‹ Lettres sur l'Égypte contemporaineChapitre 6 sur 35 · Moi aussi [je suis] musulman · texte numérisé non relu

Moi aussi [je suis] musulman

le grand, qui vient environ deux mois plus tard, c'est le canon qui tonne cinq fois par jour des hauteurs de la citadelle.

Le mois de Chewal est fécond en cérémonies religieuses. L'année dernière, j'ai assisté à une véritable représentation d'opéra en trois journées, que je vais vous narrer en détail. Il s'agit de la procession du sacré tapis.

Première journée, 8 Ghewal 1282 *. Vers huit heures «t demie du matin, nous montons à âne et nous nous rendons au Mousky au bout duquel devait passer le cortège. Gomme il venait de la citadelle, qui est fortloin de là, nous allâmes au-devant de lui en suivant les rues longues, étroites et tortueuses qu'il avait à parcourir. La foule était tellement compacte que nous n'allions qu'au petit pas et que nos bètcs étaient, pour ainsi dire, portées. Les entrées des maisons, les fenêtres, les terrasses, les marches des mosquées étaient couvertes de monde et resplendissaient de mille costumes bariolés. Dans toute cette multitude, nous n'avons vu que nous d'Européens. Arrivés au pied de la citadelle qui domine toute la ville, nous nous arrêtâmes et nous attendîmes le passage de la cérémonie. Ce jour-là on devait porter seulement le tapis et les cadeaux destinés aux tombeaux de la Mekke et de Medyna, de la citadelle à la mosquée de Hossein. C'était comme le prologue de la grande fête. Personne que les musulmans ne va voir cela, et cependant c'est, selon moi, ce qu'il y a de plus curieux. Un peu après dix heures, le canon se fait entendre, annonçant le départ du cortège. Bientôt, du haut de nos ânes qui nous font dominer sans peine la haie de gens à pied qui est devant nous, nous voyons s'avancer un

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