‹ Lettres sur l'Égypte contemporaineChapitre 20 sur 35 · Toi Turk · texte numérisé non relu

Toi Turk

'S. « Moi Circassien ! »

4. « Lui aussi Circas-sieu ! Moi, monsieur Selim-eflendi. Toi, comment t'appelles-tu? »

Je lui (lis mon nom. Il reprit : « Ana fi Sehastopol. Anta taraf Canrobcrt^ Canrobert, thaïh kitir ; Pelissier, khanzir kebir. Anta taraf Pelissier *? » Je lui appris que ce personnage était mort depuis longtemps, et il n'en parut pas fâché. « Ana^ continua-t-ii... » Enfin il ne déparlait pas. Son langage était un fond d'arabe panaché de lurk, de circassien, de grec, d'italien, de roumain. Il se mit sur la politique. Il m'expliqua qu'une alliance était en train de se former entre la Russie et la Prusse avec les États-Unis d'un côté, entre la Turkie, l'Autriche, l'Angleterre et la France de l'autre; et il répétait : « NaiwUonne, Chaïtdn! Baden, fi chamata kitir, in cha Allah!!... Napolionne Chaïtdn hebir^l » Un grand satan ! Je crois que le malheureux, Allah lui pardonne ! pienait le mot en bonne part. « Kaman choyai, dit-il, ana marshal Moskov, anta rtuirshal Frantza, in cha Allah ^l » Là-dessus, il commença à danser en fredonnant. On apporta le dîner. En voyant de la viande, il s'écria: « Lahhmat khanzir ^\ » — € La, répondis-je, lakhmat kharouf. Anta takoul khanzir? x> — « Ana akoul kollo! » — « Tachrah nihit? » — « Aïica! Borda! Borda -'?... Sacré cochoùn!... » — « Eh! Tu parles français ! » lui dis-jc. Il ne savait que ces deux mots qu'A avait api»ris de la bouche de nos héros de Sébastopol. Il riait à gorge déployée. Son compagnon et les domestiques arabes, tous

1. « Moi à Sébastopol. Tu connais Canrobert? Canrobert trèsbon ;P<" roâ cochon. Tu connais Pelissier? »

2. « N . 1, Satan! Après, il va y avoir beaucoup de dispute, plaise à Dieu ! Napoléon est un grand Satan ! »

3. « Encore un peu, moi maréchal de Russie, toi maréchal de France, s'il plaît à Dieu! »

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