Correspondant au 8 mars 1S
lattanl le pas de charge ; de sorte que celte seconde fête , il IIS officielle que la première, était moins pittoresque. \n dehors, sur la place Roumelyeh, la fouie était consl- !' lable et il y avait un très-grand nombre d'Européens lie val, à âne et en voiture.
Troisième journée, 23 Ghewal i282*. Depuis longiinps, en allant du Kaire à l'Abbassyeh, on voyait à chemin dans le désert un campement de bachi-bouiiks, sorte de cavalerie irrégulière formée priucipale- 1 ut d'Albanais aux figures terribles et superbes. C'était t'orte de la caravane : quatre cents hommes et quatre l'es de canon. Le chef de cette troupe a droit de vie lo mort sur tous-les pèlerins pendant toute la durée Ira jet. Le 20 Chewal, le cortège s'était rendu de la cilîlle à l'endroit où campait l'escorte. On devait partir î.'{; mais un bachi-bouzouk ayant tué le matin d'un |) de fusil un homme de la caravane, le départ n'eut I que le lendemain dimanche. Toutefois, le samedi, lous allâmes jusque-là voir les préparatifs. Il y avait leux â trois mille chameaux, et des hommes, des "emmes, des enfants, en quantité. Combien devaient rester eu route et succomber à la fatigue, à la chaleur, aux maladies! Le voyage dure quarante jours d'ici à la MeUkc et autant pour le retour.
Vous voyez que, si l'on veut philosopher, ces gens-là sont en plein moyen âge. Ils y seront encore longtemps. Ces fêtes, ces pèlerinages, ces broderies d'or et d'argent, CCS diamants et ces perles, qui se renouvellent chaque année, coûtent des millions : le peuple paie tout ; c'est horrible. Mais quand on voit ce spectacle étrange et [Unique pour la première fois, on est tout à la surprise des yeux, et la réflexion ne vient que plus tard.