ôu.uûo; àirxp/r.v, X»€ivT îrEpif.Xôcv Sjcaw jcxl xxTxXxêoTrE; TrpcarivE-j/.xv 4ç».'.tti); rà Kp',5:vE/9ivTa.

Strabon, XVI r, 1.

pains pour Tours Martin, l'éléphant ou la girafe, il n'y avait peut-être là rien de Irès-mystérieux ni de bien sacré. Qui sait si dans quelques milliers d'années on ne dira pas que les habitants d'Arctopolis, appelée aussi Bern, adoraient l'ours et entretenaient cet animal aux frais de l'Etat ; que les Hollandais de La Haye {Ilaga Comitum, ou 's Gravenhage) avaient établi un culte en l'honneur de deux cigognes qu'on nourrissait, également aux frais du trésor public, dans le marché au poisson de Schoolstraat ; que les Parisiens d'une haute antiquité étaient très-dévots à un bœuf qu'ils engraissaient et promenaient chaque année en grande pompe par les rues de leur ville après l'avoir décoré du nom des personnages les plus illustres du temps passé ou même du temps présent, mais que l'éclat de ces cérémonies avait fini par diminuer de beaucoup, parce que les philosophes et les impies ne cessaient, dans ce pays, de miner et de saper les choses saintes; etc., etc., etc. ?

Le vent et la poussière redoublaient. Je fermai mon Strabon; je donnai le signal du retour, et nous rentrâmes en ville. Pour dîner, on m'a servi une épaule de mouton tendre et croustillante, qui eût fait honneur au talent culinaire d'un héros de l'Iliade, et dont le crocodile Souch se fût régalé comme du morceau de rôti que lui apporta l'hôte de Strabon. Je suis même persuadé que les dieux qui mangèrent l'épaule du jeune Pélops, s'ils l'eussent trouvée aussi succulente que celle-ci, l'eussent voulu remplacer, noa par une épaule d'ivoire, mais par une de diamant. Je consigne ici ce détail parce que c'est la première fois que j'ai à louer sans réserve la cuisine arabe.

Il est huit heures trois quarts. Que faire? Je vais me coucher. Bonsoir.

Vendredi 21 février, sept heures et demie du matin.

Hier, environ à cette heure-ci, l'on est venu m'annoncer que l'âne de J'efendy était enfin arrivé. C'est un bel anima). On l'amène au montoir. Haroun me soutient le bras pour m'aider à me mettre en selle. Un autre domestique me place le pied droit dans l'étrier; un troisième m'y pose le pied gauclie; un quatrième me présente la bride : c'est ainsi qu'on en use avec les personnes de conséquence. Il est vrai que j'avais jeté sui mes habits un manteau blanc de laine légère, appelé abaye, dans lequel j'étais noblement drapé et qui me donnait l'air d'un ibn-al-halacl^. Aussi, sur mon passage, dans la ville, aux abords des villages, les cheikh assemblés se levaient-ils pour me faire honneur. Hàçan m'avait prévenu que je devais, pour me conformer à l;i politesse du pays, saluer le premier, sans quoi le respcci empêcherait ces braves gens de me dire bonjour et jt^ passerais pour fier.

A Medynat-al-Fayoum on savait que j'étais l'hôte d'AI ly-efendy R,..; plus loin, on me prenait, sans doute, a| dire de Hdçan, pour quelque bey ou quelque pacha al lant visiter ses propriétés. Pensez si j'étais flatté de cett heureuse méprise de l'opinion publique et si je prcnaî des airs de bon prince! Hâçan, à qui l'on avait donné u| bourriquet, me suivait à distance convenable. Un saï nous guidait.

Nous nous dirigeâmes à travers un pays assez fertile des champs de céréales, de cannes à sucre, de figuier de cotonniers, vers le village de Biakhmou. Tandis qu'a^

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