‹ Lettres sur l'EspagneChapitre 7 sur 19 · I.E CLERKK. — LES COIÏEITS · texte numérisé non relu

I.E CLERKK. — LES COIÏEITS

Madrid, 2 février 1857.

Le plus grand nombre des mesures décrétées depuis la mort de Ferdinand sont aujourd'hui profondément oubliées. Dictées par de stériles réminiscences ou de fausses analogies, elles n'ont pas survécu à l'engouement passager qui leur avait donné naissance ; il n'en est

pas de mùme des mesures prises par la révolution espaftnole à l'éjjard du clergé. Il s'agissait là de livrer bataille à des intérêts anciens «t puissants, d'élever sur leurs débris désintérêts nouveaux ; il s'agissait, en un mot, de déplacer et de diviser la propriété, ce mobile éternel de toutes les révolutions politiques; aussi tout ce ijui s'est fait dans cette ligne a pu être bon ou mauvais, bien ou mal conçu ; mais rien, du moins, ne tombe sous ce reproche commun d'insignifiance et d'inetlicacité qui semble le péché originel de presque toutes les résolutions qui se prennent dans ce pays.

La nécessité de réformer le clergé , de réduire le nombre des couvents et des moines est un besoin qui ne s'est pas fait ,'sentir d'hier seulement : il y a longtemps que la réforme était demandée pour divers motifs et par tout le monde. Le pape, les hauts fonclioimaires ecclésiastiques demandaient, depuis plus d'un demi-siècle, qu'on mit un frein au relAchement de la discipline ; le gouvernement lui-même s'associa à ce but à dilTérentes reprises, et , dès le temps des rois catholiques, on voit le cardinal Ximenès obtenir du sainlsiége des bulles d'autorisation pour la réforme ou même l'extinction des religieux franciscains. Plus tard, vt sur les instances de Philippe II , le i>ape l'ie V avait nommé des commissaires ipii devaient s'occujier lie réformer tous les ordres religieux. .Mais ce fut >urlout d('i>iii> les commeniemcnts du règne de Charles III, que les idées de réforme s'étendirent et se jiropagèrent. L'école philosophi(iue de cette époijue , ipii suivait les traces de >()ltaire, et à la têle de laquelle marchait le comte d'.Vranda, ne se borna pas il réclamer la réforme au nom de la discipline ecclésiastiipie ; elle (il aussi intervenir dans la question les considérations économiques, et l'on peut voir, dans un excellent mémoire sur l'agriculture, rédigé en 17'.(.") par Jovellanos, et adressé uu président du conseil su|irême de (!astille, nu nom de la société patriotique de Madrid , combien la question était déjà avancée pour les bons esprits de ce temps. Déjà, en I7()7, l'abolition de l'ordre des jésuites et la conllscatlon di- leurs biens avaient ouvert |iratiquement In roule aux tentatives léfiirmntrices Irs plus hardies.

.\usni peut-on dire tpie, dans ces dernières années, tout le monde te trouvait d'accord, sinon sur l'étendue , au moins sur la nécessité de la réforme. Le clergé séculier, animé par ime vieille rivalité, l'flttendnil nver plaisir ; l«i parti libéral l'appelait avec ardeur, et le

sru l'espagne. 91

peuple lui-même l'eût acceptée sans grande répugnance. Depuis 1808 , en effet , la popularité des moines a beaucoup perdu : depuis longtemps, déjà , ils avaient perdu le respect des populations ; je n'en veux pour preuves que ces innombrables contes grivois qui circulent dans le peuple, inventés et racontés par le peuple, et dont les moines sont invariablement les héros bouffonset bafoués. On riait d'euv , mais sans amertume ; c'était le rire de la plaisanterie et non celui du sarcasme et de la haine. En effet , si les moines prêtaient à l'anecdote grivoise, ils rachetaient ce léger inconvénient par toutes sortes de qualités trùs-appréciées du peuple; d'abord ils sortaient, pour la plupart , de ses rangs, et , une fois revêtu du froc , la richesse du moine devenait pour les siens une source intarissable de petites douceurs ; le superflu de la quête s'écoulait de ce côté ; les aumônes abondantes, distribuées aux portes des couvents, les rendaient, en quelque sorte , les intendants de la fortune des pauvres , auxquels les processions et les cérémonies religieuses servaient de spectacle. Enfin leur douceur comme propriétaires, la patience avec laquelle ils attendaient le terme arriéré , le grain que le fermier trouvait chez eux pour les semailles dans les mauvaises années, tout, jusqu'à la familiarité de leurs manières, contribuait à les rendre populaires et à faire aimer leur pouvoir. En 1808, ils embrassèrent avec ardeur, comme on sait, la cause nationale; et si quelques uns d'entre eux, comme à Valence, par exemple, furent les instigateurs de massacres féroces , ces griefs que l'histoire impartiale leur reprochera ne devaient qu'augmenter leur ascendant sur des populations complices de leurs fureurs.

Mais la guerre de l'indépendance , qui releva , pour quelques années, leur crédit déclinant, leur porta indirectement un coup funeste. Une fois les Français partis, les couvents rentrés en possession de leurs biens sentirent, comme tous les propriétaires, le contrecoup des calamités accumulées sur l'Espagne durant une guerre de six ans. Ruinés comme les autres propriétaires, ils devinrent exigeants comme eux ; ils n'eurent plus sur eux l'avantage que la richesse et la bonne administration leur avait permis de prendre ; ils durent exiger plus sévèrement la rentrée de leurs fermages , et, depuis cett(! époque, leur popularité a décliné sensiblement.

Quand on parle du clergé régulier en Espagne, il y a une distinction importante qu'il importe de faire. Sur vingt-huit ordre»

religieux tpi'on comptait, je crois, en Espagne, il y en avait quatre eïclusivoment ailonnos à la \ie contemplative : c'étaient les Bénédictins, les Bernardins, les religieux de Saint-Basile et ceux de Saint-Jérùmc ; ces derniers étaient les plus riclies de tous. Ces religieux, connus sous le nom générique de mongcs, vivaient cloîtrés, occupés de sciences, les Bénédictins surtout, qui ne démeiitaionl point, dit-on, l'ancieime réputation de leur ordre. Tous les autres. réunis sous la dénomination commune Ac fi ailes ou de moines mendiants, mêlaient, à la vie contemplative, l'exercice actif du culte. Ils confessaient, administraient, aidaient au clergé des paroisses, et finissaient quelquefois par le suppléer presque entièrement dans l'exercice de ses fonctions spirituelles. Divisés en provinces, ils voyageaient, par ordre de leur supérieur, d'im couvent à un autre, prêchant et quêtant sur la route, beaucoup plus populaires et presque toujours |)1ms riches que les mongcx.

(Juant au clergé séculier, moins influent, moins attaqué et peutêtre aussi riche (\\w les moines, il a presque toujours usé honorahlement deses immenses re\enus. Tandis que les noliles gaspillaient leurs fortunes en folles dépenses, le clergé séculier, les évéques. les chapitres des cathédrales, bons administrateurs et conservateurs par l'esprit même de leur profession, employaient leurs richesses de la manière à la foishi plus utile et la jilus noble, lue bonne partie des édilices publics d'Ks|)agne, nombre de ponts, de fontaines, d'n- (jueducs, d'hospices sont dus aux é\éques. Dans les temps de cnlnniités publiques, ils ont toujours fait beaucoup pour les pauvres. On n'en Unirait pas île raconter tout ce qu'on leur doit en ce genre. Pour ne parler ici que d'une fondation dont j'ai pu du moins considérer les vestiges, le fameux ÀUazar de Tolède, ouvrage des .Maure*, agrandi par llerrera, h' célèbre architecte de l'ICsciirial, a>ailélè transformé par le cardinal l,oren/ana,arche\è(pietle Tolède, iMi un vaste liApital où deux cents enfants et sept cents pauvres étaient, iliaque jour, reijus et nourris La guerre de l'indèpeiidance a elTacé tout cela et n'a laissi'' delionl que les murailles de WUrazar, encore noires de In fumée de riiicendie ipii l'a ra\agé ; mais, enfin, il faut reconn. litre que, «.i le cler^é ne faisait pas de son iiiniieiice et de ses richesses l'usage le plus éclairé et le plus prolilable an peiijile, il en fiii<uiil du moins un usage chrétien et conforme k l'esprit de son instituliuD. Ajoutons, d'ailleurs, qu'il ne poiiTail guère

Sra L'ESPAGNE. 93

alors faire rien de raieu'î. On parle aujourd'hui de diviser la propriété et d'appeler un plus grand nombre au partage : souhaitons que ce vœu se réalise ta l'avantage de tous; mais convenons aussi que ces idées ne sont pas vieilles en Espagne, et que les immenses propriétés du clergé trouvaient alors leur justification dans sa supériorité administrative et son esprit charitable. L'esprit de suite et de perséAérance, propre à un corps qui ne meurt pas , et que ne distraientjamais les intérêts de famille et depostérité, était d'ailleurs merveilleusement favorable aux grandes fondations. Il y a telle cathédrale, en Espagne, que le chapitre a bâtie avec les économies de son revenu annuel ; la construction durait quatre-vingts ans, cent ans même, et l'œuvre était terminée sans qu'on diit rien à personne ; c'était le fruit des privations de deux ou trois générations de chanoines. Certes, il y a de la grandeur dans une telle persévérance ; et lorsque la royauté s'est ruinée, que la noblesse s'est ruinée, lorsqu'on attendant que la bourgeoisie ait fait fortune on se trouve forcé de prendre les économies du clergé pour payer les dettes des prodigues, c'est bien le moins qu'on rende un hommage mérité à cet esprit d'ordre et d'administration qui a soustrait aux favoris et aux folles entreprises les dernières ressources dont la nation puisse disposer.

Je voudrais pouvoir vous donner une idée exacte de la fortune du clergé; mais je tremble de m'avancer sur le terrain des chiffres , et de rien préciser à cet égard, tant les documents que j'ai pu me procurer sur cette matière sont incomplets et contradictoires. Disons seulement, pour commencer, que l'État prélevait une bonne part sur les revenus du clergé séculier. On compte jusqu'il quinze espèces d'impôts payés h la couronne par les fonctionnaires ecclésiastiques. Je ne vous ennuierai pas de ce détail qui m'obligerait à vous conduire à travers les détours d'une nomenclature fort aride. Je me bornerai à vous dire que tous les bénéfices ou dignités qui sont à la nomination du roi lui payaient un ou trois ou six mois du revenu de la première année de leur entrée en possession, quelquefois même une année entière, et qu'indépendamment de plusieurs obligations courantes, déjà fort lourdes, la couroiuie a>ait encore le droit de disposer à son gré du tiers du revenu des évèchés et archevêchés, sur lesquels elle établissait des pensions ; mais elle usait rarement de ce droit dans toute

sa rigueur, ce qui rend l'appréciation d'autant plus diiVicile. M. de I.aliordc, dans son //iHnai're publié en 1809. portait à lO.ôOO.OlX) francs le total des impiMs payés par le clergé régulier, de ceux au moins dont il avait pu se procurer le chilTre. D'autre part, un relevé ofliciel ^ du revenu des couvents, fait en 1831, dans lequel , il est vrai, de nombreuses lacunes sont signalées, ne porte le revenu constaté des couvents qu'à près de 5,000,000 de francs, et même à .■},000.OO0, défalcation faite des impôts. 11 résulte cependant, de données extraites d'un ouvrage '-qui invoque les emiuélesolVicielles des cortésde 1823, que la somme totale des revenus du clergé s'élevait alors à 330,000.000 de francs. Enfin des personnes, que j'ai lieu de croire aussi liien informées que possible, m'assurent que la somme d'imjxMs pavés par le clergé s'élevait à plus de 00 pour 100 de son revenu total, ce qui s'accorde peu, comme vous voyez, avec les cliiiïres posés tant par M. de I.aborde (pu* par les cortés de 1823 et par la junte ecclésiastique de 183i. Je crois donc devoir me borner à vous dire que vraisemblablement les cortès (jui convoitaient les biens du clergé auront enflé ses revenus, que les couvents menacés les auront évalués le plus bas possible pour détourner la tempête , et qu'en dernier résultat personne ne pos- »ède, sur ce point, de documents bien certains, et que je suis, à cet égard, aussi pou avancé que tout le monde.

Je ne sais si j'aurai réussi à mettre les faits sullisammenl en évidence pour (pu* la conclusion de tout ceci se présente naturellement et d'elle-même; mais il me semble que, d'après ce que je viens de vous dire, vous comprendre»/ comment la réforme du clergé •'1 In suppression au moins d'une certain!^ (pianlilé de cou\ents riaient un fait a|)pelé par les besoins économiques de la nation esl'agiiole, jiliis encore «pie par ses coiniclions et ses \aMiv poliliipies. On pouvait éprouver le désir de su|tprimer des inslitiilions vieillies et désormais sans objet ; on ne |)ou>ait guère élre animé contre li-s moines de ces haines profimdi's auvipielles doinu- lieu l'obut du pou^oi^. Ils étnienl inutiles plutiM qu'o|ipresseurs; aussi y avaitil lini , il leur égard, o faire appel h une réforme pliiliM qu'i'i une

I Ki|io«lrliin (llii^lila .1 .S M. cl iH Ur frltri-iu dr ttCVI pur la rral jiinU calciUt- Iica rncnryada dr prrparur d nrrr,'l<i dri rlrrii. Madrid, IK.'^l.

« Ile II ilrllf piihti<|iir p| ilr. Ilii.itirr» de la nioii.in lilr ispaj^nult. par A. Ilur r»i!» r»rl», l'aulin, llOi

SCR l'espagne. 95

révolution. Payer les dettes de la monarchie, appeler au partage des droits de la propriété, jusque-là concentrés dans un petit nombre de mains, toute cette bourgeoisie qui cherche à exister, à se constituer, c'était là un but, à coup sûr, suffisant pour justiGer la reprise par la nation de tous ces biens autrefois concédés aux moines par la piété des rois ou des grands. Je me propose d'examiner bientôt avec vous comment ce but a été rempli ; mais je voudrais seulement, pour aujourd'hui, terminer par une réflexion que ma suggérée la conduite de la révolution espagnole à l'égard des moines, rédexion susceptible, d'ailleurs, d'une application plus générale aux choses de ce pays.

N'est-ce pas une chose remarquable, n'est-ce pas en même temps un grand malheur pour l'Espagne, que le mouvement de régénération qui l'agile ne soit point sorti de ses propres entrailles ? Ce qu'il y a chez elle de vieux, d'antique, d'enraciné, c'est l'esprit monarchique et monacal. L'esi»rit monarchique et religieux , préparé par le moyen âge, a été définitivement constitué ici aux xv' et xvi" siècles. Depuis ce temps, les autres nations ont pu marcher ; l'Espagne est demeurée immobile, ou n'a jamais marché qu'à la suite de l'étranger. Ne diraiton pas que la monarchie et le clergé, comme deux arbres puissants et touffus, n'ont pas laissé le soleil féconder de nouveau la terre qu'ils ombrageaient? De Charles-Quint jusqu'à l'extinction de la maison d'Autriche, sous Charles II, tout décline suivant une pente rapide et continue. De Charles-Quint à Charles II, les revenus de la monarchie diminuent en même temps que ses dépenses s'accroissent; la population est réduite presque de moitié ; et lorsque l'Espagne se relève, c'est qu'un Français, Philippe V, a pris les rênes de l'Etat, a introduit quelques méthodes financières et administratives nouvelles; c'est, en un mot, qu'une influence extérieure est venue féconder la civilisation stérile de l'Espagne. Le règne de Charles III, le meilleur qu'ait eu l'Espagne, ne dut sa prospérité qu'à l'action des principes français que l'école philosophique d'alors s'efforça de greffer sur le vieux tronc espagnol ; mais, il faut bien le reconnaître, depuis les rois catholiques, rien de nouveau, aucun germe de progrès ou de développements n'a été indigène en Espagne. Dût l'orgueil espagnol en souffrir, c'est là une chose qu'il faut dire et répéter, d'abord parce qu'elle est vraie, et ensuite parce que, si l'orgueil es. pagnol en souffre , il cherchera des remèdes à sa longue stérilité.

Hais ce qui est Nrai dans le passé à cet égard, est suiiout vrai de notre lemiis. Aiijmirdluii, [ilus que jamais, c"esl du dehors quela lumière arri\e à Itspagne ; c'est de la Franco qu'elle lire toutes ses idées, tous ses plans, tous ses projets. Vainement la guerre de l'indépendance a blessé les Espagnols au cœur; vainement aujourd'hui se plaignent-ils amèrement de notre tiédeur pour eux, la France reste, en dépit de tout et d'eus-mémes, l'étoile polaire sur laquelle ils s'orientent. Ces idées constilulionnelles, ces idées de réformer le clergé et de supprimer les couvents, ces idées de diviser la propriété, est-ce de l'Angleterre , par hasard, que cela leur est venu ? Non, c'est de la France ; et, au lieu de se révolter contre celte idée, il serait plus sage de faire comme les Russes, d'ad()|)ter franchement le progrès, de quelque part qu'il vienne, plutôt que d'imiter la France en déclamant contre elle dans les assemblées politiques. .Malheureusement aussi, il faut bien le reconnaître, c'est parce qu'il vient du dehors que le progrès a tant de peine à se naturaliser chez eux. Depuis 1t<()8, il n'y a ici réellement que deux partis en présence, celui de la vieille et immobile Fspague, et celui qui s'est fait le promoteur des idées de l'étranger. A l'un mamiuent lu popularité traditionnelle, les v ieilles racines nationales ; à l'autre, le sentiment de l'avenir et des intérêts nouveaux. Quoi de plus détesté, en Esi)agne, que les afiancvsaJoit? quoi de plus impopulaire et de plus exagéré que lesémigré.s? et aussi, disons-le, quoi de plus stérile et de |)lus vide «pie ce parti (pii, soit sous la bannière de l'absolutisme, soit sous celle des antiques libertés nationales, a la prétention de ne rien enq)runler au dehors et de c(insfr>er intact le dép<it, à lui seul confié, de la nalionalilé esp.ignole 'l .\ussi l.i lutte acharnée et interminable ipii, depuis bientôt trente ans, désole ce mniheureuv p.ivs, à ipioi tient elle, si ce n'esl à l'impuissance des deux partis ri\«u\'/ l.'un est étranger à son pays, l'autre li son époque; l'un est composé dhabilanls de la France et de l'Angleterre qui lUit oublié l'Espagne ; l'autre de vieux (Janlabres et de (lolhsdii vr siècle qui ne comprennent ni l'imluslrie, ni la science politique, ipii ont l'unité en horreur, et ne voient rien an delà du clocher île leur village et des franchise.M onnnunules. Oux-ci voudraient remonter au moyen Age; les outres voudraient pétrir l'Espagne à l'image de la France ou de l'Angleterre; prétentions égulenu'iit vaines, égulenu-nt chimériques . également impuissantes, cl dont les extrava-

SCR l'espagxe. 97

ganccs alternatives s'engendrent les unes les autres par une réaction «ans fin et sans limites. Jusqu'à ce que le temps ait fait justice de ces prétentions extrêmes, ait fondu et rapproché les exagérations hostiles des deux partis, vous pouvez vous attendre à voir l'Espagne misérablement ballotéc entre un parti qui n'est plus et un parti qui n'est pas encore, entre un passé et un avenir que le présent n'a pas encore réunis, entre de vieux souvenirs et de chimériques espérances.

C'est là, si je ne me trompe, la raison de ces réactions aussi violentes qu'inetïicaces, de ce peu de mesure et de sagesse qui préside aux résolutions diverses qui se prennent en ce pays. C'est là enfin la cause de ce mélange singulier de faiblesse et de violence, dont l'abolition des ordres religieux nous fournira un exemple frappant que je compte prochainement vous remettre sous les yeux.

Page 1