LETTRE PREMIERE
Sarragosse, 10 juillet 1836
Lorsque Louis XIV après l'acceptation du testament de Charles I ! , disait à son petit-fils, Philippe V, élu roi d'Espagne : « Il n'y a plus de Pyrénées, n ces mots, devenus si célèbres, suffiraient, à défaut de l'histoire, pour prouver que le grand roi n'avait jamais vu l'Espagne ni traversé les Pyrénées. Jamais, en effet, la nature ne sépara plus nettement deux pays et n'écrivit sur le sol même, en caractères plus éclatants, les signes et les motifs de leur séparation. Les Pyrénées, cette immense muraille de vingt-cinq lieues d'épaisseur, pré- .«entent, en effet, sur les deux versants opposés et à quelques pas de distance , les contrastes les plus tranchés. Quand on gravit les montagnes du côté de la France, et qu'on s'élève d'étage en étage jusqu'au sommet de cette chaîne imposante, on chemine au milieu de continuels enchantements. La route d'Oloron , la seule que les bandes de Navarre aient laissée libre , remonte une gorge rapide , creusée sur le Gave, où toutes les richesses de la nature sauvage sont déployées à profusion. L'étroit sentier suit le cours du torrent ; au-dessus de sa tète , le voyageur voit s'éle\ er les cimes couvertes de neige ; la croupe des montagnes est garnie d'une végétation abondante, tantôt d'arbres à chevelure pendante, tantôt de buissons épais qui la revêtent comme une toison courte et serrée ; du haut de ces sommets neigeux , les cascades écumantcs descendent à grand bruit, l'eau tombe à vos côtés, débouche et jaillit sous vos pieds; des cabanes suspendues sur les pentes et environnées de culture
b LETTRES
attestent à la fois la présence et l'industrie de rboinmo au milieu de ces beautés sauvages. Je ne crois pasqu'il puisse exister ailleurs rien de plus grandiose, de plus gracieux et de plus \arié tout ensemble. -Mais à peine a-t-on touché le sommet des montagnes, et redescend-on du ci5té de TEspagiie , que le spectacle change ; partout une nature sau\age . aride, inhabitée ; c'est la vie et la mort, le désert et l'oasis à >ingt pas de dislance. Deux torrents fraient la route : du ciUé de la France, le Gave; du ciité de l'Kspagne, le (lallego : le chemin suit leurs mille détours au milieu de précipices profonds. Quelques lieues avant d'arriver à la frontière, on quitte la \oilure pour prendre des mulets, \éritable monture prédestinée au milieu de ces gorges scabreuses. Pour un novice, celte manière de voyager a quelque chose d'im|)osant ; au moment surtout où l'on commence à redescendre du ciité de l'Espagne, il y a un passage étroit pratiqué au milieu de blocs énormes de granit , bordé à gauche de précipices de trois à quatre cents pieds de profondeur dont rien ne vous sépare ; il n'y a rien h faire alors que de lAcher la bride et de s'abandonner à la prudence de sa monture : c'est , d'ailleurs , une chose mer\eilleiL><e à Noir que la fermeté et l'aiilomb de cesincomi>araliles animaux. La pente est riiide, le sol inégal; mais toujours leurs pieds d(! derrière viennent prendre la place (prabandonneni leurs pieds de doant , et, s'ils se sentent ilécliir, on les voit ramener leurs pieds de derrière sous le ventre et s'arrêter court jusqu'à ce (pi'ils aient rerou- >ré leur aplomb. On \a de la sorte d'I rdos i> C.anfnin , le premier jour; dirtianfran à A)crbe,le second jour; etron|)eut se ligurer ce i|ue doivent être dix-neuf heures consécutives passées il dieval par une tenq)érature de trente degrés. Depuis (pie hi route <le Itayonne et celle de (lalalogne sont interceptées, il n'y a pas d'autre mojen d'entrer en Espagne. Ajoute/ des auberges détestables où l'on vous sert de l'huile rance et du vin conservé dans des peaux de bouc, des I hambresuu plutôt des dortoirs h quatre et cin<| lits, et vous vous ferez une idée des agréments du voyage.
I.JI s«'idc clir)se intéressimle à voir de ce ciMé , c'est la race des muletiers, tons grands, vigoureux, lestes, marcheurs infatigables, ravalitMS intrépides cpii p<iussent leurs nudes au graml trot dans tics rlieinins pierreux , le long di-s précipices; leurs belles proporlionit, leurs jnnilM's musruleuses, leurs pieds nus, largement étalés dan»dei s;ind»les de chanvre, annoncent déjà la race vigoureuse des
Aragonais, dont ils ne difTèrent que par une humeur plus active et un caractère plus obligeant. De temps en temps, nous rencontrions quelques habitants des montagnes, qui, assis sur un mauvais cheval, à la manière des femmes, et le fusil en bandoulière, s'en allaient à la chasse chercher leur dîner du soir; ces hommes, aux habitudes indépendantes, sont les auxiliaires-nés de toute faction qui voudra secouer le joug de l'autorité centrale dont ils n'ont aucun besoin et dont la surveillance les gène et les ennuie.
A mesure qu'on avance dans l'Aragon, la misère espagnole, cette misère à part, se déploie dans tout son luxe hideux. A Jaca, place fortiflée qui commande les gorges des montagnes; à Gurrea, mauvaise bicoque où l'on s'arrête pour déjeuner, on est assailli par des légions de mendiants; on voit sur les places des enfants tout nus qui se roulent dans la poussière et qui s'épluchent réciproquement leur vermine. Parcourez Lyon, Rouen, et, dans ces villes, les quartiers les plus sales et les plus misérables, et vous n'aurez pas encore l'idée de cette misère squaiide et dégoûtante. Nos mendiants semblent souffrir de la misère et de la saleté; ceux-là en vivent; ils y demeurent, ils y sont nés, ils y mourront; c'est pour eux une seconde nature. Du reste, aux aventures et à la poésie près, vous retrouvez, dans les sales auberges de ces pays, la physionomie des hôtelleries du temps de don Quichotte : de grandes salles soutenues par des piliers, pas de chaises, mais un banc de pierre circulaire ménagé dans le mur ; le foyer est au milieu de la salle ; le plafond, en forme de cône, reçoit la fumée et sert de tuyau. Inutile de parler des infâmes ratatouilles qu'on vous y donne à manger. Tous êtes à vingt lieues de la France, vous pourriez vous en croire à deux mille. L'amour du gain lui-môme n'a pu vaincre cette paresse traditionnelle, cette insouciance du lendemain qui élèvent entre l'Espagne et la France une barrière plus haute et plus difficile à franchir que les Pyrénées.
Une chose qui étonne encore le voyageur à son début, c'est la vénalité, j'allais presque dire la mendicité des do'uaniers. Les règlements ne sont pas ici moins scrupuleux qu'en France ; les passe-ports et les bagages sont l'occasion d'une mullitude de petites avanies; heureusement qu'on sait de longue date ce iju'il faut pour apaiser le zèle des douaniers; il y a une transaction à faire avec eux, moyennant laquelle vous ferez entrer en Espagne le royaume de France
tout entier s'il vous en prend enN ie ; mettez-leur une piécette * dans la main et tout sera dit; et, si vous oubliez de le faire, ils vous le rappelleront, et vous pourrez, sans elTarouelier la pudeur de ces lionnotes fonctionnaires, leur faire votre aumtlne publiquement, en présence de vingt personnes; ils ne broncheront pas.
La beauté du sol de l'Espagne est une chose classiciue et consacrée, les romances en retentissent, les ballades ne tarissent pas sur les bois de citronniers e( sur la ferlililé de ce climat aimé du ciel ; allez même aux ouvrages sérieux , lisez Vllisioirc delà guerre d'Enpagne, par M. le comte de Toreno, et le grave historien vous entretiendra des champs fertiles des bords de IKbre, desbois d'oli\iers et delà verdure qui pare ces campagnes fortunées. Que ces descriptions aient pu être exactes autrefois, je veux bien le croire; mais aujourd'hui on chercherait vainement dans toute la France, les Landes comprises, quelque chose d'aussi nu, d'aussi aride et d'aussi dépleuplé que la vallée du Gallego, qui conduit à Saragosse. Dans une étendue de plus de vingt-cinq lieues, il n'y a pas un arbre : ceci est à la lettre ; un sol poudreux où gisent clair-semées quelques touiïes de romarin, voilà tout ce qu'on rencontre d'Ayerbe à Saragosse : (|uel(jues petites villes telles (juc (îurrea et Zuera, d'ailleurs pas un seul village ; l'œil découvre unhori/ou de deux à trois lieues de rayon, et, dans ce vaste es|)ace, pas une habitation, |)as le moindre lM)uquel d'oli>iers; un terrain seuiéde galets; des romarins à perle de vue, une poussière épaisse suspendue dans une atmosphère stugnaiiti*, voilîi tout. (!e terrain si aride en appariMice serait, diton, susci'ptible de recevoir des plantations uliles; beaucoup d'arbres, tels que le sajun, le chêne, le cb.Uaigiiier, y viendraient h merveille et attireraient de plus une humidilé dont le sol a grand besoin ; mais il en est de cela comme de beaucoiqi d'autres choses en Kspagne : on peut, mais on ne veut pas; l'homme n la richesse h ses pieds , mais il ne prendra pas la |)eine de la ramasser.
Kiilln, après un trajet de quarante lieues au travers de res campagnes tristes et dégarnies, on découvre Saragosse. Longtemps .i\anl d'arriver, on aperçoit les clochers et les diurnes inntunbrables qui donni'nl tie loin à celte cité célèbre ra><pec'| d'une v ille orientale. .s<irngosHi>, qui compte en\iron cinquante mille dmes, possède <pni-
I Vlngl ri un »<)U«, niuiiii.tir dr l'iaiiii'.
SUK L'ESPAGNE. 11
rante-huit églises ou couvents maintenant déserts, depuis la récente expulsion des moines. La célèbre cathédrale de Notre-Dame del Pilar se fait remarquer surtout par plusieurs petits dômes recouverts d'une mosaïque en carreaux jaunes qui font de loin l'eBet du cuivre ou de l'or. La ville n'est pas belle ; les rues sont étroites, mal pavées; les maisons, mal bâties, sont d'une couleur grise qui rappelle le soi poudreux de la campagne;maisilya dans cette ville uncharme qui ne tient pas seulement aux souvenirs qu'elle rappelle et qui lui imprime un cachet d'originalité particulière; ce qu'il y a de beau, de magniGque dans Saragosse, de plus beau que les souvenirs et que les édifices, c'est la population. A voir ces hommes aux proportions athlétiques, à l'œil africain, à la barbe épaisse, à la démarche grave, on se croirait en Orient , et l'on s'explique comment Saragosse, située dans une plaine, sans muraille, sans fossés , dominée par l'éminence du Torrero qui était au pouvoir des Français, put soutenir contre nos armées deux sièges dont le second dura soixante-deux jours. Les passions des Aragonais s'allument vite et s'éteignent lentement ; leur opiniâtreté, comme celle des Biscayens, est proverbiale. Pour en donner une idée, on représente ordinairement le Biscayen enfonçant un clou dans un mur avec sa tête; mais l'Aragonais, lui, enfonce 'a tète du clou dans le mur en frappant du front contre la pointe. Quand on lit la campagne de 1808, on voit que le proverbe n'a pas menti. C'est là une histoire que tout le monde connaît. Serrés par les Français, bombardés à outrance, débusqués du Torrero où les Français avaient établi des batteries formidables, Saragosse, qui n'a pour toute défense qu'un mur d'enceinte de dix-huit pouces d'épaisseur, trouva, dans rin\ incible opiniâtreté de ses habitants, des ressources inespérées. Les rues barricadées étaient devenues inaccessibles ; il fallait un siège en règle pour chaque maison. On avait pratiqué de l'une à l'autre des communications intérieures à travers les murs mitoyens, et de là les habitants à l'abri foudroyaient nos troupes quand elles avaient l'imprudence de dépasser la vaste rue du Coso. Le zèle suppléait à l'expérience ; les bourgeois étaient devenus artilleurs, les femmes portaient des munitions aux combattants, les moines fabriquaient des cartouches. Vers la fin du siège, la garnison se trouvait réduite de vingt-huit mille à quatre mille hommes. La disette était telle, qu'une jjoule coûtait jus(|u'à trente francs, et la nécessité où l'on était de s'entasser dans les ca\espour
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éviter les effets terribles du bombardeniLMil a\ait eniiendré une épidémie qui dépeuplait la >ille plus activement encore que le feu des Français: et pourtant, réduits à une telle extrémité, ils se montrèrent dilliciles sur les termes d'une capitulation que le vaimjueur, une fois la ville rendue, ne sut pas respecter; car il était dit que, dans cette déplorable campagne, tous les genres de gloire seraienl pour les ennemis de la France.
Lesglorieu\ souvenirsdc 1808 n'ont paspcu contribué à augmenter encore la fierté et l'indépendance naturelles des Aragonais. On sait en quels termes le graiul-justicier d'Aragon faisait autrefois sa soumission au roi le jour de son a\énement '. Dieu que les anciens priNilégcs de cette province, réduits par Philippe II et délinitivcment abolis par Philippe V après la guerre de la succession, ne soient plus aujourd'hui qu'un souvenir historique, l'esprit d'indépendance (jui leur avait donné uiiissance vit toujours dans le cieur des Aragonais. Ainsi, dans la crise qui agite aujourd'hui l'Kspagne, ils sont jusqu'ici demeurés lidèles au parti de la reine; et, A les en r rtiire, jamais les bandes qui infestent le royaume de Valence et le Ilaut-Aragon n'oseront se montrer devant Saragosse; jamais ils ne se soumettraient au prétendant. Ci'la n'empêche pas que, (juelques jours avant mon arrivée, le général N'arvaes s'élant présenté tievant Saragosse au nom de la reine, le iapilj»ine-gém''ral, d'accord avec la portion active de In population, lui refusa l'entrée de la *ille, dis.int(ièrement ([uo Saragosse saurait se défendre elle-mi^mcet n'avait pas liesr)in de se«ours. San .^ligucl avait parlé selon le cœur des ha- Ititunts. Ils ne rec4*vront jias don (larlos, parce qu'ils veulent être maîtres chez eux ; le même m()lif leur fait repousser les auxiliaires rovaux ; c'est un rèle tout négatif. Kt sous foules les ap[iarenci'S et les dénominalionsoniciclli's dont les choses sont recouvertes, il y a vraiMMiililablement asanl tout un grand désir d indépendance et d'is«>lement.
l'urnii les nombreunes églises de Saragosse, deux surloiil sont intéressantes A \ imiter, l'église de la Seo et Notre Dame del l'ilar. I.a première est plus ri< lir et ronstruilc dans un meilleur goiU d'architi linro ; la scronili- est (éjcbri" par le mirai le qu'y opéra le bien
I • >nu> (|iil, InilhiiliiFlIciiiriil, «Kiiiiiio aillant qiir «iiu«, ri i|iii, ri'iini«, |i<>il i«n» |ilu% i|ur «mu, n<>ii« «uii< f,iUon« iioirr roi, tout t.i t-uiiilltlun i]uc \n»* rr«pcctofM no* drolli : «mon, nuti •
SIR l'espag.ne. 13 '
heureux apôtre saint Jacques , alors qu'il se rendait en Galice. S'étant mis en prière, la Vierge, touchée de son invocation, descendit du ciel et se posa sur un pilier qui a donné son nom à l'église, et qui est resté doué d'une vertu miraculeuse. Une statuette trcs-pelite , représentant la mère du Christ , et habillée avec une grande magnificence, repose sur le pilier sacré, qui est lui-même enfermé dans un des immenses piliers qui supportent la voûte de l'édifice; mais une ouverture ménagée dans la pierre permet aux fidèles de baiser pieusement le pilier intérieur , et de participer aux grâces qui sont attachées à cette dévotion populaire. Chaque dimanche , depuis six heures du matin jusqu'à une heure de l'après-midi, on dit des messes dans la chapelle de la Vierge , sans désemparer. La classe bourgeoise ne s'y voit pas, mais le peuple y fait foule. Des voiles tendues aux vitraux répandent dans l'église une obscurité pleine de recueillement; hommes et femmes sont à genoux sur la pierre nue, et l'on n'entend, avec les paroles du prêtre, que le bruissement perpétuel des éventails qui s'agitent dans l'obscurité comme une volée d'oiseaux de nuit. Bien que le scepticisme ait gagné du terrain en Espagne , ces hommes rudes, à la poitrine velue, à la carrure puissante , paraissent prier avec une ferveur qui a quelque chose de formidable pour qui se souvient de l'action terrible qu'ont autrefois exercée des croyances qui semblent sommeiller aujourd'hui.
La beauté des Aragonaises n'est pas proverbiale comme celle des Andalouses o-i des Valenciennes , et pourtant il est impossible de ne pas admirer le genre de beauté qui leur est particulier, et auquel les yeux , dans nos climats plus septentrionaux , ne sont pas habi- . tués. Ce qui frappe' dans les Aragonaises , c'est la richesse et l'ardeur de la constitution, la pureté de leur teint, le feu de leurs yeux qui brillent sous leurs mantilles noires; car, par une singularité digne de remarque, le noir est, dans ce climat brûlant, la seule couleur portée par les femmes, dont la contagion des modes françaises n'a pas encore défiguré le costume. Ce voile noir, posé sur la tète nue, et tombant sur les épaules et sur les bras , a quelque chose de monastique qui donne aux jeunes femmes un air de nonnes agitées de passions profanes , et aux vieilles un air de prophétesses et de sibylles qui parle h l'imagination.
Je m'arrête, monsieur; je n'ai pu guère, aujourd'hui, vous re-
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tracer que quelques impressions rapides et sans ordre , et , rependant , ces premiers pas que l'on fait en Espagne ne font-ils pas, liés l'abord , enlre\oir la gra\ité dos questions qui s'agitent aujourd'hui dans ce pays mallieureuv'? Ces hautes montagnes qui le séparent de la France, qui tournent vers la France toute leur richesse et toute leur parure , et qui ne montrent à l'Espagne qu'un front sévère et dégarni ; cette barrière opposée par la nature aux relations de deux peuples qui ont tant besoin l'un de l'autre ; ces communications pénibles , et plus loin ce sol à la fois fertile et inculte, ce désert créé par l'insouciance et la paresse aux portes de la France, ces populations si belles et si misérables, si favorisées de la nature et si abiuidonnéesde la Providence humaine, colle opiniAtreté de caractère, cet attacliemonl au passé chez des hommes qui ne semblent eux-niômos (pi'uno génération du xiT siècle égarée dans lenAlre, cet esprit d'individualité et d'isolement à une époque où les individus somblont tous devoir être absorbés au profit de je ne sais quelle unité gigantosipie , toutes cos observations courantes qu'on recueille ici sur les grands chemins ne metleiil-olles pas sur la voie du mal intérieur qui désole l'Espagiie".' N'est-ce pas \h le problème vivant dont il faut étudier les termes et scruter le caractère, si l'on veut connaître la nature intime d'une révolution qui ne ressemble guère ù celle dont notre siècle a déjà été témoin, que par des noms et des costumes d'emprunt '!