GI
Plus loin : Kopi'wa vi 'iTaXi'ot, MuOt(rrop'a ttjç x'jpîa; Sic 'Ev i:;xûpvY, 18G4.
nurriÈME letthe 177
Ensuile : 01 Moïxàvoi xôiv llapKJiwv, MuOt(7Topr,;ji.a 'AXeÇavSpav Aou[Jt.a, 'Ev AOrivaTç 1864.
Voilà du grec on ne peut plus moderne. N'aimez-vous pas 01 yavStvot ct oî i/oïxavot, et n'êtes-vous pas ravi comme moi d'ECiyaviou -uou, de xupt'aç ^xaeX et d'AXe^avSpou Aowjxa? Mais pourquoi diable n'a-t-on pas traduit en grec le noui de M. le vicomte Ponson du Terrail? Ce n'était pas plus difficile que de transformer les Gandins en oi yav- Sivot et les Mohicans de Paris en oî [/oixàvot twv ITaptctojv. Vraiment, ITôvuoiv toû Tep^otiou eût été merveilleux, et M. Jean Kh. Kourtéli (xuptoç 'Iwàvvviç X. KoupTéXv]) a manqué d'audace.
Reprenons notre propos.
Puisque je suis allé un instant sur les brisées de MM. Adolphe Joanne et Emile Isambert, en vous parlant des curiosités à visiter dans les environs du Kaire, je vous dirai quelques mots de celles que j'ai vues dans l'inlérieur de la ville. Elles ne sont pas nombreuses. La plus grosse est la mosquée de la citadelle construite sous Mohammed-Aly sur le plan des mosquées byzantines, * avec deux minarets longs et fluets représentant à mer- Veille, comme Je plus grand nombre des minarets, un flambeau avec sa bobèche, sa bougie et son éteignoir ; c'est sur la bobèche, c'est-à-dire sur le balcon du minaret que monte le muezzin cinq fois par jour pour nasiller et chevroter l'appel à la prière. La mosquée de la citadelle est à l'intérieur, comme Notre-Damc-de-Lorette à Paris, d'une richesse lourde, mondaine et de mauvais goût, qui devrait choquer la vraie piété musulmane.
Uii va voir à la citadelle le puits de Yonsef Salah-ed- Dyu, que ce sullau, burlesquement appelé par nous Saladin, lit déblayer ou creuser, et dont, quoi qu'il en soit.
178 HUITIÈME LETTIM'
l'origine ne remonte assurément pas à Yousef-bon-Yj koub, le ministre du roi des Uvk-Sos, comme une trad lion naïve le prétend.
Ce qu'il y a de plus beau à la citadelle, c'est le pan rain.a dont on jouit à mesure qu'on s'élève sur la ram[ qui y conduit: ici, tout le Kaire avec ses innonibrabl maisons terminées en terrasses et le méandre incxtr cable de ses rues, les deux cent cinquante ou trois ceu minarets de ses mosquées ; là, les jardins d'Ibrabin pacha, rEsbekyeb,Boulaq, le Nil, Gboubra ; d'un aut cùlé, un vaste cimetière, le «lésert, le Moqattam, l'Ai bassyeh; puis, d'un autre côté encore, en deçà du ileuv le vieux Kaire, le long aqueduc qui porte l'eau du Nil la citadelle, la nécropole de l'imam Chafey, vaste am{ de mosquées et de tombeaux dont plusieurs sont rema quables; au delà du fleuve, la plaine cultivée, puis 11 désert et les pyramides de Gyzah, d'Abou-Siret de Sacjqara.
Les mosquées du Kaire sont Irès-vantées. Il y on .i. en eflet, de fort belles dont vous trouverez partout li description; celle de Hacan (il ne s'agit que du dehoi bien entendu) est extrêmement imposante. Les minare sarrazins, finement sculptés, élégants ou majcstueu doivent être distingués des chandeliers de Stamboi dont je parlais tout à l'heure. Mais enfin, toute celle aj^ji chitecture, même dans ses spécimens les plus purs, mH laissé au moins indilTérent. Ne disons rien des mosquéi bariolées de larges bandes horizontales altcrnalivcnuMil blanches et rouges, des pans de murailles où l'on a peint des damiers à cases jaunes et blanches, des minarc! grotesquemenl enluminés de rouge, de vert, de bleu. de jaune et qui de loin ont l'air de perches revêtues la défroque d'Arlequin. Cette polychromie grossièJ n'est point de mon aoiV. Me hornnnt donc à juger iJ
monuments sérieux, je vous dirai que la vue de cet art froid et monotone, de cette archifeciure vide, aveugle, sourde, muette et morte, de ces édifices dont aucun ne semble fini, dont les ruines si neuves ont quelque chose de sale et de prosaïquement désordonné, ne présentent rien de grandiose et sont couvertes d'une poussière qui n'inspire aucun respect, je vous dirai que tout cela nie glace et m'ennuie. Ah ! que notre art ogival du xiii^ siècle, si inférieur au grand art grec, est supérieur à celui-ci ! Dans nos cathédrales et nos hôtels-de-ville de cette époque, on voit, on touche, on sent la vie, la lutte, l'émancipation laïque qui rejette dans le passé l'esprit sacerdotal du style roman. Mais ici, les artistes, dont la race ne réagit pas contre la religion, chez qui, au contraire, l'une et l'autre sont en harmonie parfaite, se trouvent renfermés dans les limites étroites du convenu ou s'épuisent dans l'abondance stérile du détail. Ils dénaturent, ils rapetissent, ils mêlent au hasard de la fantaisie, sans mesure ni proportion, seules conditions du beau, lies éléments étrangers qu'ils ne comprennent pas et [ju'ils ne savent s'assimiler que très-im[)arfaitement. j'architecture by/.antine, corruption de l'antique, fut à son tour corrompue par les Arabes. Ibn-Khaldoun, né à Tunis en 1332, mort au Kaire en 1 106, a laissé échapper îet aveu, précieux à recueillir :. « On observe que les îeuples nomades, chez lesquels la civilisation ne fait que îommencer, sont obligés d'avoir recours à d'autres pays )Our trouver des personnes versées dans l'architeclure. 'est ce qu'on a vu du temps du khalife Walid, fils d'AbdiI-Melek ^, lorsqu'il voulut élever une mosquée à Meiyna, une autre à Jérusalem et une à Damas, où cette iernière porte encore son nom. Il fut contraint d'envoyer