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L'Assemblée nationale, aux dernières heures de sa trop longue carrière, a voté d'urgence le projet de réforme judiciaire en Egypte, que M. Decazes avait déposé dans la séance du 27 décembre 1874. Cette réforme n'est accordée par les puissances européennes à l'Egypte que pour une période do cinq années, que la volonté de ces mêmes puissances peut abréger, si l'expérience ne leur parait pas favorable. Le champ demeure donc ouvert aux études et à la discussion. D'ici-là, il faut espérer que le gouvernement de la République française sera aux mains de gens qui sauront et voudront voir clair et qui, en même temps, auront assez d'habileté et d'énergie pour rendre à notre pays l'influence légitime qu'il a perdue en Orient sous le funeste régime de l'Empire.
Dans les dernières années de ce régime, l'influence française en Egypte avait singulièrement baissé. Nos
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consuls n'y jouissaient d'aucun crédit. La mission militaire française avait été promptement réduite à la même insignifiance. Le conseil d'études et de surveillance de la mission égyptienne à Paris, qui prenait soin du bien moral et intellectuel des jeunes gens entretenus par le gouvernement vice-royal dans la capitale de la France, était composé des personnes les plus recommandables à tous égards, les plus indépendantes, les plus honnêtes, les plus dévouées ; les fonctions des membres de ce conseil étaient absolumefit gratuites : leur avis ne pesait d'aucun poids sur les décisions prises au Kaire. Qui donc aurait pu relever et maintenir le prestige delà France su ries bords du Nil? Assurément ce n'était point cette Espagnole bigote et tapageuse qui alla toute seule, sans son mari, et comme en garçon, inaugurer le canal maritime de l'isthme de Suez, et dqnt les excentricités et les courses folles à âne et à chameau scandalisèrent les bons Egyptiens du Kaire. Ce n'étaient pas ces manieurs d'affaires véreuses, complaisants à tout faire du vice-roi, dont l'un, champignon malsain sorti du fumier de la candidature officielle, fut deux fois rejeté avec dégoût par le Corps législatif lui même, qui, cependant, n'était pas délicat en ces matières.
Survinrent nos désastres, fruit amer des vingt années du gouvernement issu du coup d'État de Décembre. Nous tombâmes naturellement au plus bas dans l'esprit d'Ismaïl-Pacha et de son entourage.
Cependant, dès 1872, la France s'était relevée et avait kl forcé le respect et l'admiration de l'Europe et du monde '■ entier, par la rapidité et la grandeur avec lesquelles la République avait fait face aux périls de toute sorte et trouvé les moyens de réparer autant que possible les fautes et les crimes de l'Empire. Mais la marche du pays dans cette voie salutaire fut brusquement inter-
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