LK SCHEIK-EL-BÉ I. ED
Pour que les seheiks-el-béled fussent ce qu’ils devraient être, le système dont ils sont le fondement indispensable étant admis, il faudrait bien des conditions; et celle-ci entre autres, que la société égyptienne eût des classes éclairées et riches, à qui l’on pût demander, avec quelque sécurité, des magistrats investis d’un tel pouvoir. Les scheiks-el-béled sont en général choisis par l’administration supérieure, dans les familles les plus considérées et les plus puissantes de chaque localité. Quelquefois, c’est une charge presque héréditaire, et qui passe assez régulièrement de père en fds. Mais ce ne sont pas là des garanties suffisantes; et, quelque soin qu’on apporte au choix, on a toujours la plus grande peine à ne pas se tromper, parce que le nombre des candidats est trop limité, et que les candidats sont loin de présenter toutes les qualités requises.
Il faut rendre cette justice au gouvernement du Vice-roi, qu’il fait les plus sincères et les plus constants efforts pour améliorer la condition du Fellah, en surveillant de très-près la gestion des schciks. Mais des progrès de ce genre sont nécessairement bien lents; et ce n’est guère qu’en instruisant peu à peu les paysans, ainsi que les classes plus hautes, qu’on apprendra successivement aux uns et aux
autres à comprendre un peu mieux leurs devoirs et leurs droits.
Nos braves conseils municipaux ne sont pas toujours très-forts, et il ne serait pas difficile de trouver en France plus d’une commune où personne ne serait en état de rédiger un acte un peu correctement. Jugez ce que ce doit être ici. Mais je n’insiste pas.
En créant de nombreuses écoles primaires, Méhémet-Ali était dans la bonne voie. 11 faut que ses successeurs y marchent aussi résolument que lui; car le premier besoin, dans ce pays, c’est que les gens apprennent à lire. Ce sont des hommes qui manquent à l’administration, et la préoccupation la plus vive doit être d’en former au plus vite. 11 est excellent que la famille royale et les familles opulentes envoient leurs fils en Europe. Mais il faut que les enfants du Fellah, garçons et filles, trouvent à leur portée des ressources analogues. Celleslà seront aussi fécondes, si on sait les multiplier et les régler avec sagesse.
Mais il ne paraît pas, monsieur le Rédacteur, que l’ignorance soit encore le plus grand obstacle à l’amélioration générale. Elle est profonde sans doute, mais elle n’est pas irrémédiable. Ce qui semble l’être beaucoup plus quelle, c’est le earac-