Le pa:idage de Pline e«t assez curieux
« lu eo loco eruuipentia e diverso, qute dicta sunt, maria, septciitrioue et exortu, ejus omueiu ibi latitudinem voraut, doiiec coutrariu incursu œquorum tautoruui, in quinque M pass. intervailo exesis utrinque lateribus, aujjusto cervice Peloponnesuiu contineat Hellas. Corintliiacus hinc, illiiic Sarunicus ap|iellutur sinus: LecUeai hinc, Cenchreie illinc, auj,'ustiaruni teraiini, longo et ancipiti navium auibitu, quas magmludo plaustiis Irafisvthi pruhibet : quaai ob causam perfodere navif,'abili alveo an},Mi.stias ipsas teatavere Deuietrius rex, dictator Ciesar, Caius priuceps, Domitius Nero, iul'austo (ut umaiuiu patuit exitu) incepto. » (C. Plinius Secundus, 1. IV, c 3).
Ainsi que le mentionne Pline, on avait établi sur l'Istbuie uu cheaiia glissant nommé Diolcos, par lequel les vaisseaux dont leii dimensions le permettaient étaient tirés à bras et transportés d'une mer à l'autre.
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passionné pour le clinquant, les oripeaux et le fracas, qualis artifex! inaugura solennellement les travaux aux sons éclatants et multipliés des trompettes et prononça un discours qu'il adressa à ses prétoriens. Puis il prit une pioche d'or, creusa un peu le sol, et remplit de terre une corbeille qu'il plaça sur son épaule. Tout était pour le mieux ; mais des géomètres égj'ptiens prétendirent que, si l'on perçait l'isthme, le débordement de la mer Corinthienne submergerait l'île d'Egine ; puis la superstition s'en mêla et le bruit fut semé que le sang avait jailli sous la pioche, qu'on avait entendu des lamentations et des mugissements, que des apparitions s'étaient montrées : les travaux furent abandonnés. Ils avaient été conduits assez loin, ainsi que le prouvent les investigations de M. Guerry provoquées et recueillies par M. Grimaud de Caux.
(i Les Romains, dit ce dernier ont entrepris l'isthme des deux côtés à la fois.
<< En partant de la mer, ils ont poussé les travaux : « Sur le golfe Salonique ou d'Égine jusqu'à 2,180 mètres ;
« Sur le golfe Corinthien, ils se sont arrêtés à 1,136 mètres.
« Et comme l'isthme a 3,900 mètres de large seulement, il en résulte que l'intervalle entre les deux points d'arrêt n'est que de 2,364 mètres.
«Les deux points extrêmes de ces travaux se relient par une série de quatorze piiits d'exploration, dont cinq sont carrés et les autres ronds ou ovales, tous comblés jusqu'à une certaine profondeur. J'ai mesuré l'un d'eux ; les autres sont semblables. C'est un carré de 2'"80 de côté. Il s'ouvre dans une roche, calcaire ayant 0"90 d'épaisseur, reposant sur une couche de sable et de terre superposée à une autre couche de calcaire ayant 2">10
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i'^i APPENDICE
d'épaisseur. Ce puits est comblé jusqu'à S^SO au-desso du niveau du sol. La roche est sans dureté, elle s'égru au moindre choc »
On voit dans quel état les Romains laissèrent les travaux du percement de l'isthme de Corinthe. Les Vé; tiens, -qui l'entreprirent à leur tour, se laissèrent arrê par les mêmes fantômes et la même superstition.
« Les traditions ne se perdent pas, dit encore l'auteur des notes académiques précédemment citées. Le vendredi 21 mars (1862), pendant l'opération du nivellemenl j'étais au bord de la mer où je faisais poser la mire poui déterminer le zéro, l'ingénieur, M. de Doulnitz, dressai! la lunette. Un paysan s'arrêta à le considérer un ment, puis il lui dit : « Mon grand-père est mort à q <i tre-vingt-douze ans et je suis déjà assez âgé ; il me « contait que les Vénitiens avaient voulu percer l'isthme «'Ils commencèrent du côté de Corinthe. (juand ils atta « quèrent le rocher, le sang coula sous les premier « coups. Eflrayés, ils se dirigèrent vers Kalamaki, « entreprirent les travaux aussi de ce côté-là. Le sanj « coula encore. Dès ce moment ils abandonnèrent l'erx « treprise. » Ce paysan ne se doutait pas qu'il n'ét que l'écho des bruits répandus là môme où il parlnn mais en des temps bien antérieurs au siècle où vivait soi grand-père.
De pareils obstacles ne peuvent se reproduire H présence de l'esprit moderne, et la science contempo raine vient de faire ses preuves en Egypte. Dans l'Islhi de Corinthe, le travail .serait beaucoup plus facile qui ne l'a été dans l'isthme de Suez, puisque l'air, les lieu? et les eaux de la Grèce ne laisseraient rien à désirer aui travailleurs groupés sur ce chantier, et qu'il n'y aurai pas ici à craindre, comme là-bas, le désert, la soif et h choléra. M. Grimaud de Caux estime que l'œuvre pour
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rait être accomplie en moins de cinq années par un personnel de quatre mille ouvriers de toute espèce. Il est probable aussi que la science n'aurait pas à créer de nouveaux engins comme elle l'a dû faire pour achever le canal maritime de l'isthme égyptien. Le percement de l'Isthme de Gorinthe pourrait vraisemblablement s'exécuter pour la plus grande partie à sec, et le chantier de Ghalouf-al-Terraba dans l'isthme de Suez serait sans doute le modèle d'après lequel les chantiers de l'isthme grec seraient établis.
M. Grimaud de Gaux a relevé les dimensions suivantes dont la connaissance est indispensable pour réunir et fixer les éléments de la question :
« D'après un nivellement, dit-il, la plus grande hauteur de l'Isthme, soit la ligne parcourue, sur la ligne tracée par les puits romains, serait de 81™9o. Sur une autre ligne, peu différente de la première, mais plus courte, il n'y aurait que To^Oo. Enfin, en suivant les dépressions qui s'observent vers Posidonium, se continuent dans la direction de leur muraille qui traversait l'isthme et dont la longueur est de 7,500 mètres, la plus grande hauteur ne dépasserait pas 40 mètres. Mais, selon celte ligne sinueuse, le chemin, pour aller d'un bord à l'autre, serait beaucoup plus long. Ainsi, la ligne droite la plus courte a 5,040 mètres ; l'autre ligne droite, 6,536 ; la ligne sinueuse, 8,300.
« En parlant de Kalamaki, sur le golfe d'Egine, il faut parcourir 2,580 mètres pour atteindre la cote rouge 81; de ce point culminant, pour arriver à l'autre bord, sur la mer Gorinthienne, il reste donc à parcourir 3,955 mètres. Sur la ligne la plus courte, le point culminant (75,95) est à 2,700 mètres de Kalamaki et à 3,240 de l'autre côté. On comprend que la comparaison de ces chiffres et leur combinaison fournissent
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une des bases principales de la mensuration du cube. »| Il est intéressant de rappeler, en regard des chiffres qui précèdent, les dimensions du Seuil d'AI-Guisr qu| est, comme on sait, la partie la plus élevée de l'isthme de Suez: 22 mètres de large au plafon 1; 62 mètres à la lign( d'eau ; 120 mètres d'écartement à la crête qui a 27 mètres au-dessus du plafond, 19 au-dessus de la ligne d'eau. On voit que le point culminant de l'isthme de Corinthe est plus élevé des deux tiers.
En résumé, l'œuvre à accomplir en Grèce est biei bien moins considérable, bien moins difficile et bien' moins coûteuse que celle qui vient d'être si glorieusement accomplie en Egypte et dont l'avenir récoltera les fruits, en dépit des calomnies et des mécomptes du présent. Le percement de l'isthme de Corinthe ne soulève anciin problème de politique internationale. Le proulème technique ne présentant, dans l'espèce, absolument rien d'extraordinaire, se trouve résolu à l'avance, et il ne s'agit plus dès lors que de l'exécution. C'est donc au patriotisme des Hellènes, d'une part, à l'intelligence des capitalistes, de l'autre, qu'il faut faire appel. Pour le siècle qui voit faire de l'Afrique une île, et perforer les flancs du Monl-Cenis, le percement d'un canal maritime à travers l'isthme de Corinthe ne peut être qu'un jeu. Toute la question se réduit à savoir si, pour employer une expression vulgaire, le jeu en vaut la chandelle. Nous avons, croyons-nous, suffisamment démontré tous les avantages que recueillera la Grèce de l'achèvement d'un pareil travail. Nous avons également indiqué de quelle importance l'abréviation d'une route si fréquentée par les navires européens serait pour le commerce du bassin de la Méditerranée. S'il y a honneur, il y aura donc aussi profit, ce qui ne gâte rien. < Entre tous les peuples, dit Goethe, ce sont les Grecs
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qui ont rêvé le plus beau rêve de la vie. » Ce rêve a été longtemps interrompu. Il peut, il doit reprendre et il est consolant de penser qu'à notre époque, si les peuples ont encore entre eux des rivalités et des luttes, ce ne sera plus que sur le terrain pacifique de la littérature, des beaux-arts, de la science, du commerce, de l'industrie, et qu'après avoir tant travaillé pour la mort, l'humanité travaillera enfin pour la vie. La Grèce, celte France de l'Orient, l'avant-garde des peuples libres de ce côté du monde, ne peut manquer de prendre sa part de ce sublime tournoi, de donner une note brillante et suave à la fois dans l'harmonie de ce concert universel.
POST-SGRIPTUM