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L'ADMINISTRATION ÉGYPTIENNE

excessive, dont ij est le premier à rire dans l’occasion. Dans l’été de 1855, par une chaleur de 50 degrés Réaumur, il a mené ses troupes dans le désert à la poursuite des Bédouins révoltés, et il s’est montré le plus ardent et le plus infatigable de ses soldats. Je vous promets que ce n’est pas un mince éloge.

Après ce que j’ai vu de lui, je crois pouvoir

penser que son administration est et sera un grand bienfait pour l’Égypte, qui ne peut manquer de faire sous sa main les plus sérieux progrès.

En ce moment, il a devancé la Commission internationale dans la Haute-Égypte, et il nous devancera peut-être même dans l’isthme de Suez. Son exemple d’ailleurs fait des prosélytes, et il nous a annoncé lui-même que son frère, Halim-Paeha, charmant jeune homme qui a été élevé pendant douze ans à Paris, venait de lui demander le gouvernement du Soudan, qui est la limite de l’Égypte supérieure et qui confine au Sennaar. Mohammed- Saïd lui a accordé sa demande ; et c’est un auxiliaire précieux pour l’administration d’un pays où le représentant du vice-roi est à peu près indépendant, par l’éloignement même des lieux, et par la nécessité des décisions promptes sur une frontière indéterminée et sans cesse menacée. Il y faut absolument un homme de confiance et comme un aller

lOfi LETTRES SUR L’ÉGYPTE

ego. Le vice-roi n'a pas d’ailleurs dissimulé à son jeune frère les difficultés de la charge, qu’augmente encore un climat qui passe pour malsain. Halim-Pacha a persévéré dans sa résolution, et s’il peut la poursuivre, on doit attendre de sa capacité d’excellents résultats.

Le Soudan, habité par des nègres, n’a été soumis que depuis peu. Méhémet-Ali y avait envoyé son fils Ismaïl, qui y fut brûlé avec toute sa suite dans un village insurgé ; et c’est le defterdar, son gendre, qui réduisit la contrée à l’obéissance, en vengeant d’une manière terrible le meurtre de son beau-frère.

Le plus grand danger qui menacera longtemps le gouvernement égyptien viendra de sa bonne volonté môme. Dans un pays où tout est à créer, on doit forcément commencer beaucoup de choses à la fois, et il est difficile de les finir toutes, quand ces choses sont grandes et importantes.

Nous savons ce que chez nous, tout supérieurs que nous sommes, il a fallu de temps, je n’ose dire de persévérance, pour terminer des travaux entrepris depuis des siècles, et dont quelques-uns s’achèvent seulement de nos jours, mais dont d’autres peut-être ne s’achèveront jamais. Dans l’Égypte, née d’hier à la civilisation, il ne faut pas s’étonner

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